Pourtant ce marin me sauve

Il a le sourcil droit plus haut que le gauche. Quand les miens ne sont pas symétriques, c’est dans l’autre sens : je sais lever le gauche en fronçant le droit. Lui, je ne crois pas qu’il le fasse exprès : sa pose n’est pas forcée. Il regarde au loin parce que le photographe lui a dit de ne pas fixer l’objectif, de faire comme s’il contemplait la mer. La mer, ça le connaît. Il est matelot, il porte un bonnet à pompon (le bachi), la jugulaire passée dessus, en travers, ligne blanche sur fond sombre, souligne l’axe de ses yeux : la tête très légèrement tournée. Les poings serrés (une bague à chaque main, mais pas au même doigt). Les ombres, le contraste du noir et blanc : sa bouche épaisse, très foncée, le reflet brillant sur la lèvre inférieure, un éclat — noir, blanc. Tout autour, le visage, la peau, une infinie douceur de gris.

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On m’a fait grandir ainsi

« Tu ne marches pas, tu sautilles. Tu gambades. Je ne te demande pas si tu vas bien : ça se voit. » Il a raison (j’ai rendez-vous avec L. dans le quartier de l’Horloge, on ira boire un café juste après, il remarque mon chapeau et dit que je soigne mon style, il ne se moque pas, ce n’est pas dans son caractère) : c’est vrai que je me sens léger, une sorte d’euphorie douce. Je lui explique : « Ça marche plutôt bien pour moi, je vais te raconter ce qui s’est passé, ça dure encore, je crois que l’effet se prolonge plusieurs jours. » Je m’y étais pris à deux fois. La première, c’était déjà un grand pas de franchi (un tout petit pour l’humanité mais, pour moi, un immense) : j’allais au-devant de l’autre, je sortais de ma réserve et je m’apercevais que ce n’était pas si difficile ; la deuxième fois, j’ai osé un pas de plus : ç’aurait été trop dommage de rester sur le seuil alors que j’avais la certitude d’être attendu. J’aurais été déçu de ne pas. Déçu par moi, puisque je me trouvais au bon endroit, entre de bonnes mains (j’avais confiance). Il ne restait plus qu’à me faire confiance, à moi. Faire coïncider un désir avec un désir. C’était possible, c’était facile. J’explique à L., qui a déjà compris : « Je me suis senti attendu, c’est ça le secret. »

Personne ne m’attend quand j’écris : des heures ou des années passées en solitaire, pour finir par balancer un texte sur ce blog, ou pire, un livre dans les limbes, et espérer que quelqu’un l’attrape au vol. Alors… savoir qu’on m’attend quand même, ailleurs, autrement, autre part, pour d’autres raisons : ça m’encourage aussi. L’axiome « si on aime me lire, on m’aime moi » est un poison, mais, pris dans l’autre sens, il est le remède : si on m’aime pour moi, ça vaut le coup que j’écrive. Une histoire de confiance. Depuis quelques jours, j’avance dans Rue des Batailles à toute vitesse, alors que je galérais juste avant, que je tirais à la ligne. L’écriture et moi, on se tournait autour, on se cherchait des yeux, mais on n’osait pas. Et puis, soudain : le petit pas, le grand saut. Je viens d’écrire un chapitre en apesanteur, sans respirer, dans une direction que je n’avais pas prévue, je suis sûr que le résultat sera bancal, un peu perché, mais c’est comme ça que j’écris bien, quand c’est l’écriture qui me pousse vers la sortie pour que je m’échappe du programme établi, ou qui me tire par la manche avec un sourire aguicheur en disant : « Viens voir ce qui se passe ici, ça va te plaire, fais-moi confiance » ; alors je répète intérieurement : « Fais-toi confiance » et je rapplique direct, je dis oui les yeux fermés, il fallait seulement que je m’autorise la liberté, que je ne sois pas timide, que je fasse confiance à mon désir, à mon plaisir. Et là, c’est trop bon.

On m’a fait grandir ainsi : on me disait que j’étais beau (mais un peu chiant aussi) et que les choses que je faisais en valaient la peine ; qu’il fallait que je fasse selon mon envie, mais sans caprice, en me donnant du mal ; on m’encourageait dans mes efforts. On m’aimait, on me faisait confiance. J’ai été habitué à ça — alors je ne sais pas vivre autrement.

