La gare de Lyon : une anthologie

Dans Les boulevards de ceinture, je tombe sur ce passage :

Patrick Modiano, Les boulevards de ceinture

Ceux qui me connaissent savent que j’ai un faible, moi aussi, pour la gare de Lyon. C’est comme ça, je n’y peux rien. J’avais pris en photo cette phrase-ci, dans Mes amis : elle était trop belle pour être vraie :

Emmanuel Bove, Mes amis

Je me demande si tous mes auteurs préférés ont cité la gare de Lyon. Une idée apparaît : une Anthologie de la gare de Lyon. Le projet d’une vie (mais pas de la mienne).

Tout de même, quelques pièces de cette anthologie, piochées ici et là :

Georges Perec, W ou le souvenir d’enfance
René Crevel, Mon corps et moi
Raymond Queneau, Le dimanche de la vie
Boris Vian, « Les filles d’avril », dans Le ratichon baigneur
Henri Calet, Le bouquet
Hervé Guibert, Le mausolée des amants
Jacques Roubaud, Ode à la ligne 29 des autobus parisiens

Les yeux d’Ulisse / la mort d’Ulisse


Je suis ému d’écouter Brigitte Celerier lire cet extrait de L’épaisseur du trait. C’est un passage important pour moi, qui m’a pas mal bousculé avant de trouver sa place.

Parce que le ton n’est pas le même qu’ailleurs dans le livre, et parce que j’y ai inséré des bouts de phrases qui ne sont pas forcément de moi.

Cette tirade d’Ulisse est introduite, dans le livre, par cette citation-là (l’exergue de La vie mode d’emploi), parce qu’il est question souvent des yeux d’Ulisse et de son regard sur le monde.

Où il est question de pavés de bois

D’abord, il y a Georges Perec. On m’a fait lire W quand j’avais quinze ans, puis j’ai lu d’autres livres, comme un grand, et je les relis ; ensuite il y a la rue Vilin, qui n’existe plus et que j’ai parcourue dans tous les sens (par les plans, par les textes) quand j’avais, disons, vingt-et-un, vingt-deux ans — c’était pour ce mémoire de fin d’études, cette histoire de mémoire dans les deux sens du terme, j’avais appelé ça Mémoire de la rue Vilin. Dans W, il y a la rue Vilin et, « peut-être même », dans cette rue, de gros pavés de bois « joliment cubiques » (mais on n’en est pas sûr, à cause de la mémoire, justement). Des pavés de bois comme dans L’Île rose de Charles Vildrac.

Alors je lis L’Île rose de Charles Vildrac, pour voir — je l’ai commencé ce matin. Dès le début, on est en plein dans les pavés de bois. Ils sont empilés dans une rue « qui existe peut-être encore », qu’il appelle la rue des Ébénos et qui devrait se trouver (si elle existait) là où je vis, vers la rue de Charonne. Dans la rue, les gosses jouent avec les pavés, ils se font des maisons, des châteaux, des autos. Il y en a qui les empilent de manière à créer des tours fragiles et chancelantes, mais si excitantes ; et ça me rappelle drôlement des passages de ce que j’écris en ce moment, un chapitre ou deux que j’ai repris la semaine dernière, pour L’Épaisseur du trait, réécris ou corrigés, je ne sais pas comment dire. Il y a mon personnage, Ulisse, qui fait presque pareil, mais en différent — parce que lui, c’est avec des pierres, pas des pavés de bois.

Souvent, je me promène dans des rues qui ont changé de nom, ou changé tout-court, je me promène dans mes plans dans des endroits « qui peut-être existent encore ». Sur mon plan Hachette 1924 (la même année que L’Île rose, tiens), je visite l’usine des pavés de bois, rue des Cévennes. Marrant. Je suis passé par là il y a quelques jours, moi qui ne vais pourtant pas souvent dans ce coin-là.

Pour fêter ça (les coïncidences, j’aime), je vais voir les pavés de bois du passage Saint-Maur. Qui ne sont pas « joliment cubiques ». Il faudrait les imaginer cubiques, pour voir. Ce serait joli, donc.

Liste : lectures de 2007

Marcel Proust. Du côté de chez Swann.
Yasmina Reza. Art !
Georges Perec. Tentative d’épuisement d’un lieu parisien.
Edmund White. The Married Man.
Truman Capote. La traversée de l’été.
Tennessee Williams. Sucre d’orge.
Philippe Garnier. Roman de plage.
Raymond Queneau. Zazie dans le métro.
Louis-Ferdinand Céline. Voyage au bout de la nuit.
Nicolas Dickner. Nikolski.
André Gide. Les caves du Vatican.
Kriss. La sagesse d’une femme de radio.
Jean Genet. Querelle de Brest.
Jack London. Carnet du trimard.
Daniel Arsand. Des amants.

