Je brode métaphoriquement

Des gens disent qu’il y a une éclipse de lune ce soir ; Jean-Eudes fait même remarquer à Ewen que le phénomène se produit exprès pour son anniversaire (je me souviens des nuits de lune bleue annonçant la livraison d’un bébé schtroumpf par la cigogne) ; mais l’atmosphère en ce début de soirée est déjà chargée d’une …

C’est l’effet que cette nuit me fait

C’est un jour que j’aime, que j’attends, que je me débrouille pour ne pas rater, que je note des mois en avance, où je n’aurais pas idée de partir en vacances, d’accepter une invitation. Il fait beaucoup trop chaud, mais on y va. La question ne se pose pas. Il paraît qu’on est un demi-million. …

Avec les ailes que donne la foi

Il s’installe face à moi, au café, aussi beau que ce matin. Son sourire dit son plaisir. Timide quand même. Grand corps solide, ses épaules nues. Par facilité, je pourrais dire « un ange », mais non : il n’est pas « apparu » hier soir, il s’est approché et je l’ai accueilli. Il n’est pas blond. Ses boucles emmêlées, …

Comme le jour et la nuit

L’un des charmes de mon quartier, c’est qu’à toute heure on y trouve des gens qui veillent. Oui, il est trois heures ce mercredi soir, ou ce jeudi matin, et pourquoi n’y aurait-il personne dehors ? Un garçon et une fille s’embrassent. Ça commence bien. La suite, j’aime moins : ça traîne, ça titube, ça s’épave, ça …

En les autres peut-être, en soi surtout

La première chose qu’il me dit, quand je le trouve au coin de la rue du Temple et de la place de la République : « Je suis monté sur la statue et j’ai dansé sans ma chemise. » Ce qu’il me dit le lendemain, avant de reprendre son train : « Il y a quelques jours encore, je me …

Il faut dire qu’il est costaud

Je lui propose une terrasse de café dans le Marais. Il répond : « Ouais. » Enthousiasme modéré. Alors, va pour Montmartre : je prends le métro jusqu’à Château-Rouge — non, jusqu’à Marcadet, car je rate ma station — et je croise la rue Ramey, alors, forcément, je pense aux « années Montmartre » de Rue des Batailles, car je suis …

La joie et la fierté à l’état sauvage

Ça commence dans le métro : on est serrés, on a chaud. Ce n’est pas une rame bondée, ce n’est pas la promiscuité : c’est une foule joyeuse et solidaire, c’est le désir d’être ensemble. Une seule ligne de métro mène à Pantin, d’où partira la marche. Nous, on attend O. dans un café en haut de …