La discussion arrive tard alors que plusieurs sont déjà couchés — on est combien cette nuit ? la première on était sept, la deuxième six, la troisième cinq, on finira à trois, ainsi chaque jour est une reconfiguration douce — elle arrive donc ainsi, cette conversation que je redoutais un peu, la seule chose qui aurait …
Archives de l’étiquette : la forme d’une ville
Ce qu’il promettait de devenir à l’évidence
Je n’ai pas ouvert mon ordinateur en deux jours. Je me disais pourtant : j’écrirai dans le train, comme d’habitude. Trois heures de Paris à Grenoble, deux de Grenoble à Veynes-Devoluy, et deux heures de pause, c’est bien assez pour visiter Veynes quand tout est fermé. Une peinture murale célèbre l’arrivée du chemin de fer. Sur …
Continuer la lecture « Ce qu’il promettait de devenir à l’évidence »
Tout défaire pour tout refaire
Au début de Rue des Batailles, il y a un tableau. Je ne parle pas de celui qui est devenu la couverture du livre, mais d’un tableau au sens théâtral : une scène, un lieu, des personnages, un moment. Deux garçons dans une chambre. Au fond, c’est toujours ce qui me guide. Un manuscrit dans mon …
Je me doute (et j’espère) que ces relations existent
Ça se passe dans une « friche », dit Olivier pendant sa conférence. Olivier est un personnage de fiction qui ressemble à mon ami Olivier : il joue un professeur parachuté dans cet endroit impossible, totalement inadapté, impropre à accueillir sa conférence sur « la rencontre littéraire ». Il s’agit d’une mise en abîme ironique, car des rencontres se produisent, …
Continuer la lecture « Je me doute (et j’espère) que ces relations existent »
Elle est peut-être une utopie
Il n’est pas nécessaire de poser le mot exact sur chaque chose. Notre réalité ne coïncide pas toujours avec tel concept ou avec tel autre (alternative binaire) ; nous ne sommes parfois ni l’un ni l’autre ; il arrive même que nous soyons l’un et l’autre, moitié-moitié, ou bien que nous nous reconnaissions dans deux mots sans …
« Pédale, pédale ! » est mon alibi et mon salut
Nous marchons sur une route sans ombre, il fait trop chaud. C’est une piste en forme de cercle aplati, un peu comme les cirques antiques. Aux deux extrémités, la bande asphaltée se relève comme dans un vélodrome ; pour favoriser la vitesse, j’imagine. C’est la piste d’essai des automobiles Fiat sur le toit de l’usine, au …
Continuer la lecture « « Pédale, pédale ! » est mon alibi et mon salut »
Deux fois deux ne font pas quatre
J’habite sur une presqu’île et j’attends à la gare quelqu’un que j’aime, alors j’ai pensé que ce serait une bonne idée de lire ce livre : un homme habite sur une presqu’île et attend l’arrivée d’Irmgard. « Irmgard était dans le train maintenant, et ce vacarme réglé, ferraillant et fidèle, auquel il la confiait le rassurait : elle …
C’est une maison
Il faut un lieu pour qu’une rencontre ait lieu : on se côtoie dans un train, dans une salle de classe, dans la file d’attente d’un magasin, dans une cage d’escalier. Les immeubles à ascenseur, dans lesquels l’escalier est relégué derrière une porte coupe-feu, circulation bêtement technique en béton nu, éclairée par un néon trop blanc, …
Ressusciter l’éocène
Avec Pierre, on a fait une vidéo pour notre expo « Inventons nos souvenirs » à Villetaneuse, elle tourne en boucle, elle s’insinue dans votre cerveau, dans les couches profondes, jusqu’à réveiller les ères géologiques que vous avez oubliées : Ressusciter l’éocène, donc. Image Pierre Louis Nozières & Antonin CrennVoix Alan LouisTexte Georges Perec (adapté de « …
C’était au grand jour
Ce n’est pas une question de vertige, c’est juste un manque de confiance en mon équilibre. Par exemple, quand je fais du vélo (mais je ne fais jamais de vélo), impossible de lâcher le guidon pour indiquer, le bras tendu, dans quelle direction je vais. Alors le plus prudent est de ne jamais tourner, d’emprunter …