« Nous savons ce que nous voulions dire »

« Que fais-tu ici ?
— Je cherche Paludes pour te l’offrir. »

Je suis tombé sur G. dans le rayon littérature de Gibert, par hasard. Alors on est restés ensemble. Je l’ai accompagné au rayon poche pour trouver mon cadeau qui n’était, de toute façon, pas une surprise, parce qu’il m’avait prévenu :

« Je vais t’offrir Paludes.
— Mais pourquoi ?
— Parce que c’est un livre pour les écrivains qui écrivent. »

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Masculin / féminin (Paris est tout petit)

J’envoie cette photo à G. alors que je marche sur le boulevard Saint-Germain. Je lui écris : « le poulpe du boulevard Saint-Germain », parce que je passe devant cette devanture tandis que j’ai rendez-vous avec lui, et parce qu’il vient de me faire lire une nouvelle dans laquelle il est question d’un poulpe et de son tentacule (parce que « tentacule » est masculin et que, comme je le lui fais remarquer : ça tombe bien). Il me répond : « Moi, j’ai trouvé une licorne » et, en effet, sur la table du café de la rue Champollion où il m’attend, il y a La licorne de Pierre Herbart – la première fois qu’on s’est rencontrés, boulevard Saint-Germain, c’était Contre-ordre sur la table, et c’était moi qui le lisais.

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Quelque chose qui me dépasse

Quand on descend en ville depuis la gare, le premier grand hôtel qu’on trouve au bord de la route est abandonné depuis belle lurette : une piscine, vide, est le repaire de gigantesques plantes farouches, qui poussent à même le béton. C’est beau.

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De la chance

Je me suis levé à cinq heures et, déjà, le ciel pâlissait : c’est parce que c’est l’été. Le plus souvent, on n’a pas l’occasion de le savoir, que le soleil se lève si tôt. Dans la rue de la Roquette, des gens finissent tranquillement leur nuit (l’un dit, en sortant d’un bar : « j’ai envie de rentrer chez moi en trottinette », mais sera-t-il en état de le faire ? Non).

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