Où il est question de pavés de bois

D’abord, il y a Georges Perec. On m’a fait lire W quand j’avais quinze ans, puis j’ai lu d’autres livres, comme un grand, et je les relis ; ensuite il y a la rue Vilin, qui n’existe plus et que j’ai parcourue dans tous les sens (par les plans, par les textes) quand j’avais, disons, vingt-et-un, vingt-deux ans — c’était pour ce mémoire de fin d’études, cette histoire de mémoire dans les deux sens du terme, j’avais appelé ça Mémoire de la rue Vilin. Dans W, il y a la rue Vilin et, « peut-être même », dans cette rue, de gros pavés de bois « joliment cubiques » (mais on n’en est pas sûr, à cause de la mémoire, justement). Des pavés de bois comme dans L’Île rose de Charles Vildrac.

Alors je lis L’Île rose de Charles Vildrac, pour voir — je l’ai commencé ce matin. Dès le début, on est en plein dans les pavés de bois. Ils sont empilés dans une rue « qui existe peut-être encore », qu’il appelle la rue des Ébénos et qui devrait se trouver (si elle existait) là où je vis, vers la rue de Charonne. Dans la rue, les gosses jouent avec les pavés, ils se font des maisons, des châteaux, des autos. Il y en a qui les empilent de manière à créer des tours fragiles et chancelantes, mais si excitantes ; et ça me rappelle drôlement des passages de ce que j’écris en ce moment, un chapitre ou deux que j’ai repris la semaine dernière, pour L’Épaisseur du trait, réécris ou corrigés, je ne sais pas comment dire. Il y a mon personnage, Ulisse, qui fait presque pareil, mais en différent — parce que lui, c’est avec des pierres, pas des pavés de bois.

Souvent, je me promène dans des rues qui ont changé de nom, ou changé tout-court, je me promène dans mes plans dans des endroits « qui peut-être existent encore ». Sur mon plan Hachette 1924 (la même année que L’Île rose, tiens), je visite l’usine des pavés de bois, rue des Cévennes. Marrant. Je suis passé par là il y a quelques jours, moi qui ne vais pourtant pas souvent dans ce coin-là.

Pour fêter ça (les coïncidences, j’aime), je vais voir les pavés de bois du passage Saint-Maur. Qui ne sont pas « joliment cubiques ». Il faudrait les imaginer cubiques, pour voir. Ce serait joli, donc.

Excursions pédestres dans la forêt de Fontainebleau

Dans Papier Machine, je narre les aventures d’un caillou qu’on appelle la Roche-Éponge et qui existe vraiment (je vous ai mis un bout de la carte des Excursions pédestres dans la forêt de Fontainebleau, pour preuve). Voilà : je vous montre ici ces quelques extraits parce que je suis très fier d’être dans cette revue magnifique, mais je ne vous en donne pas plus, pour vous garder la surprise quand vous l’achèterez comme des fous, en cliquant sur le site par exemple.

Les draps de la SNCF

Dans Les Bandits, il est question des draps du train-couchette, volés par les bandits qui dormiront dedans pendant leurs vacances. Un ami m’a fait ce cadeau : d’authentiques draps SNCF 100% coton, avec le logo des années 90 ! Ça pour une madeleine, c’est une belle madeleine. Mais je ne peux pas dire qui m’a fait ce cadeau, parce que bon, tout de même, c’est très mal de voler les draps de la SNCF.

Les lignes courbes, tes yeux, la valise

Dans le nouveau Cafard hérétique, je dis la grâce des lignes courbes : les ondulations discrètes de la rue de Charenton et l’arête franche de la mandibule. Les deux portraits peints sont de Saïd Mohamed.

Dans ce numéro, il y a aussi « Tes yeux, la valise ». C’est une nouvelle qui finit bien, puisqu’elle finit grâce à un train. Le portrait du garçon aux yeux louches est de Gilles Ascaso.