Samedi 25 février 2006

J’ai fait un rêve réaliste et transparent, comme à mon habitude. Un rêve à base de L*. En feuilletant un de ses carnets de croquis qu’il a laissé traîner, je vois un dessin explicite qui me fait comprendre sa love story avec K* (?). Il me demande de garder ça pour moi.

Autre rêve. B* y fait une apparition furtive. Il se tient tout près de moi, et me parle ainsi : « Cela fait longtemps que tu ne m’as pas donné de nouvelles… Qu’est-ce que tu deviens ? Pourquoi ne nous voyons-nous plus ? » En guise de réponse, je lui demande pourquoi lui non plus ne me contacte jamais s’il tient vraiment à entretenir notre relation.

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Jeudi 23 février 2006

Je vois Julien plus souvent qu’avant, dans le RER, mais plus jamais son copain : le beau Vincent. Même le mardi. Ce n’est pas normal.

Sur MSN, je discute avec Amandine. Je me souviens, tout à coup, qu’elle fait du droit à Nanterre : c’est-à-dire la même chose qu’A* ! Voilà peut-être un moyen de le contacter ! C’est le 12 octobre qu’il m’a donné sa lettre et, depuis, je n’ai pas réussi à le joindre.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no7 (intitulé Vincent, Alexandre, Édouard et les autres, 29 novembre 2005 – 18 mars 2006), j’ai dix-sept et dix-huit ans.

Mercredi 22 février 2006

J’ai repéré un type dans le métro. J’aime bien le suivre. Je pense qu’il m’a repéré aussi. À Auber, nous prenons l’ascenseur ensemble pour prendre le métro jusqu’à Sentier. Il descend à Sentier aussi, et il va bosser au 100, rue Réaumur. C’est marrant. Je l’ai repéré parce qu’il lisait Lunar Park de Bret Easton Ellis. Maintenant, il lit Éric-Emmanuel Schmitt. Et c’est moi qui lis Breat Easton Ellis (Glamorama) : j’aimerais bien qu’il remarque ça. Ça m’amuse. Et une précision : pour une fois, ce jeu n’a aucune origine sentimentale ou sexuelle, le type ne me plaît pas, c’est juste un jeu. Il a quarante ans et, même son âge mis à part, il ne me branche pas.

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Mardi 21 février 2006

Des nouvelles de Y* par Morgane, qui l’a appelée hier soir. Elle est sortie de l’hôpital. Elle devrait venir en cours demain…

Avec Mme Bonhivers, nous dessinons Marie-Christine (pour la troisième fois).

Micro-événement : j’achète mon deuxième Têtu après moult tergiversations. J’y pensais depuis quelque temps (oui, vous le savez, avec moi, tout est préparé, prémédité…) et c’est le titre Brokeback Mountain en couverture qui m’a décidé. Je l’ai acheté au kiosque de la gare, à Auber. Je suis entré, je l’ai repéré, je suis ressorti, je suis resté dix minutes devant le kiosque, j’ai hésité. Je me suis dit : « Allez, Antonin ! Assumer ton homosexualité, c’est aussi face au marchand de journaux ! » et alors, zou, j’y ai été. Et j’ai réalisé que ce n’était pas si terrible. Tout ça pour ça…

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Lundi 20 février 2006

Y* et J* sont deux filles de ma classe, qui viennent de Chine et passent l’année scolaire avec nous. Je connais moins bien Y* que J*. Ce matin, nous avons eu un choc. À 8h30, nous attendons dehors ; Mme Gilardon arrive :

Elle. — Vous avez des nouvelles de Y* ?
Moi. — Pourquoi ? Il y a un problème avec Y* ?
Étienne, à Mme Gilardon. — Je crois qu’ils ne sont pas au courant… — Puis, à nous. — Elle a tenté de se suicider.

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Dimanche 19 février 2006

Je commence laborieusement mon devoir de français… puis je laisse tomber.

Je vois Les oiseaux d’Hitchcock : c’est génial ! Il fallait que je le voie.

Une « conversation » avec Nicolas : encore une fois, c’est lui qui l’a engagée. Puis, bizarrement, il n’a plus rien à dire. Et il ne répond à mon interrogatoire que par des monosyllabes… Que cherche-t-il ? Furtivement, je pense à ce bouquin d’Amélie Nothomb : Les catilinaires. Mais c’est trop désobligeant pour lui.

Demain, je retourne à l’école. Et je suis content.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no7 (intitulé Vincent, Alexandre, Édouard et les autres, 29 novembre 2005 – 18 mars 2006), j’ai dix-sept et dix-huit ans.

Samedi 18 février 2006

Eh bien, aujourd’hui non plus, tiens, je ne fais pas grand-chose de ma journée. Tant pis.

Je butine parmi mes bouquins. Glamorama est entamé, mais ça ne m’empêche pas de commencer le livre de Gotlib aussi (il y a quelque temps encore, jamais je ne me serais permis de lire plusieurs livres simultanément). Je suis plié de rire dès les premières pages. Mais surtout, Gotlib est très fort pour « l’émotion au second degré » : sous ses airs de rigolo (en racontant des conneries pour amuser la galerie), il fait passer des trucs vachement forts et sensibles. Par exemple : quand il parle de l’arrestation de son père.

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Vendredi 17 février 2006

Après trois mois et demi de laisser-aller, je me décide à aller chez le coiffeur. Ça fait du bien ! Et puis… pffft… je ne fais pas grand-chose de ma journée, il faut bien le dire.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no7 (intitulé Vincent, Alexandre, Édouard et les autres, 29 novembre 2005 – 18 mars 2006), j’ai dix-sept et dix-huit ans.

Jeudi 16 février 2006

Je vais chercher un colis à la poste. Au retour, je me colle devant l’ordinateur et je me soûle de Brokeback Mountain. Je me passe en boucle la bande-annonce, la musique qui m’émeut dès les premières notes (non pas pour elle-même, mais parce que je revois les images du film). Je suis très bon public pour ces trucs-là : dès qu’on tire un peu sur la corde du sensible, je marche à fond !

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