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Le désir qui cherche sa scène

Je n’avais pas remarqué tout de suite les pointillés : une rue brève, qu’il serait question de prolonger à travers les maisons, les jardins. Les lignes sont tracées par-dessus les blocs hachurés, des zones emplies de petits points irréguliers. Je vois ça sur les plans des années 1860. Je ne les avais pas remarqués car, ce qui m’intéressait d’abord, c’était l’adresse de Jules : Calle de San Cosme y San Damián, numéro 6. Je l’ai visitée sur Street View, je pense qu’elle n’a pas beaucoup changé, je n’y connais rien en architecture espagnole, j’ai vaguement lu deux-trois trucs sur l’urbanisme de Madrid, je me dis : « À vue d’œil, les murs dans lesquels Jules a vécu sont intacts. » Bon. J’ai le décor. Un truc doit se passer sur cette scène. Il faut écrire quelque chose avec ça. Je voudrais un chapitre bref, dense. J’observe le plan encore : alors je vois les lignes pointillées. Une rue qu’il s’agissait de prolonger, donc, en passant au travers des voisines. Comparant avec le plan d’aujourd’hui, je comprends que ça n’a pas eu lieu. Ils ont creusé un pâté de maisons, c’est tout. Laissé les autres tranquilles. N’empêche : les années où Jules a vécu dans cette rue, les immeubles alentours étaient en sursis, destinés à la démolition. Ça raconte quelque chose. C’est la seule chose qui m’intéresse, même.

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C’est inventer un rituel

Je ne souhaite pas « Bonnes fêtes » aux gens que je ne connais pas assez pour savoir, avec certitude, qu’ils ont prévu de faire la fête prochainement. Je dis sans scrupule « Bonne journée » à de parfaits inconnus, car je suis sûr que tout le monde devra passer ladite journée, tant bien que mal, quelle que soit la manière envisagée. Je leur dis en substance : « J’espère que cette journée sera bonne pour vous, selon vos propres critères d’évaluation. » J’estime que mon vœu est gentil sans être intrusif. Tandis que la « fête »… mais qui fait la fête ? Je dis, à mes amis qui célèbrent Noël : « Joyeux Noël ! » — parce qu’ils ont prévu une soirée spéciale avec des gens qu’ils aiment. À d’autres, qui n’ont rien organisé de particulier, je ne dis rien. Ou bien, je leur dis ce que je dirais à n’importe quel moment : « Tiens, j’ai pensé à toi en voyant tel truc, je me suis dis que, etc. » Ceux qui n’ont pas de gosses ne tiennent pas à attendre le Père Noël, leurs chaussons posés au pied d’un sapin mort, en tartinant sur des toasts le foie malade d’un canard mort. Il y a des gens qui aimeraient jouer encore le rôle des gosses et se laisser gâter par des adultes, mais tous les adultes de leur famille sont morts et ils s’aperçoivent, soudain, qu’ils sont eux-mêmes des adultes. Il y en a qui dépriment sec à Noël. Moi, ça va. Avec J.-E., nous n’avons pas tué de sapin. Nous avons fait frémir une grande marmite de légumes racines en attendant J. qui est venue avec des préparations savantes, dorées avec amour, et nous avons siroté ensemble quelques boissons à bulles. C’était gai. On s’arrange pour que ce joyeux dîner ne ressemble pas aux Noëls d’antan : on s’épargne l’épreuve d’une pâle copie de nos Noëls en famille, où les absences ne seraient que plus criantes : les chaises vides nous sauteraient aux yeux (j’ai failli écrire : à la gorge). À quoi bon compter les disparus ? On pense à eux n’importe quand, et souvent. Pas besoin de les commémorer à date fixe, pas besoin d’un calendrier inventé par d’autres que soi, nous avons chacun notre petite horloge intime, les petits coups de marteau sur le gong, ding ding, dans la tête, juste-là derrière les yeux, parfois, ça lance, ça tape un peu.

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Vous n’avez donc pas d’état ?

Je n’avais rien compris à ce tableau, je me disais : « On verra bien. » J’ai vu, mais je n’ai toujours pas compris si je devais de l’argent à l’Urssaf ou si elle m’en devait. Puis, j’ai reçu un appel à cotisations, alors j’ai payé les 259 euros demandés. Ensuite, j’ai reçu 750 euros, tombés directement sur mon compte bancaire sans passer par les cases « courrier » ni « notification sur le site de l’Urssaf » : je fouille toutes les rubriques, je ne vois nulle part ce chiffre, il ne correspond à rien. Je n’ose pas me réjouir du cadeau, de peur qu’on me demande de le rendre. Entretemps, j’ai trouvé un autre chat à fouetter. Ledit chat a ouvert les hostilités d’un méchant coup de griffe. Il s’appelle Ircec, je n’avais jamais entendu parler de lui. Papier à en-tête avec logo, mais aucune explicitation de l’acronyme, encore moins de présentation de l’établissement, de ses missions, de la raison pour laquelle il a l’honneur de solliciter mon obole. Pas de « bonjour » non plus. Seulement une ligne de tableau et l’injonction à régler 1455,76 euros dans le mois. Ces gens-là sont bien placés pour savoir combien je gagne, et donc : que ça va être chaud. Je peste. J’y mettrais sans doute plus de cœur si l’on m’informait de la destination de mon pognon — en fait, j’ai commis la faute de toucher une grosse bourse l’an passé (celle de ma résidence Île-de-France) : j’ai dépassé un plafond et je dois être puni. Sur le site de cette institution, j’apprends que c’est en rapport avec la retraite. Et on peut choisir de cotiser deux fois moins en cochant une case. Ah bon ? Ce doit être un piège… S’il suffit de dire « Je préfère ne pas » pour être épargné, ça semble trop facile, il doit y avoir une contrepartie (souvenez-vous du pacte de Faust avec Méphistophélès).

