Y avait des mouflets dans son armée, à Napoléon ?

Un hussard, c’est un soldat à cheval qui porte un shako et un dolman. Un shako, c’est une sorte de képi orné d’une plume, qu’on appelle un casoar. Quant au dolman, c’est une veste très ajustée à la taille, ornée de brandebourgs. Et un brandebourg, c’est une variété de passement sophistiqué. Vous voyez : je me …

Appelons ce chapitre : « les années Montmartre »

Jules habitait au 1, rue des Batailles ; son immeuble a été démoli quelques années plus tard, en même temps qu’il a disparu lui-même sans laisser d’adresse. C’est en 1862 qu’il quitte la rue des Batailles, en épousant Elmina qui habite Montmartre (au 8, rue Durantin). Jules et Elmina ont un fils, qu’ils appellent Maurice : il …

Et le double se dédouble

Je n’ai pas de raison de m’intéresser à cette famille. Ses membres ont vécu dans les quartiers de Paris que je n’aime pas : Monceau, les Ternes, Chaillot. Les parents sont professeurs de solfège et de chant ; moi, la musique, je n’y connais rien. La danse m’est étrangère ; il paraît que les théories du père sur …

Escamotée par les circonstances

Je ne reconnais pas le restaurant Voyenne. Sur quel côté de la place Voltaire se trouve-t-il ? Je le cherche dans mon annuaire téléphonique de 1930 : il n’existe plus (la photo, elle, date de 1918). Je connais un bâtiment un peu semblable au coin de l’avenue Parmentier (le rez-de-chaussée surélevé, les garde-corps en pierre). Je vérifie …

Personne ne s’appelle Johnny

Le père du garde-barrière ne s’appelle pas Johnny. Il s’appelle François-Joseph-Marie : c’est écrit sur l’acte de naissance d’Yves, qui n’est pas encore garde-barrière et qui n’est pas encore le père de mon grand-père. Il est seulement un bébé, qui naît en 1884 à Saint-Pol-de-Léon. Sa mère s’appelle Anne. Personne ne s’appelle Johnny dans cette …

Ils portent le nom de ce qu’ils sont

Je suis comme Théo dans Les présents : j’aime que les lieux portent le nom de ce qu’ils sont, ou de ce qu’ils ont été. La rue de l’Ancienne-Voie-de-Chemin-de-Fer, ça me cause. Ce n’est pas subtil, mais ça dit que ce que ça veut dire : ici, autrefois, passait la ligne qui menait à Plougoulm et, au-delà, …

Parce que je ne sais pas faire autrement

J’avais cru que je me contenterais de feuilleter ces carnets, j’étais curieux de les rouvrir, et c’est tout. Mais les semaines passent et je suis toujours plongé dedans. Ça me fascine : ce que j’écrivais à seize, à dix-sept ans. Je reprends au clavier ce journal manuscrit, presque sans le corriger : je retire les parasites, je …

Otto avait quatre camarades

Je ne sais pas qui est Otto. Dans la douzaine de livrets (au-dessus du titre Soldbuch, un aigle avec la croix gammée), aucun des soldats ne s’appelle Otto. Il est difficile de déchiffrer les prénoms, mais manifestement ce n’est jamais Otto. Ces types sont nés en Ouzbékistan ou au Turkménistan et ils signent leur nom …

Tu t’appelais Jules, Napoléon, Prosper, et le nom de ton père

Ce n’était pas à Montauban, mais aux Archives de Paris : j’avais cherché cet homme dont on avait perdu la trace. J’en parlais ici, puis là. Je n’avais pas appris grand chose de plus.

Je pense à la maison manquante

« Quand tu entres par la cour, ici c’est le premier étage. Mais, nous, on dit que c’est le deuxième, parce qu’on entre par la rue d’en bas », m’explique D. en me montrant les beaux salons. Puis on visite les caves voûtées, on traverse cette fameuse rue, on fait le tour du cloître, on dit bonjour …