Ça pourrait durer « presque » toujours

C’est le village d’après ou le village d’entre-deux, le village jusqu’où l’on ne va pas, quand on fait la promenade rituelle à Montal (on pousse jusqu’à Saint-Jean-Lespinasse pour voir l’autre côté du château en descendant, mais le bourg d’après on n’y entre pas), ou bien c’est le village qu’on traverse quand on fait la promenade …

La joie et la fierté à l’état sauvage

Ça commence dans le métro : on est serrés, on a chaud. Ce n’est pas une rame bondée, ce n’est pas la promiscuité : c’est une foule joyeuse et solidaire, c’est le désir d’être ensemble. Une seule ligne de métro mène à Pantin, d’où partira la marche. Nous, on attend O. dans un café en haut de …

La taille de son cœur est augmentée

Je n’ai rien vu à Nantes : je n’ai pas vu des choses, j’ai vu des gens. En sortant de la gare, je traverse le Jardin des Plantes. Je voudrais que cela devienne un rituel. Devant le château, je photographie la duchesse Anne pour l’envoyer à J.-E. : une façon de lui dire : « Je …

Puisqu’ils sont bien ensemble, pourquoi ne pas continuer ainsi toute la vie ?

D’habitude, je n’ai pas de sympathie pour les goélands : ils sont trop parfaits, blancs immaculés, le bec impeccable, une sorte de dédain dans leur pose (comme les chevaux qui savent être beaux, mais pas mignons, ni sympas : je préfère les ânes). Alors cette famille qui habite sur le toit du garage, sous notre fenêtre, me …

J’ai envie de prendre le train pour une ville que je ne visiterai pas

Je n’ai jamais été en Espagne. C’est comme ça. Je ne m’en plains pas. J’ai été chez Book Off ce matin parce que la Petite Rockette est fermée ; les deux sont équidistants de chez moi, mais dans des directions opposées ; le livre que je voulais se trouve n’importe où ; et même, en plusieurs éditions ; alors …

Des images magiques ne se brisent pas sans raison

Ils ne faisaient pourtant rien de mal. Le premier garçon sautait sur un pied en s’aidant d’un bâton pour garder l’équilibre ; le deuxième dansait avec une fille dont les cheveux volaient au rythme de ses pas (sa robe rose flottait de la même façon) ; le troisième jouait du bandonéon (je ne sais pas si c’était …

Ou le mien, ce qui semble revenir au même

Ça commence encore par un départ. Il faut rassembler nos affaires pour quitter la maison (c’est-à-dire l’appartement du Pecq, comme d’habitude). Les portes-fenêtres sont grand ouvertes : je sens le beau temps au-dehors. Je dois décider comment m’habiller pour la journée : je porte une chemise sur un t-shirt, et c’est trop. Je me demande s’il vaudrait …

Une tempête comparable grondait dans le crâne d’à-côté

On ne peut pas savoir ce qu’il y a dans la tête des autres. Je n’étais pas ami avec lui ; je l’aimais bien. Nous étions camarades, de loin. Les gens qui semblaient être ses amis me paraissaient sympathiques. Pourtant, je ne me mêlais pas à eux. Je fréquentais seulement une poignée de personnes, dans une …

C’est de lumière qu’il s’agit, justement

C’est lui qui m’a écrit le premier : « Nous voilà voisins de palmarès. » Ses Planètes et mon Héros avaient eu le même prix ex-æquo. Puisque notre rencontre n’a pas eu lieu en vrai, forcée par des circonstances, mais seulement parce que nous en avions envie, nous n’avons pas eu besoin de meubler une conversation creuse. Et, …

Désir quand même (inventaire)

Envie de pas grand chose. Tristesse diffuse. Joie de trouver une écriture amie, sur une enveloppe, dans ma boîte aux lettres. Honte de ne pas répondre à d’autres messages, laissés en friche depuis trop longtemps, alors que j’avais aimé les recevoir quand ils sont arrivés. Joie de participer bientôt à un événement avec des vrais …