Un truc de ouf, vraiment. Je sais pas comment le dire autrement. Il aura fallu que je vienne jusqu’ici, en Californie, pour savoir finalement ce que c’est qu’un héron. A priori, on se dit que les hérons, on connaît ça par cœur. Il y en a partout : au parc de Bercy par exemple, ou dans les marais de Luçon. C’est banal, un héron. Pas exotique pour un sou, contrairement à ces gaufres à poche dont je causais hier. Et pourtant.
Continuer la lectureL’exotisme, quand même
J’ai découvert plusieurs choses exotiques aujourd’hui.
La première, c’est qu’on a déjeuné dans un shopping mall qui était, ma foi, agréable – et je sais combien cette remarque peut sembler étonnante, surtout quand on me connaît, mais franchement l’endroit était chouette. C’était en plein air : une rue bordée de magasins qui ressemblent à des maisons. J’ai trouvé ça cent fois moins kitsch que, disons, Bercy village par exemple. On est aux États-Unis, après tout, donc c’est normal de voir ces petits temples de la consommation, bien plus normal qu’à Paris ; et celui-ci était chouette, pas prétentieux du tout. Surtout que le ciel était bleu, qu’on a déjeuné dehors, au soleil. Voilà, je le dis une fois pour toutes : j’ai pris du plaisir dans un centre commercial.
Continuer la lectureLa vie domestique
Souvent, j’aime quand ça ne change pas. Quand je connais, puis quand je reconnais. Ce que j’aime, à venir ici, c’est que j’y suis comme chez moi (c’est J. et J. qui me le disent sans cesse : « Tu es chez toi »). Oh, bien sûr, je ferai quand même des découvertes : je me promènerai dans la ville, chaque jour, pour voir les coins qui me plaisent, et je tomberai sur des trucs que je n’avais jamais vus. Exactement comme je le fais à Paris.
Continuer la lectureLe voyage en Amérique (remake)
Un gars en costard dit à son collègue, il est sept heures du matin : « Là, j’ai chopé des pêches plates, écoute, c’est une tuerie. C’est de saison, ça, les pêches plates ? » — je suis dans le RER à sept heures du matin parce que je vais à l’aéroport. J’aime pas ça, l’avion.
Continuer la lectureLes mondes parallèles
L’idée qu’on a eue avec J.-E. : se promener en bord de Marne. Et puis, en sortant de la gare à Saint-Maur-des-Fossés, on voit des affiches pour le salon du livre : Saint-Maur en poche. On se dit : « Pourquoi pas ? », et on va voir, histoire de.
Arrivant sur la place des Marronniers : des tentes. Ça a un air de Marché de la poésie : un air familier. Ils se ressemblent tous, ces salons, je me dis. J’ai tort de le penser.
Continuer la lectureCes fantômes
Ce picotement entre les yeux, derrière, et là où le nez devient le front. C’est ça que je ressens. Je suis dans la rue des Francs-Bourgeois et il fait beau, je me dis que c’est le bon moment pour être ici, dans cette rue, cet endroit qui devient tellement épouvantable quand toutes les boutiques sont ouvertes, quand les touristes-de-masse déferlent. C’est vendredi matin. Il y a des touristes sympathiques, seulement. Pas encore les autres. Il y a des femmes de soixante, soixante-cinq ans, qui se promènent par deux ou trois : elles habitent en banlieue et ne connaissent pas Paris aussi bien qu’on pourrait le croire, elles sont de jeunes-retraitées-en-pleine-forme et font une sortie entre copines. Moi, je pense à ma mère. Qui a été retraitée pendant quelques mois et qui suivait assidûment les cours de l’université libre de Saint-Germain-en-Laye, pour rattraper les études qu’elle n’avait pas faites, mais aussi (je ne saurai pas dire « surtout » : je peux seulement deviner) pour tromper l’ennui, et puis pour le petit café qu’elle prendrait avec sa copine, après, en ville. Ce sont des touristes comme ça, ce matin. C’est pour ça que ça me pique.
Continuer la lectureQuelque chose qui me dépasse
Quand on descend en ville depuis la gare, le premier grand hôtel qu’on trouve au bord de la route est abandonné depuis belle lurette : une piscine, vide, est le repaire de gigantesques plantes farouches, qui poussent à même le béton. C’est beau.
Continuer la lectureDe la chance
Je me suis levé à cinq heures et, déjà, le ciel pâlissait : c’est parce que c’est l’été. Le plus souvent, on n’a pas l’occasion de le savoir, que le soleil se lève si tôt. Dans la rue de la Roquette, des gens finissent tranquillement leur nuit (l’un dit, en sortant d’un bar : « j’ai envie de rentrer chez moi en trottinette », mais sera-t-il en état de le faire ? Non).
Continuer la lecture« Surprenant de maturité pour certains, surprenant d’inventivité pour d’autres »
Les « écrivains en herbe » de l’Île-d’Elle sont dans la Gazette marandaise de juin – et, du même coup, j’y suis moi aussi, qui dépasse derrière eux sur la photo (parce qu’on met toujours les grands derrière, sur les photos de classe). On voit aussi Grégory, l’instituteur, et Élodie et Stéphanie, les profs du collège.
« Vous connaissez Beugné-l’Abbé ? moi oui »
François Bon a reçu le recueil des textes écrits par les jeunes gens de Saint-Michel-en-l’Herm : les élèves de la maison familiale rurale et ceux du collège où il était, lui, en sixième – ce n’était pas exactement le même collège en ce temps-là, mais quand même.
Il y a les souvenirs d’enfance, et les lieux attachés à ces souvenirs. « J’ai écrit sur la porte de la cuisine qui donnait sur le pont élévateur, ça suffit, qu’est-ce que vous allez chercher d’autre ? » Voilà ce qu’il dit, François, dans la vidéo (à la minute 18’17).
Les quatrième de Saint-Michel-en-l’Herm ont choisi d’autres lieux, écrit d’autres histoires. Par exemple, celle qui s’intitule « Titouan », que François a lue. Merci François.
