Je lui dis qu’on trouvera un endroit à notre goût sur la place des Halles : j’ai souvenir d’un déjeuner, ici, avec R. et sa collègue, et d’une foultitude de restaurants alentour. Je joue à celui qui a ses habitudes : « On sera tranquilles, à l’écart du flux. » Oui, mais c’est lundi et c’est août, alors tout …
Archives de la catégorie : Journal
Que faire de lui ? Rien, bien sûr
Bien sûr, on a de la sympathie pour les animaux. Là, ce sont six chevaux brossés, peignés, chouchoutés, harnachés. Il y a des calèches à côté, je suppose qu’on les attellera deux par deux. Ça fait plaisir, et ce n’est pas anachronique dans ce décor désuet (je n’ai pas dit : vieillot), dans son jus (je …
« Il y a un côté absurde », disent-ils
J’écris en roue libre depuis plusieurs semaines, sans relire ce que j’ai fait dans les jours précédents, ni me référer aux chapitres écrits l’année dernière. Avant de m’engouffrer dans n’importe quoi, ce serait bien d’y jeter un œil à nouveau ; avant d’aller trop loin dans le bizarre-pas-bizarre — cette bifurcation qui m’excite : ouvrir une brèche …
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Enfant presque idiot, ne sait presque rien
Je racontais à H. ma précédente visite aux Archives en disant : « Je ne suis pas un vrai chercheur » — car j’avais été content de ne rien trouver : mon départ bredouille était une bonne histoire. Je lui disais que j’y retournerais pour le seul plaisir de feuilleter des grimoires : Rue des Batailles est un prétexte ; nul …
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Je traque les fantômes
La rue de Steinkerque, c’est cette rue épouvantable entre le métro Anvers et le Sacré-Cœur garnie de boutiques de souvenirs, qu’aucun Parisien n’aurait l’idée d’emprunter. Avant, c’était différent : des gens y habitaient, y travaillaient, y jouaient, y faisaient leurs courses, s’y baladaient sans faire de photo. La preuve — paradoxale — c’est cette photo : car …
Un roman de plus sur la terre
J’attendais plus de ce livre. À tout moment, j’espérais que ça décolle ou que ça bifurque, je croyais que l’écriture fluide, agréable, m’emmènerait dans une direction insoupçonnée, qu’elle ne se suffirait pas en soi. Je suis déçu, car je n’étais pas le lecteur naïf : j’étais comme aux prises avec un outil de travail. Je comparais …
Un délicieux polygone, irrégulier sans aucun doute
Quarante-huit heures (et même plus, car je reçois encore un texto le troisième jour pour me dire : « On s’appelle ? ») — soixante-douze heures, donc, pour débriefer une soirée qui a duré, quoi ? cinq heures peut-être. Cinq heures d’une densité extrême, où rien n’était prévu : ça a commencé par une rencontre, sans rendez-vous. Plus tard, je résumerai …
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Je suis pris à mon propre (et doux) piège
À la radio, un vieux critique de cinéma, qui l’avait vu à sa sortie il y a cinquante ans, dit que le Paris qu’on voit dans ce film1 n’existe plus : l’hôpital Laennec où travaille Veronika a été vendu au milliardaire Pinault et, surtout, il est impossible d’imaginer aujourd’hui que des jeunes gens pauvres passent leurs …
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Je suis l’un de ces adultes : visible et fier
Je ne suis pas étonné de reconnaître des visages familiers : ici, se sont donné rendez-vous des personnes qui se ressemblent, qui me ressemblent. Non, il ne s’agit pas vraiment de ça. Plutôt : bien que tous et toutes différent·es, nous nous identifions à un même monde (idéal) où la diversité est joyeuse et célébrée. Nous sommes …
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Ce qu’on espère en littérature, autant qu’en amour
C’est encore une idée de Guillaume. « J’étais parmi les grandes tiges » : ça commence comme ça. Notre narrateur déambule dans les allées du Jardiland en quête d’amour. Non. À la recherche d’une plante grimpante. Mais les deux ne sont pas incompatibles. Il sera accueilli par Blaise, vendeur spécialisé en végétaux d’extérieur. Blaise est terriblement séduisant, bien …
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