Le tombeau d’un homme discret

J’espérais trouver une photo de Jean Vaudal, car le seul portrait que je connais de lui est ce dessin paru dans Les lettres françaises après sa mort. Je voulais connaître ses actions de résistance, qui ont conduit à son arrestation le 6 juillet 1944. J’ai donc cherché dans les archives de la police. Mais, sur le discret Jean Vaudal, les Renseignements généraux en savaient encore moins que moi. Les dossiers ne contiennent presque rien.

Je croyais qu’Hippolyte Pinaud (c’est le nom d’état civil de Jean Vaudal) avait été arrêté par la police française : j’aurais eu accès, alors, à des archives plus conséquentes (les comptes-rendus de filature, le procès-verbal des interrogatoires, une photo de l’identité judiciaire). Mais il a été arrêté par la police allemande, et il n’y a pas grand-chose sur son compte à la Préfecture de police.

Archives du Cabinet du préfet de police, dossier d’Hippolyte Pinaud (cote 1 W 1230-62954)
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Est-ce qu’on peut travailler sérieusement ?

« Je cale mon emploi du temps sur celui de J.-E. : quand il part travailler le matin, je viens ici. J’ai des horaires de bureau, presque.
— Mais J.-E., il met une demi-heure pour aller au boulot, et toi tu es à cinq minutes. Alors ça veut dire que tu travailles plus que lui.
— C’est difficile de compter mon temps de travail ! Quand je dis que je travaille, en réalité, je passe de longs moments à lire. Par exemple. Et je lis aussi le soir, parce que j’aime ça.
— Oui, mais ça fait partie de ton travail. Quand tu lis, ça peut te donner des idées pour écrire des livres. »

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