Je ne peux pas me plaindre

Oui, c’est vrai qu’il fait gris à Montauban : il a même plu. Oui, c’est vrai que j’avais pris cette habitude (déjà) : après déjeuner, devant ces fenêtres plus grandes que moi et ouvertes face à soleil, je me faisais griller doucement la peau. C’était bien. On a perdu dix degrés ce matin, mais, si c’est cela …

Je fais au moins ça

Et si aujourd’hui était un jour sans ? Je n’ai pas ajouté une ligne au texte commencé hier, qui m’avait pourtant fait plaisir. J’ai passé du temps sur cet écran, à parcourir des papiers qui ne sentent même pas la poussière. J’y ai lu le désarroi d’un conseiller municipal de Montauban qui se demande, le 10 mai …

Des nouvelles de Jean (mais pas de Jacques)

J’ai pris des nouvelles de Jean et de Jacques, que j’ai rencontrés la semaine dernière dans le registre de recensement militaire de la classe 1870. On le sait : ils sont nés en 1850 à Montauban et ils ont été enrôlés ensemble. Je suppose qu’on les a envoyés aussitôt à la guerre, mais ils n’y sont …

La cote W (depuis longtemps prévisible)

François m’a dit qu’il avait eu du mal à retrouver un truc sur mon site : un article perdu au fond de la botte de foin. Je sais que nous avons tous le même problème, nous autres qui écrivons sur des blogs : les derniers articles sont les seuls visibles, puis ils sont remplacés par les suivants …

Dans les circonstances douloureuses que nous traversons

Je voulais savoir : que se passait-il à Montauban, pendant ce temps ? Je veux dire : pendant que Jean Larroque agonisait dans une ambulance à Argenton-sur-Creuse et que Jean Marty épuisait ses dernières forces au Val-de-Grâce : à quoi donc ressemblaient les jours, dans la ville qui avait vu ces petits garçons devenir des hommes ? L’armée de l’Empire …

Dans le bain (combien de bains ?)

Il est déjà 17 heures : je n’ai pas vu le temps passer. J’étais absorbé par mes lectures et, avec tout ça, je ne suis pas sorti. Comment donc : « c’est normal » ? Mais oui, c’est vrai : personne n’est sorti, puisque c’est interdit. J’oubliais presque l’état d’angoisse qui s’est abattu sur le monde au-dehors – que dis-je ? qui …

« Il y aura eu cette histoire qui va se transmettre »

Une sorte de fascination pour les archives. Pour l’accumulation des traces, indices minuscules qui contiennent des histoires. J’avais envie de visiter cette exposition, alors, pour voir en vrai des œuvres de Boltanski que je ne connaissais que par le discours qui les entoure. Les reliques fragiles contenues dans ces vitrines, comme dans les vitrines du …

J’avais envie de regarder des photos

J’ai commencé le livre de Marie-Hélène Lafon, Sur la photo, en pensant que certains passages pourraient me servir de références pour l’atelier d’écriture de Montauban. À propos de l’archive intime. Il s’agit de fragments d’une vie, dans un ordre dispersé : cet homme observe des photos, les classe, écrit leur histoire. Je l’ai commencé juste avant …

À tu et à toi

Le projet est dans ma tête, j’y pense, mais je n’ai pas commencé à l’écrire. Je me disais : il faut d’abord que je sache mieux où je veux aller. Quitte à m’apercevoir en cours de route (voire : quand tout sera fini) que je n’ai pas été dans la direction que je prétendais suivre. Cela n’a …

Choses vues, Montauban

« Nous sommes un petit centre d’archives, nous n’avons que deux kilomètres de documents », dit K. en montrant les rayonnages. Moi, je trouve que c’est déjà pas mal, deux kilomètres. Parce qu’il s’agit seulement de l’épaisseur de ces papiers serrés les uns contre les autres – mais, si on voulait lire ces papiers, il faudrait les …