Jeudi 16 mars 2006

Chose inexplicable : É* n’était pas à la cantine à 11h30, ni à 12h30… Comment est-ce possible ? Mais cet après-midi, il avait cours dans une salle en face de la mienne. Je l’ai observé depuis le couloir. Très sérieux, il n’a pas levé les yeux de sa feuille. Absorbé par son travail… comme tous ses collègues, d’ailleurs. Je l’ai trouvé beau.

En expression plastique, je me suis trouvé bon, ce qui est rare.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no7 (intitulé Vincent, Alexandre, Édouard et les autres, 29 novembre 2005 – 18 mars 2006), j’ai dix-sept et dix-huit ans.

Mercredi 15 mars 2006

En design d’espace, je discute beaucoup avec Delphine. Ce n’est pas sérieux…

Internet est en panne. Dommage, car je serais allé sur Rezo-G ce soir, et j’aurais abordé É*. Avec humour. Et un peu de mystère. Il aurait été surpris. Ç’aurait été bien. Dommage (ou peut-être : tant mieux).


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no7 (intitulé Vincent, Alexandre, Édouard et les autres, 29 novembre 2005 – 18 mars 2006), j’ai dix-sept et dix-huit ans.

Mardi 14 mars 2006

Ce matin, nous apprenons que Mme Bonhivers est absente. Pour les autres élèves, ça signifie : quatre heures de vacances. Pour moi, ça signifie : je vais pour déjeuner à la cantine à 11h30, c’est-à-dire en même temps que les BTS com’…

Bon. Je rate mon coup. Pour une raison qui m’échappe, É* déjeune à 12h30. Je rate aussi l’occasion de le voir au BDE.

Je dédramatise.

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Lundi 13 mars 2006

matin

Un rêve dérangeant. Je suis encore un gamin. Je suis à la maison. Il y a maman tout près de moi. Je ne sais plus de quelle façon papa se manifeste : s’il sonne ou non à la porte ; mais je suis sûr de sa présence. Il est derrière la porte. Je lui parle à travers cette porte. Je suis malheureux et en colère de ne pas pouvoir le voir. Puis, il s’en va. Constatant mon désarroi, maman me dit : « Tu attends quelqu’un qui ne viendra jamais. » Je lui réponds qu’elle a tort, qu’il n’est pas trop tard. Pourquoi donc ne puis-je pas le voir ? Maman m’explique qu’une personne qui a changé d’identité, comme lui l’a fait, ne peut plus prétendre s’occuper de moi comme un père. Oh. Mais… certes, je comprends… mais tant pis, s’il ne peut plus être « mon père » ! Tout ce que je voudrais, moi, c’est le voir. Rien que le voir.

Je n’aime pas ces rêves. Cela m’arrive régulièrement. Je rêve qu’il est encore en vie et que je suis empêché de le voir.

soir

Je suis un moins que rien. Un sous-homme. Trois occasions manquées, aujourd’hui. À chaque fois : le temps que je me décide, c’est déjà trop tard.

Je ne suis même pas sûr que ce garçon me plaise. En fait, il ne me plaît pas vraiment (oh… quoique…), mais je me suis mis en tête qu’il fallait que je le connaisse et, à présent, il m’obsède.

Je sais que je suis obsessionnel, ce n’est pas nouveau. Ces derniers jours, je n’ai rien fait d’autre que répéter tout ce que je devais lui dire ; ou imaginer ce que serait ma vie si j’étais avec lui. Ce nouveau monde qui s’ouvrirait à moi quand j’aurai un garçon dans ma vie ! On partagerait tout. On se verrait après l’école, j’irais chez lui, on ferait l’amour, on prendrait un café en tête-à-tête pour se raconter nos vies, j’apprendrais à connaître son monde, je parlerais de lui aux copines, je le présenterais à maman, je découvrirai toutes ces choses qui existent autour de moi auxquelles je n’ai pas encore eu le droit.

Je suis bien conscient du fait que ce dernier paragraphe est affreusement naïf et fleur bleue, mièvre et gnangnan. Tant pis.

De deux choses l’une : soit je me le sors de la tête ; soit je vais le voir, au plus vite.

Plus j’attends, plus c’est difficile. Idéalement, j’aurais dû lui parler la première fois, spontanément. Nous serions déjà amants à l’heure qu’il est.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no7 (intitulé Vincent, Alexandre, Édouard et les autres, 29 novembre 2005 – 18 mars 2006), j’ai dix-sept et dix-huit ans.

Dimanche 12 mars 2006

Pas grand-chose à raconter. Je travaille, avec plus ou moins de bonheur.

Demain matin : pas cours. Le prof de com’ est absent. Et à midi : É* ?

Pensant que notre Bazart se vendrait bien dans les classes de BTS com’, Delphine a confié un paquet du journal à un mec de deuxième année, pour qu’il le vende à ses collègues. Bonne idée. Je me suis chargé de faire de même avec les première année… histoire de donner une raison supplémentaire d’aborder É*.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no7 (intitulé Vincent, Alexandre, Édouard et les autres, 29 novembre 2005 – 18 mars 2006), j’ai dix-sept et dix-huit ans.

Samedi 11 mars 2006

Malgré la grande fatigue qui m’assaille ces temps-ci, je trouve le courage de me lever tôt ce samedi ; je vais à l’atelier de gravure à l’école. C’est la première fois. Il y a aussi Célie, Camille, Delphine et Kim. La gravure me plaît beaucoup et je suis assez satisfait de mon travail. Je reviendrai.

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Vendredi 10 mars 2006

Il y avait Vincent dans le train, ce matin. Ça faisait longtemps. Je sens qu’il m’évite. Mais le truc amusant, c’est que je n’en ai plus rien à faire : sa présence ne m’émeut plus.

Contrôle de physique. Puis à 10h30, je n’ai plus cours : je reprends quatre heures plus tard. Je travaille à la bibliothèque pour le contrôle d’histoire de l’art de la semaine prochaine. Mais je ne pense qu’à une chose : à 11h30, j’irai m’installer à la table d’É*.

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Jeudi 9 mars 2006

Nous passons plus d’une heure au café ce matin, au lieu de mettre ce temps à profit pour travailler.

Au cours de Mme Marot : nu en couleurs (avec Soraya pour modèle). C’est difficile. Je me sens particulièrement mauvais. Après le cours, Camille, Étienne, moi et quelques autres restons discuter avec Mme Marot. Comme chaque fois, j’en ressors avec cette double impression : d’être si loin du but et, à la fois, d’avoir tant de choses à apprendre ; c’est-à-dire que je suis à la fois découragé et enthousiaste, si c’est possible.

J’ai pas le moral. Méchant coup de blues, ce soir. Envie de pleurer (mais je m’arrête avant la deuxième larme).

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