La discussion arrive tard alors que plusieurs sont déjà couchés — on est combien cette nuit ? la première on était sept, la deuxième six, la troisième cinq, on finira à trois, ainsi chaque jour est une reconfiguration douce — elle arrive donc ainsi, cette conversation que je redoutais un peu, la seule chose qui aurait …
Archives de la catégorie : Journal
Le fait que le moment ait lieu
L’Ardèche, c’est le lieu où les définitions se déplacent, se brouillent, s’effacent, deviennent caduques — ou se précisent. Il s’y passe des choses qui ne peuvent pas être délimitées par le langage ; et ça, d’habitude, ça m’inquiète. J’ai trouvé une formule pour mes dédicaces comme pour officialiser cette impuissance, qui remplace le banal « amicalement » qu’on …
Une grappe de compagnons sûrs
J’aime bien dire que les dates, je m’en fous un peu, mais c’est quand même d’une date que je vais parler ici. Avec Jean-Eudes on s’est rencontrés le 6 juin 2006. Je m’en souviens parce que ça forme un motif : six six six, facile à retenir. Sinon, je ne suis pas aussi sensible aux dates …
Je dis oui à tout
On sort du hangar et on se dit : Au moins il fait frais. Pourtant il fait plus de trente dehors, à l’ombre, dit la météo. Alors dedans, combien ? Mesurer le contraste. Et on passe deux jours là-dedans à tenir le stand de « Pédale, pédale ! ». Bien sûr j’ai chaud, mais le reste prend le dessus. Le …
Ce qu’il promettait de devenir à l’évidence
Je n’ai pas ouvert mon ordinateur en deux jours. Je me disais pourtant : j’écrirai dans le train, comme d’habitude. Trois heures de Paris à Grenoble, deux de Grenoble à Veynes-Devoluy, et deux heures de pause, c’est bien assez pour visiter Veynes quand tout est fermé. Une peinture murale célèbre l’arrivée du chemin de fer. Sur …
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Dans un espace-temps si bizarre
Puisque c’est une tradition : j’écris dans le train. Baptiste a une théorie sur ça : pourquoi ç’a du sens pour lui d’écrire dans le train. Moi, pour simplifier, je dirais que c’est pragmatique : je m’occupe de mon journal quand je ne peux rien faire d’autre. Cette semaine je n’ai fait qu’une chose : écrire. Mais pas le …
Le frottage de cervelle de six péquins
Je me doutais que ça se passerait comme ça : la routine ne pouvait, ne devait pas durer. Elle était douce, pourtant. Le mois de mars comme une enfilade de petits rituels : le café du matin avec tout le monde, les déjeuners idem, les dîners en tête-à-tête avec Sophie ; le travail solitaire dans …
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Ça dessine comme qui dirait un motif
Ils m’ont manqué et, quand je reviens, ils sont là. Chacun son tour quelques heures, alors que je reste si peu de temps à Paris. Ceux que j’aime et qui m’aiment : ils me font du bien, une pure joie, pas une consolation comme ils savent m’en donner parfois, car ces jours-ci je n’ai pas …
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À tous les coups ça marche
Ça commence par un immense soulagement : Paris reste à gauche. Je refuse d’ergoter sur le genre de gauche qui a gagné, quelle nuance du spectre, quel degré de pureté. Ça pourrait toujours être mieux. On en a parlé longuement avant, on en reparlera plus tard. Mais ce soir, d’abord, je me dis qu’on est sauvés : …
Il vous faut quoi de plus ?
Je tourne en rond, je bouillonne, je peste tout seul dans mon bureau en rafraîchissant les sites d’info et les applis : ils vont vraiment être aussi cons ? Ne pas s’allier ? Est-ce qu’ils croient sincèrement que nous, les électeurs de gauche, on en a quelque chose à foutre de leurs étiquettes ? de leur soi-disant pureté ? Alors, …