Mercredi 1er février 2006

Cette nuit : un rêve que j’aurais aimé faire durer plus longtemps. Il me semble que cela se passe dans une soirée organisée par la bande de copains-copines de la classe. Je suis un peu à l’écart, avec L*. Nous sommes isolés. Nous sommes debout l’un près de l’autre, nous nous tournons autour, nous discutons, nous rions… de plus en plus près l’un de l’autre. Nos corps s’approchent tellement, et nos visages se frôlent : je sens qu’à cet instant tout est possible. Le geste que j’ose alors ne me demande pas un effort considérable (je suis surpris moi-même de la facilité avec laquelle je l’ose) : je lui donne un petit baiser fugitif, qui se change très naturellement en un baiser bien plus intense et profond — sans que je sois capable de dire qui, de nous deux, dans ce tourbillon, en prend l’initiative. La sensation de ce baiser est fabuleuse, très tendre. Elle m’emplit d’une chaleur, d’une énergie et d’une insouciance que je ne me connais pas. Je sens, en cet instant, que tout est possible : nous pourrions rester longtemps ensemble si le rêve se prolongeait. Peut-être aurions-nous fait l’amour. Il en avait autant envie que moi. Mais notre baiser devait rester une parenthèse fugitive, un moment d’intimité volé au milieu de la fête, et de nos amis dans la pièce d’à côté.

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Mardi 31 janvier 2006

Dans le RER, je confie à Camille J. une carte pour S* : c’est son anniversaire aujourd’hui, elle a dix-neuf ans.

Le cours de ce matin n’est pas très folichon. À la pause, je vois les magnifiques carnets de croquis de Flore et de Célie et, comme d’habitude, je ne me sens pas à la hauteur. Sans raison, je suis triste ce matin. Un fugitif instant, je ressens même l’envie de pleurer.

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Dimanche 29 janvier 2006

J’ai une idée : je vais utiliser le carnet acheté à Romain pour faire le cadeau d’anniversaire de S*. Je vais le remplir avec une petite histoire dessinée, sur nous deux.

À part ça, je bosse, et je remplis frénétiquement mon carnet de croquis.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no7 (intitulé Vincent, Alexandre, Édouard et les autres, 29 novembre 2005 – 18 mars 2006), j’ai dix-sept et dix-huit ans.

Jeudi 26 janvier 2006

Je suis encore là pour l’accrochage des portes ouvertes. Évidemment, tout est bouclé au dernier moment.

Je vais chercher Bazart no2 chez l’imprimeur.

Cela fait trois mois que je n’ai pas vu B* et un mois que je n’ai pas échangé un mot avec lui. Pourtant, je continue de le voir partout. « Loin des yeux, loin du cœur » : ce n’est pas vrai, ça ne marche pas.

Je me dis que je vais finir par suivre le conseil d’Alexandre : m’inscrire sur un chat et faire des rencontres par Internet…


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no7 (intitulé Vincent, Alexandre, Édouard et les autres, 29 novembre 2005 – 18 mars 2006), j’ai dix-sept et dix-huit ans.

Lundi 23 janvier 2006

C’est prouvé : une étude scientifique a déterminé que le 23 janvier était le jour le plus merdique de l’année (d’autant plus quand ça tombe un lundi). En effet, ce matin, je ressens comme un léger spleen…

Ce matin, il y avait Vincent dans le RER. Je ne m’attendais pas à le voir un lundi. Je l’ai ignoré plus ou moins, en tentant toutefois un sourire… Au Vésinet-Centre, Camille est entrée. Elle m’a salué rapidement, puis elle est allée s’assoir à côté de lui. Elle lui a fait la bise et un brin de causette. J’étais sidéré. Comment osait-elle ? J’ai réalisé à quel point j’étais stupide de rester pétrifié devant ce mec, alors que je n’ai rien à perdre à faire un bout de chemin avec lui… Je suis resté à ruminer, pendant une station, les yeux fermés, la tête dans les mains. C’est Camille qui m’a sorti de ma torpeur ; elle a passé le reste du trajet avec moi.

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