Il s’appelle Martin, comme celui du Héros et les autres, car, pour moi, c’est le même Martin. Qui n’a certes pas la même vie – mais dans sa tête, c’est tout pareil. C’est pourquoi je lui ai donné, naturellement, le même prénom. C’est à nouveau Martin, donc, dans ce texte paru dans le numéro 13 …
Archives de la catégorie : Journal
Il faut tout garder
Je leur ai donné rendez-vous aux Philosophes, puisqu’ils m’ont dit qu’ils seraient dans le Marais ce matin. Le Marais, j’ai beaucoup de choses à en dire, mais je les garderai pour moi. Je ne les assommerai pas, eux, avec mes tirades sur le grand capital, ni sur le fléau du tourisme, car je ne les …
Ne choisis pas ton camp, camarade
J’ai connu Guillaume sur Twitter, puis on a pris des cafés, des bières, et publié ces livres ensemble. La nouvelle que j’ai écrite, moi, est née d’abord dans des messages échangés avec lui, à distance. Elle se passe dans un endroit que je n’ai pas visité en vrai, mais exploré sur le site de l’IGN. …
La trace laissée par des mots minuscules
Sur le fronton d’une maison (un ancien atelier, un genre de garage), on devine un mot : la trace laissée par des lettres détachées depuis longtemps, dont J.-E. me dit : « C’est drôle, c’est le nom du premier mari de ma grand-mère ». Je ne le savais pas. Je lui réponds : « En plus, on est dans la rue …
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Ça devient concret
Déjà, quand Guillaume me disait à propos de mon manuscrit : « On y est presque », je pensais : « Oh, ça devient concret. » Et puis, on a vu la première mise en page du livre par Roxane. Je l’ai parcourue en me disant : « Ça devient vraiment concret », parce que je pouvais me rendre compte de la densité des …
Dans une langue que je ne pige pas
J’avais prêté à F. Chambres séparées, de Pier Vittorio Tondelli, en lui disant combien ce livre m’avait bouleversé. Que c’était, pour moi, un souvenir de lecture important. Il m’a rendu le livre en me disant qu’il l’avait lu en plusieurs fois, ménageant des pauses, parce que c’était « un peu trop fort » émotionnellement. J’ai aimé qu’il …
Ventre à terre
Il était « ventre à terre », mais littéralement. Au sens figuré, ça voudrait dire qu’il court comme un dératé, à perdre haleine, à toute vitesse. Mais là, c’était le contraire : il avait relevé ses petites pattes pour les passer en mode hors service : elles ne touchaient plus par terre. Seul le ventre glissait sur le sol, tout …
Châtellerault, roman
À Châtellerault, il y a Guillaume et moi (pour le weekend). À Châtellerault, Guillaume écrit une ode, parce qu’il est poète. À Châtellerault, il y a l’ancienne église Saint-Romain (dont les pierres sont vraiment, vraiment usées). À Châtellerault, j’ai gribouillé ça. Saint-Romain D’abord, le silence. Les pierres déformées, des éponges. Gorgées des voix de ceux, …
Ils jouent le jeu
Soulagé. Je suis soulagé, parce qu’ils ont tous choisi un post-it qui leur fait plaisir. Sur ces petits feuillets fragiles, les précieuses idées qu’ils avaient lancées la semaine dernière : « ce qui pourrait se passer dans ce lieu » (le collège, la ferme, le Stade de France, la tour Pleyel, le tunnel-qui-fait-peur) au fil de notre roman. …
Un dimanche après-midi (deux jours)
Une promenade : la Seine est grise, mais pas le ciel. Sur le quai : C. et L. qui vont dans le sens opposé au nôtre. Un hasard. On leur tombe dessus, on se fait la bise. « Paris est un village », leur dit-on pour rire, car ils sont de province, de passage – et nous avons dîné …
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