Ce n’est pas moi qui ai écrit cette histoire

Ce n’est pas moi qui ai écrit ce livre, c’est Jean-Noël Blanc, Arnaud Friedmann, Marcelline Roux, Nicolas Vitas, Jackie Platevoet, Éric Pessan, Isabelle Flaten, Lionel-Édouard Martin, Amélie Adamo, Jean-Claude Berutti, Ève Guerra, Raymond Penblanc, Frédérique Germanaud, Jacky Essirard, Benoît Martin, Christine Van Acker, Laurent Cachard, Jacques Josse, Stéphane Padovani et Alain Roussel qui l’ont écrit. Ah oui, et puis moi aussi. Et c’est Jacquie Barral, Mahé Boissel, Émilie Weiss, Marc Bergère, Jean-Louis Pujol, Sarah Jérôme, Winfried Veit, Géraldine Dubois, Jean-Luc Brignola, Anne Bertoin, Régis Gonzales et Sylvie Lobato qui l’ont illustré.

C’était drôle. Daniel Damart, notre éditeur à tous (je parle au nom des personnes sus-nommées) nous a proposé ce jeu pendant le confinement. Une sorte de cadavre exquis. La première phrase du texte est de lui. La suite, c’est un chapitre par personne (je suis le deuxième : hasard du sort).

Joie d’en avoir fait partie, auprès d’auteurs et autrices que j’aimais déjà, et d’autres que j’ai découverts. Plaisir du travail collectif, dans cette sombre époque qui nous empêche d’être ensemble. Écrire, dessiner, ça sert aussi à ça. (Qui a dit : ça sert surtout à ça ?) Merci à Daniel Damart et ses éditions Le Réalgar. Le livre est très beau.

Tu t’appelais Jules, Napoléon, Prosper, et le nom de ton père

Ce n’était pas à Montauban, mais aux Archives de Paris : j’avais cherché cet homme dont on avait perdu la trace. J’en parlais ici, puis . Je n’avais pas appris grand chose de plus.

En vérité, je sais seulement de toi ce que j’ai lu dans les papiers. Tu es né à Épinal. Tu as vécu à Paris, au numéro 1 de la rue des Batailles. Tu t’es marié. Ton témoin s’appelait Adrien, il vivait à la même adresse que toi. Un enfant est né : tu l’as appelé Maurice, Victor, et ton nom. Toi, tu t’appelais Jules, Napoléon, Prosper, et le nom de ton père. Et ce nom-là est aussi celui de ma mère, car c’est elle qui a réuni ces informations : elle a tracé des lignes entre les noms pour montrer qui a enfanté qui. Elle a écrit sous le tien : absent sans nouvelles. Ces mots ne me quittent pas. Mais elle n’est plus là, ma mère, pour me dire où elle a pêché ces mots ; alors j’ai remonté le cours de ses recherches. Tu étais plus jeune que je ne le suis aujourd’hui, quand tu as disparu, l’année où les derniers immeubles de la rue des Batailles sont tombés sous les pioches.

Lettre ouverte à celui qui ne voulait pas faire long feu, Le Réalgar

Ce que je n’ai pas trouvé, je l’ai inventé. J’ai écrit à cet homme une lettre, que vous pouvez lire (tant pis pour le secret de la correspondance) et que vous pouvez reprendre à votre compte, pour l’adresser à qui vous voudrez. Une « lettre ouverte », donc, que Daniel Damart publie dans sa collection du même nom aux éditions Le Réalgar. C’est une joie, c’est une fierté d’être accueilli dans cette maison.

C’est un joli objet, dans son habit gris. On peut le commander chez son libraire préféré ou auprès de l’éditeur, sur son site.