Je serais pour une littérature à bout portant

C’est de plus en plus évident, ça saute aux yeux, et je ne m’en cache pas : Jules, c’est moi — j’avais dit, plus tôt : « Maurice, c’est moi », mais ce n’est pas incompatible : je suis tous les personnages à la fois, je ne parle que de moi. Comment inventer la vie de gens qui ne sont …

Toucher le squelette, ce serait tout changer

Vu son ascendance (le père, militaire à quatorze ans, instruit sur le tard, est devenu vétérinaire dans sa vingtaine) et le parcours de ses aînés (le frère Camille est professeur de chimie au lycée de Nancy ; la sœur Caroline sort de la Maison d’éducation de la Légion d’Honneur, elle deviendra institutrice, son témoin de mariage …

Un chat un chat

Je lui dis qu’on trouvera un endroit à notre goût sur la place des Halles : j’ai souvenir d’un déjeuner, ici, avec R. et sa collègue, et d’une foultitude de restaurants alentour. Je joue à celui qui a ses habitudes : « On sera tranquilles, à l’écart du flux. » Oui, mais c’est lundi et c’est août, alors tout …

Je suis pris à mon propre (et doux) piège

À la radio, un vieux critique de cinéma, qui l’avait vu à sa sortie il y a cinquante ans, dit que le Paris qu’on voit dans ce film1 n’existe plus : l’hôpital Laennec où travaille Veronika a été vendu au milliardaire Pinault et, surtout, il est impossible d’imaginer aujourd’hui que des jeunes gens pauvres passent leurs …

Présence réelle, tu parles

« Antonin est vivant, profitez-en pour lui poser les questions auxquels les autres ne pourraient pas répondre », dit R. à ses étudiants — il est 8 heures, je suis sorti sans petit-déjeuner, éveillé tôt par le trac et l’excitation : il doit être écrit quelque part que, la première fois que je mets les pieds à la …