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Je nage, plus à mon aise que dans l’eau véritable

J’ai fait comme Théo dans Les présents (une fille me demande si mes livres sont autobiographiques et je lui réponds que, d’une certaine manière, les personnages me ressemblent, mais j’aurais dû ajouter : « et réciproquement », car aujourd’hui c’est moi qui imite Théo), j’ai fait comme lui au métro Mairie-de-Montreuil : j’ai pris la rue Pierre-de-Montreuil. Je ne suis pas allé jusqu’au parc Montreau qui s’appelait autrefois « parc de Montreuil » (je l’ai lu sur des plans historiques), j’ai bifurqué dans la rue Lenain-de-Tillemont, du nom d’un historien qui possédait un domaine ici, un parc qui n’existe plus désormais. On a construit un collège sur ce terrain et, en face, on a aménagé un parc à l’emplacement d’une usine : un parc de moins, un de plus. Les Grands-Pêchers sont des tours d’habitations ; plus loin, les fameux murs abritent encore du vent les petits pêchers. Un château d’eau. Il fait beau. Je suis en promenade et, pourtant, je vais bosser : le goût de ce paradoxe encore.

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On rêve de la coquecigrue, de la licorne

Quand on parle de lui, les yeux brillent, le sourire hésite : on se demande s’il faut faire semblant d’y croire (passer pour un naïf) ou l’évoquer avec détachement (au risque de l’ironie) : « J’aime me bercer d’histoires, mais je ne suis pas dupe. » Le goût du mythe. On parle de lui comme on parle du yéti (personne n’est assez crédule pour en avoir peur, mais on joue à se donner des frissons) ou du dahu (on raconte son histoire pour rire, au cas où quelqu’un tomberait dans le panneau). On ose à peine évoquer cette créature légendaire, mais on pense à elle quand on s’ennuie sur les salons. Elle dépasse en réputation tous les autres visiteurs : les amis, les copains de copains, les gens qui vous suivent sur les réseaux, les voisins de tablée, les auteurs ou aspirants qui tournent autour de la maison. On les attend, on les espère, sans surprise. Pourtant, on les aime. Comment ne pas ? Je suis cette personne-là. J’achète les livres de mes amis. J’en achète d’autres parce qu’on me dit : « Tu vas aimer, aie confiance, crois-moi » (le regard hypnotique). J’achète le livre de quelqu’un dont j’ai lu le travail en ligne ou que je suis, de loin, sur les réseaux : à force de voir passer sa tête sur mon écran, ou d’échanger des messages et des cœurs, je finis par me demander à quoi ressemble sa littérature. J’achète parfois deux ou trois livres sur une même table, me disant : « J’aimerais travailler un jour avec ces gens-là. » Ainsi se comportent nos lecteurs, nos lectrices. On s’en plaint ? Non. Mais on rêve de la coquecigrue, de la licorne. Et je l’ai vu arriver, cet animal fantasmatique, alors que je papotais avec Guillaume attendant le chaland. Ce loup-garou avait un beau sourire. Il a regardé les livres. Il s’est attardé sur l’un des miens. Guillaume lui a dit : « L’auteur est ici » et j’ai confirmé : « C’est moi. » J’ai fait connaissance avec l’animal, en douceur, à tâtons. Je l’ai sondé sans l’effaroucher : je lui ai demandé, en substance, pourquoi il se trouvait devant moi. Je voulais qu’il confirme mon intuition — qu’il affirme sa nature prodigieuse : il était ce lecteur curieux sortant de nulle part. Il a trouvé mon livre attirant, il l’a acheté, j’ai demandé son prénom, j’ai composé une dédicace pas trop bête, on a parlé encore un peu, il est parti. J’ai regardé Guillaume. J’ai dit : « Il existe vraiment. » Les jours d’après, j’ai surveillé les réseaux : allait-il s’abonner à moi ? Non. Ce n’était même pas un plan drague. Ça ne m’aurait pas déplu (il avait une jolie gueule, le dahu !), mais ça aurait faussé la pureté littéraire du moment : la magie soudaine, la curiosité, l’apparition et la disparition.

