Ça dessine comme qui dirait un motif

Ils m’ont manqué et, quand je reviens, ils sont là. Chacun son tour quelques heures, alors que je reste si peu de temps à Paris. Ceux que j’aime et qui m’aiment : ils me font du bien, une pure joie, pas une consolation comme ils savent m’en donner parfois, car ces jours-ci je n’ai pas …

À portée de moi

On dirait que je m’apprête à partir un an sur la lune. Je dois me rappeler plusieurs fois que Saint-Florent-le-Vieil n’est qu’à deux heures de Paris et que je serai de retour dans quelques semaines. Il faut pourtant que je boucle les chantiers en cours pour partir l’esprit libre, léger tant que possible — désir …

Petite veilleuse ou bonne étoile

Comment les livres se vendent (dans un monde idéal) : un lecteur entre dans la librairie à la recherche d’un titre de Valère Novarina (par exemple) ; le libraire lui répond qu’il ne l’a pas en rayon ; le lecteur déçu mais curieux dit qu’il va acheter autre chose ; il demande : « Vous avez …

Je me doute (et j’espère) que ces relations existent

Ça se passe dans une « friche », dit Olivier pendant sa conférence. Olivier est un personnage de fiction qui ressemble à mon ami Olivier : il joue un professeur parachuté dans cet endroit impossible, totalement inadapté, impropre à accueillir sa conférence sur « la rencontre littéraire ». Il s’agit d’une mise en abîme ironique, car des rencontres se produisent, …

« Pédale, pédale ! » est mon alibi et mon salut

Nous marchons sur une route sans ombre, il fait trop chaud. C’est une piste en forme de cercle aplati, un peu comme les cirques antiques. Aux deux extrémités, la bande asphaltée se relève comme dans un vélodrome ; pour favoriser la vitesse, j’imagine. C’est la piste d’essai des automobiles Fiat sur le toit de l’usine, au …

Deux fois deux ne font pas quatre

J’habite sur une presqu’île et j’attends à la gare quelqu’un que j’aime, alors j’ai pensé que ce serait une bonne idée de lire ce livre : un homme habite sur une presqu’île et attend l’arrivée d’Irmgard. « Irmgard était dans le train maintenant, et ce vacarme réglé, ferraillant et fidèle, auquel il la confiait le rassurait : elle …

C’est la vraie vie, puisque c’est la nôtre

En sortant du film, on propose à Solène un café dans la rue Champollion. On lui dit : « C’est le repaire des cinéphiles » à cause des trois cinémas en enfilade sur le trottoir impair. Ici, des jeunes gens se pressent pour voir des vieux classiques en noir et blanc. L’image d’Épinal s’incruste. Lorsque je vais à …

À l’échelle de mes petits bras

Dans l’appartement de Victor Hugo, je dis à Pierre : « Tiens, je le connais, lui, Tony Robert-Fleury, il est dans mon roman » — dans mon roman qui n’est pas encore un livre, mais bon, il sait de quoi je parle puisque je lui ai lu le manuscrit. Il y a plusieurs allusions au grand Totor dans …

Le sujet, pour moi, c’est le regard

J’étais persuadé d’être déjà venu. À cause du nom : le Doc, ça semblait familier, j’avais eu l’occasion de visiter un truc il y a plusieurs années, mais quoi ? dans ce lieu hybride proche de la place des Fêtes. Une expo ? Non, je me suis trompé. Cet endroit ne me dit rien du tout. Une sorte …

Y passer le même temps encore

Gênes est un monde, quelque part entre Marseille et Naples. Je ne connais pas Marseille. Je suis allé à Naples, un peu. Gênes est encore autre chose. Je m’y perds. Je n’ai pas le plan en tête. L’hôtel où je suis descendu (je ne parle pas de « descendre à l’hôtel », comme les élégants, mais de …