À supposer que cette place soit le centre d’un monde

J’attends J. au même café que la dernière fois (il pleuviotait ce dimanche-là, on n’avait pu faire presque aucune photo, il disait que la lumière était dégueulasse, alors il s’était contenté d’un portrait et de quelques repérages, et moi je l’avais emmené partout comme si c’était une visite guidée), je suis arrivé en avance exprès …

On n’est pas des monstres

Ils sont contents de revoir William. Je demande à Magali : « Pourquoi ils l’ont appelé William ? » Elle n’en a aucune idée. Magali est photographe, mais elle dessine aussi : la création artistique est souvent un entre-deux. On mêle les techniques, on entrelace le réel et l’imaginaire, on combine : on crée des hybrides. C’est le thème de l’atelier …

C’est très différent, quand les gens sont là

Nous avions répété l’après-midi, avec Mathieu. Deux fois de suite, j’avais lu mon texte au micro et il avait pianoté sur ses touches lumineuses. Nous étions synchronisés. Prêts. Je me sentais plutôt à l’aise, parce qu’il me donnait confiance et que ma lecture était portée par sa musique. Je pensais : il suffira de refaire la …

À tous ceux qui l’honorent de leur présence

C’est un de ces cafés où, tout de suite, on se sent à sa place. Je fais semblant de lire La Dépêche en écoutant le patron : il vante justement la qualité de son bistrot, disant que tout le monde est le bienvenu chez lui. Le type au comptoir lui donne raison. Il dit : « L’an passé …

Ça résonne

Je n’écoute pas de musique, je n’y connais rien, et je suis presque incapable de reconnaître un morceau entendu la veille. C’est comme ça. Au téléphone avec A., pour préparer ma résidence à Montauban qui approche : elle me propose de faire connaissance, dès la première rencontre avec le public, avec M., qui est designer sonore …

La trace laissée par des mots minuscules

Sur le fronton d’une maison (un ancien atelier, un genre de garage), on devine un mot : la trace laissée par des lettres détachées depuis longtemps, dont J.-E. me dit : « C’est drôle, c’est le nom du premier mari de ma grand-mère ». Je ne le savais pas. Je lui réponds : « En plus, on est dans la rue …

Torpilleur, touché

Je ne sais pas exactement ce que ce serait, « écrire pour les mômes ». L’un de mes livres est soi-disant pour les enfants – c’est Les bandits – mais, à l’origine, le texte, je l’avais écrit comme s’il était pour moi. J’imaginais qu’il serait lu par des enfants de mon âge, disons, de vingt-huit ans. Et …

Trois jours (et les gens)

Ça a commencé vendredi par une promenade avec Pascale G. sous la dalle des Olympiades ; on sait que les voies ferrées qui ne vont nulle part, ça me botte, et c’était l’occasion rêvée de savoir où elles s’arrêtaient, celles qui sortent de ce tunnel de la rue Régnault pour aboutir dans la gare logistique (béton, …

Les draps de la SNCF

Dans Les Bandits, il est question des draps du train-couchette, volés par les bandits qui dormiront dedans pendant leurs vacances. Un ami m’a fait ce cadeau : d’authentiques draps SNCF 100% coton, avec le logo des années 90 ! Ça pour une madeleine, c’est une belle madeleine. Mais je ne peux pas dire qui m’a …

« D’une tendresse et d’une sensibilité infinies »

« Cette très belle histoire racontée par Antonin Crenn est d’une tendresse et d’une sensibilité infinies. Un album des petites choses du quotidien qui deviendront nos souvenirs les plus prégnants. Beaucoup de pudeur, d’émotions et une manière de raconter toute en finesse et en délicatesse. » C’est Yves Mabon qui le dit, à propos des …