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La ville avait l’air d’un gâteau doré dans ses remparts

Une lumière vive éblouit soudain, puis disparaît. Jour, nuit. La revoici aussitôt occultée. Et ainsi de suite : un lever du jour en dents de scie. À l’est, ce sont les montagnes. Je me trouve entre Valence et Orange, à vue de nez (je calcule par rapport à l’horaire de mon train). Je lis. J’ai hésité à emporter Contre l’oubli ; Henri Calet est certes un bon compagnon, mais peut-être ai-je tort de lire des chroniques parisiennes pendant mon voyage ? Un manque d’exotisme sans doute. J’arrive pourtant sur une page qui me dépayse : l’auteur retourne dans le village où il a passé les années d’occupation, il retrouve ses camarades blessés et se souvient des disparus. Il écrit : « La voie ferrée suit la RN 7 que j’ai parcourue bien souvent. » Et : « Aux approches de Montélimar, on a vu des maisons détruites. » J’ouvre l’appli Plans sur mon téléphone : le GPS me localise en pleine Drôme, sur la voie empruntée par le train de Calet. Une coïncidence. Pour lui, c’est un pèlerinage. Pour moi ce matin, il s’agit d’une première fois : je suis invité à Carpentras pour parler de « l’auteur et le territoire » : comment on rencontre un lieu et les gens qui l’habitent, et comment ça se transforme en écriture, ces expériences-là.

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À peine avait-on mentionné son nom qu’il s’évanouissait à nouveau

Je n’ai pas senti le feu, comment dire, la flamme, le truc magique. Chaque fois, je me dis que la séance qui commence pourrait être une de ces parenthèses, un de ces moments suspendus : une écoute, une curiosité, et soudain la réaction chimique se produit. Je sens des ailes me pousser. Alors j’ose tout. J’en parle à M. en sortant du collège : l’an passé, avec les Sixième de La Courneuve, on a lu Aragon, c’était trop bon. « Je me suis fait plaiz’ et eux aussi, ils ont kiffé » (oui, c’est moi qui parle comme ça quelquefois). À la même époque, je travaillais au lycée, et cette magie était impossible avec ma classe de Seconde. Ça n’aurait pas pris. Les Cinquième d’aujourd’hui, je les sens bien. Je n’ai certes pas éprouvé le frisson, mais c’était cool. Ils sont un peu chiants, mais mignons. Une poignée d’entre eux a participé au projet avec Béatrice l’année dernière : ils ont filmé leur collège avant démolition. Un môme résume ce travail en une phrase : « On a filmé des lieux, là où il y avait des souvenirs. » Les bâtiments seront détruits cette année. Il fallait documenter tout ça. « Faut que j’aille voir avant que tout ça ne disparaisse*. » On ne sort pas de là. Je passe ma vie dans cette entreprise, pourtant vouée à l’échec, je le sais. C’est une tentative : Tentative d’épuisement, etc. Quand j’étais gosse, moi aussi, mon collège a été démoli et rebâti : j’ai passé mon année de Sixième (et de Cinquième ?) dans des locaux d’attente, à l’emplacement de l’ancienne gare du Pecq. Voilà le point de départ de Terminus provisoirece manuscrit achevé désormais, qui deviendra un livre un jour (c’est mon désir et celui de l’éditeur), mais quand ? Les Cinquième que je rencontre aujourd’hui ne le liront pas. Mais il faudra que je leur en parle, quand même. Afin qu’ils sachent qu’on travaille sur le même sujet, eux et moi.

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Les conditions propices à cette bifurcation

Nous pouvons parler de mille choses, lui et moi, je le sais, j’ai déjà vérifié cette magie : ça ne marche pas avec tout le monde, mais c’est chouette lorsque ça arrive, la conversation est animée, fluide, et jamais banale. Il est le genre de personne qui ne s’encombre pas de lieux communs : il attaque aussitôt par un sujet qui lui tient à cœur, de sorte qu’il parle avec enthousiasme, montre le meilleur de lui. Puis, soudain, il vous demande (vous regardant droit dans les yeux) : « Et toi, comment vas-tu ? » Sa question, il ne la pose pas avec désinvolture en même temps qu’il vous fait la bise ; il la pose à la dixième minute, quand il est prêt à vous écouter vraiment. Alors, que faire ? On répond, car on ne souhaite rien de mieux : parler de soi. Et entendre l’autre parler de lui.

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