Une tempête comparable grondait dans le crâne d’à-côté

On ne peut pas savoir ce qu’il y a dans la tête des autres. Je n’étais pas ami avec lui ; je l’aimais bien. Nous étions camarades, de loin. Les gens qui semblaient être ses amis me paraissaient sympathiques. Pourtant, je ne me mêlais pas à eux. Je fréquentais seulement une poignée de personnes, dans une autre classe : celle de S., ma meilleure amie, et de B., l’ami dont j’étais amoureux. J’étais tout occupé par le désordre de mes pensées et de mes émotions ; j’étais presque incapable de m’intéresser aux gens qui m’entouraient. Je crois n’avoir jamais adressé la parole à la moitié de ma classe. Ce garçon-là, toutefois, c’était toujours un plaisir de parler avec lui, lorsque le hasard nous rapprochait dans la cour de récré. Il était différent. Nous parlions surtout de politique. Il était aussi nul que moi pour l’échange de banalités : alors on refaisait le monde, mais le temps de dix minutes seulement. Puis on retournait en classe.

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Le voyage en Amérique (remake)

Un gars en costard dit à son collègue, il est sept heures du matin : « Là, j’ai chopé des pêches plates, écoute, c’est une tuerie. C’est de saison, ça, les pêches plates ? » — je suis dans le RER à sept heures du matin parce que je vais à l’aéroport. J’aime pas ça, l’avion.

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Où est Charlie ?

Gens connus — ou pas ; aimés — pas tous ; ressemblants — plus ou moins. Et Charlie, quelque part.
[…]
Saviez-vous qu’aux heures de pointe il a jusqu’à quatre personnes et demie par mètre carré dans un wagon du métro 13 ? (… et que le nombre de connections possibles dans le cerveau est supérieur au nombre d’atomes dans l’univers, oui je sais).