Le voyage en Amérique (remake)

Un gars en costard dit à son collègue, il est sept heures du matin : « Là, j’ai chopé des pêches plates, écoute, c’est une tuerie. C’est de saison, ça, les pêches plates ? » — je suis dans le RER à sept heures du matin parce que je vais à l’aéroport. J’aime pas ça, l’avion.

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Les mondes parallèles

L’idée qu’on a eue avec J.-E. : se promener en bord de Marne. Et puis, en sortant de la gare à Saint-Maur-des-Fossés, on voit des affiches pour le salon du livre : Saint-Maur en poche. On se dit : « Pourquoi pas ? », et on va voir, histoire de.

Arrivant sur la place des Marronniers : des tentes. Ça a un air de Marché de la poésie : un air familier. Ils se ressemblent tous, ces salons, je me dis. J’ai tort de le penser.

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Ces fantômes

Ce picotement entre les yeux, derrière, et là où le nez devient le front. C’est ça que je ressens. Je suis dans la rue des Francs-Bourgeois et il fait beau, je me dis que c’est le bon moment pour être ici, dans cette rue, cet endroit qui devient tellement épouvantable quand toutes les boutiques sont ouvertes, quand les touristes-de-masse déferlent. C’est vendredi matin. Il y a des touristes sympathiques, seulement. Pas encore les autres. Il y a des femmes de soixante, soixante-cinq ans, qui se promènent par deux ou trois : elles habitent en banlieue et ne connaissent pas Paris aussi bien qu’on pourrait le croire, elles sont de jeunes-retraitées-en-pleine-forme et font une sortie entre copines. Moi, je pense à ma mère. Qui a été retraitée pendant quelques mois et qui suivait assidûment les cours de l’université libre de Saint-Germain-en-Laye, pour rattraper les études qu’elle n’avait pas faites, mais aussi (je ne saurai pas dire « surtout » : je peux seulement deviner) pour tromper l’ennui, et puis pour le petit café qu’elle prendrait avec sa copine, après, en ville. Ce sont des touristes comme ça, ce matin. C’est pour ça que ça me pique.

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Quelque chose qui me dépasse

Quand on descend en ville depuis la gare, le premier grand hôtel qu’on trouve au bord de la route est abandonné depuis belle lurette : une piscine, vide, est le repaire de gigantesques plantes farouches, qui poussent à même le béton. C’est beau.

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De la chance

Je me suis levé à cinq heures et, déjà, le ciel pâlissait : c’est parce que c’est l’été. Le plus souvent, on n’a pas l’occasion de le savoir, que le soleil se lève si tôt. Dans la rue de la Roquette, des gens finissent tranquillement leur nuit (l’un dit, en sortant d’un bar : « j’ai envie de rentrer chez moi en trottinette », mais sera-t-il en état de le faire ? Non).

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« Surprenant de maturité pour certains, surprenant d’inventivité pour d’autres »

Les « écrivains en herbe » de l’Île-d’Elle sont dans la Gazette marandaise de juin – et, du même coup, j’y suis moi aussi, qui dépasse derrière eux sur la photo (parce qu’on met toujours les grands derrière, sur les photos de classe). On voit aussi Grégory, l’instituteur, et Élodie et Stéphanie, les profs du collège.

« Vous connaissez Beugné-l’Abbé ? moi oui »

François Bon a reçu le recueil des textes écrits par les jeunes gens de Saint-Michel-en-l’Herm : les élèves de la maison familiale rurale et ceux du collège où il était, lui, en sixième – ce n’était pas exactement le même collège en ce temps-là, mais quand même.

https://youtu.be/CXmTz72C2os

Il y a les souvenirs d’enfance, et les lieux attachés à ces souvenirs. « J’ai écrit sur la porte de la cuisine qui donnait sur le pont élévateur, ça suffit, qu’est-ce que vous allez chercher d’autre ? » Voilà ce qu’il dit, François, dans la vidéo (à la minute 18’17).

Les quatrième de Saint-Michel-en-l’Herm ont choisi d’autres lieux, écrit d’autres histoires. Par exemple, celle qui s’intitule « Titouan », que François a lue. Merci François.

C’était même balnéaire

Cela faisait, quoi, six semaines que je n’étais pas descendu sous terre, à cause des cinq passées en Vendée, puis de celle qui vient de s’écouler pendant laquelle je ne me suis déplacé qu’à pied et, une fois, en bus, c’est-à-dire au-dessus du niveau du sol ; mais hier soir, on a pris le métro, J.-E. et moi – pour aller à Charenton. C’était une fête chez J.-M. et C., qui sont les parents de R. et S. et qui viennent d’emménager dans cette banlieue qu’on croirait lointaine, mais où, en réalité, ils habitent à une adresse qui se trouve, finalement, à cent mètres environ de leur adresse précédente, à Paris.

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Voilà, c’était beau

Dans le train, de retour pour Paris, je regarde les photos que j’ai prises ce matin à l’école de Rosnay. Les enfants ont exposé et lu leurs textes, c’était une belle fête. Ce qu’on ne voit pas sur les images, ce sont les cookies que l’un d’entre eux a faits exprès pour moi, et que j’ai mangés avant que les invités arrivent, pour ne pas faire de jaloux.

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Prendre le bus (je me souviens de Noirmoutier et de Fontenay-sous-Bois)

J’ai acheté quelque chose d’absurde au vide-grenier. Comme si ma valise n’était pas déjà assez lourde, à cause des bouquins. Mais, j’aime les panneaux, les plaques de rue, quand les lettrages sont beaux. Et là, franchement, c’est beau.

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