Liste : lectures de 2006

Walter Tevis. L’oiseau d’Amérique.
Edmund White. Un jeune Américain.
Brigitte Smadja. Des cœurs découpés.
James Hadley Chase. Pas d’orchidées pour Miss Blandish.
Jean-Patrick Manchette. La position du tireur couché.
Ahmed Madani. Il faut tuer Sammy.
Bret Easton Ellis. Glamorama.
Marcel Gotlib. J’existe, je me suis rencontré.
Hervé Guibert. L’homme au chapeau rouge.
Oscar Wilde. De profundis.
Armistead Maupin. Chroniques de San Francisco.
Edmund White. La tendresse sur la peau.
Jean Genet. Les bonnes.
Samuel Beckett. En attendant Godot.
Edmund White. La symphonie des adieux.
Frédéric Mitterand. La mauvaise vie.
Bret Easton Ellis. Zombies.
Tennessee Williams. Un tramway nommé désir.
J. D. Salinger. Nouvelles.
Bret Easton Ellis. Lunar Park.
Jean Cocteau. Les enfants terribles.
Edmund White. Fanny.
Nigel Barley. L’anthropologie n’est pas un sport dangereux.
Georges Perec. La disparition.
George Orwell. Dans la dèche à Paris et à Londres.
Claude Lévi-Strauss. Tristes tropiques.
Italo Calvino. Si par une nuit d’hiver un voyageur.
Edmund White. Écorché vif.
J. D. Salinger. The Catcher In The Rye.
Georges Perec. Le voyage d’hiver.
Jacques Séguéla. Ne dites pas à ma mère que je suis dans la publicité.
Jean Cocteau. Thomas l’imposteur.
Jean Cocteau. Antigone.
Jean Cocteau. Les mariés de la tour Eiffel.

Liste : lectures de 2005

Romain Gary (Émile Ajar). Gros-câlin.
Amélie Nothomb. Métaphysique des tubes.
Alexandre Soljenitsyne. Une journée d’Ivan Denissovitch.
Stefan Zweig. La confusion des sentiments.
Ernesto Che Guevara. Voyage à motocyclette.
Jean Genet. Journal du voleur.
Franz Kafka. La métamorphose.
Jean Cocteau. Journal d’un inconnu.
Bret Easton Ellis. Moins que zéro.
Richard Brautigan. Retombées de sombrero.
Philippe Labro. Quinze ans.
Hervé Guibert. À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie.
Hervé Guibert. Le protocole compassionnel.
Albert Camus. L’étranger.
Amélie Nothomb. Les combustibles.
Oscar Wilde. Le portrait de Dorian Gray.
Éric-Emmanuel Schmitt. La secte des égoïstes.
Amélie Nothomb. Les catilinaires.
Amélie Nothomb. Hygiène de l’assassin.
Jack Kerouac. Sur la route.
Jean-Patrick Manchette. Le petit bleu de la côte ouest.
William Burroughs. Junky.
Thomas Mann. Tonio Kröger.
John Fante. Demande à la poussière.
Richard Brautigan. Mémoires sauvées du vent.
André Gide. Corydon.
Bret Easton Ellis. American Psycho.
Hervé Guibert. La chair fraîche.
André Gide. L’immoraliste.
Mark Haddon. Le bizarre incident du chien pendant la nuit.
Charles Bukowski. Women.
Jean Cocteau. Les parents terribles.
Brigitte Smadja. La tarte aux escargots.
Claude Ponti. Zénobie.
Thomas Mann. La mort à Venise.
Mikhaïl Boulgakov. Le maître et Marguerite.

Liste : lectures de 2004

André Gide. Les faux-monnayeurs.
L’herbe bleue.
Charles Juliet. Lambeaux.
Georges Perec. W ou le souvenir d’enfance.
Leslie Glass. L’heure du feu.
Eugène Ionesco. La cantatrice chauve.
Georges Perec. La disparition.
Voltaire. Candide.
Éric-Emmanuel Schmitt. Oscar et la dame rose.
Voltaire. Zadig.
Françoise Sagan. Bonjour tristesse.
Georges Perec. Un cabinet d’amateur.
Didier Daeninckx. Le der des ders.
Daniel Pennac. Au bonheur des ogres.
Daniel Pennac. La fée carabine.
Boris Vian. L’herbe rouge.
Marcel Pagnol. Marius. Fanny. César.
Charles Juliet. L’année de l’éveil.
Stefan Zweig. Le joueur d’échecs.
François Cavanna. Les Ritals.
Daniel Pennac. La petite marchande de prose.
Raymond Queneau. Exercices de styles.
Georges Perec. La vie mode d’emploi.
Bret Easton Ellis. Les lois de l’attraction.
Raymond Radiguet. Le diable au corps.
Jean Cocteau. Les enfants terribles.
Fred Uhlman. L’ami retrouvé.
André Gide. Si le grain ne meurt.
Boris Vian. Les fourmis.
Richard Brautigan. Un privé à Babylone.
Georges Perec. Les choses.
Georges Perec. Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?
Georges Perec. Les revenentes.
Boris Vian. Trouble dans les Andins.
Hervé Bazin. La tête contre les murs.
Frédéric Beigbeder. 99 francs.
Jean-Paul Sartre. Huis-clos.
Charles Bukowski. Souvenirs d’un pas grand-chose.
John Fante. Bandini.