Le texte est plastique

Dans une salle de classe très claire, peut-être celle de physique-chimie où nous étions la dernière fois (avec les squelettes exposés sur l’étagère : j’aurais dit des crânes de rongeurs, mais de la taille d’une tête de chat), on s’était réfugiés ici parce que la salle habituelle donne directement sur le chantier et que le marteau-piqueur …

Intérieur jour, plan serré sur le marin

Ça commence comme un film. Mieux : c’est un film. Je le regarde sur un écran fixé au mur — je précise ce détail parce que ce n’est pas banal, pour moi, de regarder la télé — dans une grande salle où plusieurs personnes sont assises sur des chaises, en mode « salon de télévision » comme dans …

C’est un immense dessin en couleurs

Je n’avais pas demandé ça du tout. J’avais dessiné sur mon bras un bonhomme, au feutre noir, peut-être cinq centimètres de haut : de face, statique, comme s’il posait pour un portrait, coupé à la ceinture et au-dessus des mains par un cadre vaguement orné (j’avais dédoublé le trait pour bien signifier mon intention : une sorte …

Sans que j’aie besoin de l’effrayer

Je quitte un lieu connu (peut-être l’école où j’étudie, ou un autre établissement que je fréquente quotidiennement) pour explorer un nouvel espace. Bien que celui-ci communique avec le premier, personne ne passe jamais de l’un à l’autre, car personne n’a de raison de le faire. Moi, je suis curieux. Il s’agit d’un immense hangar. Je …

Dans un espace très grand qui ressemble à la liberté

Ça se passe dans un jardin. Il fait beau. Des gens sont rassemblés pour un barbecue. J’identifie ces personnes à la catégorie des « adultes », bien que je sois adulte moi aussi, parce qu’ils appartiennent à un groupe différent du mien — peut-être sont-ils des amis de ma mère. La nature alentour est assez sauvage. Un …

Le chronomètre jouera contre notre désir

Je participe à une réunion ou à une formation. Autrefois, lorsque je travaillais à la Ville de Paris, il m’arrivait ce genre de choses : des gens venus d’horizons différents regroupés dans une pièce impersonnelle. Je ne sais précisément de quel sujet nous parlons. La seule chose qui compte, c’est ma rencontre avec ce garçon. Il …

Le mot « jeune » était inutile

Le robinet de la baignoire est resté ouvert : l’eau a coulé toute la nuit. C’est J.-E. qui me signale l’anomalie et moi, resté au lit (le lit étroit de mon enfance, dans ma chambre du Pecq), je culpabilise. Je cours à la salle de bains pour réparer mon erreur. C’était ma mission, de fermer le …

Ou le mien, ce qui semble revenir au même

Ça commence encore par un départ. Il faut rassembler nos affaires pour quitter la maison (c’est-à-dire l’appartement du Pecq, comme d’habitude). Les portes-fenêtres sont grand ouvertes : je sens le beau temps au-dehors. Je dois décider comment m’habiller pour la journée : je porte une chemise sur un t-shirt, et c’est trop. Je me demande s’il vaudrait …

Le vide en-dedans est plus vaste que le plein autour

La supérette sombre où nous faisions nos courses est toujours à sa place, sur le côté droit, lorsqu’on monte la rue en sortant du métro. Nous ne nous approchons pas du magasin : nous restons au milieu de la chaussée. Nous longeons les façades, mais de loin. C’est moi qui mène. Je commente les évolutions du …

J’ai rêvé que j’étais chez moi

C’est le moment du départ. Je suis en voyage et je dois rentrer chez moi. Il y a presque toujours ça, dans mes rêves : je quitte une maison dans laquelle j’ai vécu quelques jours. Et cette maison provisoire, je la vois en détail. Je peux la décrire. Pourtant, elle est différente à chaque fois. Il …