Parfois tout est très facile

« Justement, tout est dans la manière de dire. Sur les passages que j’ai soulignés, ça fait un peu pantomime : Attention le méchant arrive ! Alors qu’à d’autres moments c’est bien moins gênant. » Il y aura des ajustements à faire, je sais que c’est une des principales difficultés avec ce texte : sa multitude de personnages. Quand j’en …

Il n’y a pas de temps perdu

Pour aller au lycée de P. l’autre jour, j’ai pris de l’autre côté depuis la même gare. Un quart d’heure à pied. Là, pour le collège, ce sera vingt minutes dans la direction opposée. La gare s’appelle Épinay-Villetaneuse : logique. Il y a donc le côté de chez Jacques-Feyder (le lycée d’Épinay) et le côté de …

Pour de faux, mais pour de vrai

Il y a des gens qui connaissent Bordeaux. Moi, je connais la forêt du Bourgailh à Pessac, son caméléon géant en bois vernis, son Bike Park lunaire et son belvédère de dix-huit mètres qui offre une vue sur rien : le ciel blanc opaque. Je lis que le parc est aménagé sur une ancienne décharge (clin …

Je digresse et tu le sais

À G. qui me demande si je serai à la BNF cet après-midi, je réponds oui, mais pas à Tolbiac comme lui, plutôt à Richelieu : « parce que je préfère les ors, les boiseries, le luxe. » Bien sûr, il rebondit : « la luxure. » Mais non, il se trompe, il ne m’arrivera rien de ce genre, car …

Nous sommes de ceux qui regardent tout

Une dame me demande : « La sortie sud, c’est où ? » Elle me prend pour un habitué des lieux. Ça veut dire que j’ai une tête à savoir où je vais. Et ça me plaît d’avoir l’air de ça, dans cette ville que j’aime. Je dis : « C’est par là. » Elle veut être sûre : « C’est bien de ce …

Peut-être sont-ils aussi sympas que moi 

Ce garçon, appelons-le Lorenzo, par exemple, il est dans l’eau à côté de moi, dix-huit ans, vingt au maximum, il est seul. Un rocher affleure : Lorenzo essaie de grimper dessus, il glisse à plat ventre comme un manchot, il monte à quatre pattes, il parvient à se mettre debout malgré les vagues. L’eau lui …

Grâce à lui le bambino reste au sec 

Celui avec les pieds dans l’eau, qui porte le bambino sur ses épaules, c’est Christophe, mais je dis « Cristoforo » parce que je m’adresse à J. dans notre sabir bricolé : je commence une phrase en anglais puis, par paresse ou incompétence, je la termine en français ; et je lui parle italien par jeu, ou …

Des montagnes, oui, les traverser en train

Souvent j’emporte un livre dans le train, et je ne le lis pas, happé par le paysage, ou amolli par le mouvement. Mais celui-ci, je l’ouvre aussitôt installé à ma place parce que je sais que, si je ne le lis pas dans cet espace suspendu, je l’aurai emporté pour rien : ce n’est pas …

« Il y a un côté absurde », disent-ils

J’écris en roue libre depuis plusieurs semaines, sans relire ce que j’ai fait dans les jours précédents, ni me référer aux chapitres écrits l’année dernière. Avant de m’engouffrer dans n’importe quoi, ce serait bien d’y jeter un œil à nouveau ; avant d’aller trop loin dans le bizarre-pas-bizarre — cette bifurcation qui m’excite : ouvrir une brèche …

Il y a une histoire de trains dans la vie de Jules

Je m’intéresse aux frères et sœurs de Jules. C’est le principe de mon plan en spirale : je veux cerner le bonhomme, littéralement. Décrire des cercles autour de lui. Décrire son cercle intime : sa famille, ses amis, les gens qu’il a connus. Jules est la pièce du puzzle à laquelle toutes les autres s’accrochent. Retrouver les …