Disponible

par Antonin Crenn

Le premier octobre, je serai « disponible ».

C’est ce qu’on dit, lorsqu’un fonctionnaire interrompt son activité professionnelle — et c’est précisément mon cas. L’une des définitions de la disponibilité, dans le Trésor de la langue française, c’est :

Possibilité, pour une personne sans engagement ni obligation, de jouir d’une totale liberté de mouvement, d’action.

Cela me plaît. Je serai même, pour être exact, mis en disponibilité pour convenances personnelles. Autrement dit, parce que j’en ai envie. Alors, je compte les jours : il ne m’en reste plus beaucoup.

Mon lieu de travail ne me manquera pas : c’est un « open space » avec une moquette grise, dans un immeuble parallélépipédique en verre, au milieu d’un quartier où tout est neuf.

Ah, si. Une chose qui va me manquer, un peu : ce plan de Paris d’un mètre sur deux, affiché dans mon bureau : j’ai passé des heures à me promener dedans, mais il est trop grand pour chez moi. Il restera où il est. Si l’on veut le récupérer, qu’on se manifeste : il est disponible.