Ça passera très vite

Ces derniers jours ressemblent étrangement à une tournée d’adieux. À l’approche de mon départ pour Luçon, on dirait que les gens qui m’aiment s’inquiètent. S’inquiètent-ils – au choix : de ne plus me voir pendant trois semaines ? ou bien de me savoir là-bas pendant trois semaines ? Je dis à certains amis : « voyons-nous avant mon départ en …

« Nous savons ce que nous voulions dire »

« Que fais-tu ici ?— Je cherche Paludes pour te l’offrir. » Je suis tombé sur G. dans le rayon littérature de Gibert, par hasard. Alors on est restés ensemble. Je l’ai accompagné au rayon poche pour trouver mon cadeau qui n’était, de toute façon, pas une surprise, parce qu’il m’avait prévenu : « Je vais t’offrir Paludes.— Mais pourquoi ?— Parce que c’est …

Les mondes réels

« La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide ». Moi, la première fois que j’ai lu Aurélien (dont ceci est le début), j’habitais sur l’île Saint-Louis et j’avais trouvé amusant de faire connaissance avec ce voisin illustre qui n’existait pas, mais qui, d’un coup, pouvait se retrouver dans mon décor à moi, dans mon monde …

Plus long, mais pas trop long

J’essaie de donner du sens aux choses, de les faire échapper à l’anecdote. Il me semble que cette première version des Présents parle bien de ce dont j’avais prévu de parler, avant de l’écrire. Mais, maintenant qu’elle est écrite, c’est le moment de comprendre de quelles autres choses elle parle. Elle dit ceci, certes, mais …

Masculin / féminin (Paris est tout petit)

J’envoie cette photo à G. alors que je marche sur le boulevard Saint-Germain. Je lui écris : « le poulpe du boulevard Saint-Germain », parce que je passe devant cette devanture tandis que j’ai rendez-vous avec lui, et parce qu’il vient de me faire lire une nouvelle dans laquelle il est question d’un poulpe et de son tentacule …

Quelque chose qui me dépasse

Quand on descend en ville depuis la gare, le premier grand hôtel qu’on trouve au bord de la route est abandonné depuis belle lurette : une piscine, vide, est le repaire de gigantesques plantes farouches, qui poussent à même le béton. C’est beau.

De la chance

Je me suis levé à cinq heures et, déjà, le ciel pâlissait : c’est parce que c’est l’été. Le plus souvent, on n’a pas l’occasion de le savoir, que le soleil se lève si tôt. Dans la rue de la Roquette, des gens finissent tranquillement leur nuit (l’un dit, en sortant d’un bar : « j’ai …

Il n’y a pas de grande différence (Rosnay, troisième)

Quand les enfants me demandent « comment je suis devenu écrivain » et que je leur réponds que la question pourrait être, plus justement, « comment je le suis resté », je suis sincère : c’est vraiment ce que je ressens. Il n’y a pas de grande différence entre ce que je fais aujourd’hui et ce que je faisais il …

C’était hier soir aux Mots à la bouche

J’avais le trac, et puis j’ai vu arriver quelques têtes connues (les amis fidèles), moins connues (« les amis de mes amis… », n’est-ce pas ?), pas connues du tout (oh ! faire des rencontres !). D’un coup, ça allait mieux. Il faut dire que l’accueil des libraires est royal : Sébastien et Nicolas ont lu mes livres et les ont …

Il est paru

Ça y est. L’épaisseur du trait. Il est disponible en librairie, il va être lu. Drôle de sentiment. Alors que je continue de me demander si ça valait le coup de me donner du mal pour que cette pauvre chose devienne un livre (en alternance avec des moments où, au contraire, je me demande si …