Je dis oui à tout

On sort du hangar et on se dit : Au moins il fait frais. Pourtant il fait plus de trente dehors, à l’ombre, dit la météo. Alors dedans, combien ? Mesurer le contraste. Et on passe deux jours là-dedans à tenir le stand de « Pédale, pédale ! ». Bien sûr j’ai chaud, mais le reste prend le dessus. Le …

À tous les coups ça marche

Ça commence par un immense soulagement : Paris reste à gauche. Je refuse d’ergoter sur le genre de gauche qui a gagné, quelle nuance du spectre, quel degré de pureté. Ça pourrait toujours être mieux. On en a parlé longuement avant, on en reparlera plus tard. Mais ce soir, d’abord, je me dis qu’on est sauvés : …

Il vous faut quoi de plus ?

Je tourne en rond, je bouillonne, je peste tout seul dans mon bureau en rafraîchissant les sites d’info et les applis : ils vont vraiment être aussi cons ? Ne pas s’allier ? Est-ce qu’ils croient sincèrement que nous, les électeurs de gauche, on en a quelque chose à foutre de leurs étiquettes ? de leur soi-disant pureté ? Alors, …

Puisque c’est une expérience

Je sors joyeux de chez — je ne sais pas comment l’appeler. D’ailleurs je ne l’appelle pas : si lui m’accueille avec un « Bonjour Antonin », je me contente de « Bonjour ». Il n’a pas besoin de prénom. Il n’a pas besoin d’une personnalité, d’une histoire : le sujet de nos séances, c’est moi seul. Je le désigne quand …

Tout défaire pour tout refaire

Au début de Rue des Batailles, il y a un tableau. Je ne parle pas de celui qui est devenu la couverture du livre, mais d’un tableau au sens théâtral : une scène, un lieu, des personnages, un moment. Deux garçons dans une chambre. Au fond, c’est toujours ce qui me guide. Un manuscrit dans mon …

Deux jeunes hommes sortent du lot

J’ai fait ce qu’il fallait, c’est-à-dire rien, ou pas grand-chose : ce qui me manquait (écrire sur ce blog), ce qui me repose, me répare, me recoud l’esprit — c’est l’expression d’Hugo. Si bien que j’ai oublié la culpabilité de ne pas avancer dans les chantiers en souffrance (à Pierre qui me demande comment ça va, …

Connaissance de ma chambre

Un autre usage de la chambre. Je dis « la chambre ». J’y reviens. La chambre que j’ai construite autour de mon corps et de mes désirs, juste assez grande pour me contenir avec ceux que j’aime, vêtement sur mesure, petite boîte, cabane ouverte : normalement je n’y passe pas la nuit seul. Je n’y dors pas seul, …

Synchronisé avec les mouvements de ma tête

Ça fait toc-toc quand je bouge la tête. Je ne m’en aperçois pas. Je suis à fond dans mon truc. Absorbé. Je n’oublie pas de regarder les gens (ils ont l’air intéressés), mais je n’écoute pas, moi, le bruit que je fais. J’ai mes livres étalés sur la table et je pioche dedans les citations …

Je brode métaphoriquement

Des gens disent qu’il y a une éclipse de lune ce soir ; Jean-Eudes fait même remarquer à Ewen que le phénomène se produit exprès pour son anniversaire (je me souviens des nuits de lune bleue annonçant la livraison d’un bébé schtroumpf par la cigogne) ; mais l’atmosphère en ce début de soirée est déjà chargée d’une …

On s’est manqués

Le journal me manque. Même le journal privé, celui que personne ne lit : normalement je le soigne, pour mon seul usage ; ces dernières semaines je le bâcle. Chaque journée résumée en trois lignes factuelles. J’enchaîne cinq ou six entrées à la suite, en rattrapage. Pas le temps. Quant à ce blog : friche …