Au début de Rue des Batailles, il y a un tableau. Je ne parle pas de celui qui est devenu la couverture du livre, mais d’un tableau au sens théâtral : une scène, un lieu, des personnages, un moment. Deux garçons dans une chambre. Au fond, c’est toujours ce qui me guide. Un manuscrit dans mon …
Archives de l’étiquette : la tristesse
Connaissance de ma chambre
Un autre usage de la chambre. Je dis « la chambre ». J’y reviens. La chambre que j’ai construite autour de mon corps et de mes désirs, juste assez grande pour me contenir avec ceux que j’aime, vêtement sur mesure, petite boîte, cabane ouverte : normalement je n’y passe pas la nuit seul. Je n’y dors pas seul, …
Une petite grotte provisoire
« Je serai institutrice pour faire chier les mômes », dit Zazie à son oncle Gabriel. Alors il répond : « Tu sais, d’après ce que disent les journaux, c’est pas du tout ça l’éducation moderne. On va plutôt vers la douceur, la gentillesse, la compréhension… » Et il a raison. Ça demande une énergie dingue : écouter ceux qui parlent, …
De nouvelles étoiles entrent dans la danse
Même quand on n’y connaît rien (et moi je n’y connais rien), on ne peut pas ne pas y prendre du plaisir. Ce qu’on nous montre (ce qu’on nous fait entendre), c’est le top du top : toutes les personnes qui ont œuvré à ce spectacle sont réputées les meilleures dans leur art. Les danseurs, les …
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Ils sont du côté du manche
J’aurais pu lier les deux fragments juxtaposés : trouver un motif en guise de pivot. J’adore faire ça sur le blog. Mais cette fois je préfère les diviser nettement, sinon j’aurais l’impression de salir la première partie, que je désire la plus pure possible. Ne pas mêler la beauté de ces sentiments avec la peur et …
Aux quatre côtés de la table ronde
Je commence par une réponse vague, un peu mondaine, ridicule : « En pleine forme. » Je dis ridicule parce que ce constat est valable si je m’observe de très loin (ma vie dans les grandes lignes me passionne), certes, mais la vérité est plus nuancée si je m’attache au détail de ces derniers jours : « Pour être plus …
Je me souviens de mes difficultés
Je traîne ma tristesse et J.-E. me traîne comme un boulet. Il me dit que non, je ne suis pas un boulet. Je réponds : « Je n’insiste pas, n’en parlons pas longtemps, je te signale juste que j’ai conscience d’être chiant, ne crois pas que je ne le sais pas. » Il pourrait m’abandonner à mon sort, …
C’est inventer un rituel
Je ne souhaite pas « Bonnes fêtes » aux gens que je ne connais pas assez pour savoir, avec certitude, qu’ils ont prévu de faire la fête prochainement. Je dis sans scrupule « Bonne journée » à de parfaits inconnus, car je suis sûr que tout le monde devra passer ladite journée, tant bien que mal, quelle que soit …
Le vaisseau noir progresse dans le cosmos et étend son ombre sur le texte
Je suis désagréable quand je suis triste, c’est idiot car ça ne m’aide pas à me sentir mieux, au contraire, parce que je me sens nul d’avoir été désagréable. Le moment où j’ai peur de m’ennuyer : je vois arriver la chape d’ennui, elle avance doucement à travers le cosmos, comme un vaisseau menaçant et inéluctable, …
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Je me souviens de Philippe Aigrain
Je me souviens de son visage : pour moi, le premier visage de Publie.net lorsque j’ai découvert la maison. Je me souviens qu’il était debout dans l’allée, devant le stand, et qu’il m’a présenté Julie, assise derrière la table ; j’ai rencontré Guillaume le lendemain. Je me souviens avoir pensé : « J’ai envie de travailler avec cette maison, …