Dimanche 4 juin 2006

Je me lève tard. Maman part chez mamie à 13 heures. Je suis seul. Je glandouille. Je lis. Je fais un peu de rangement. Je mange. Je bronze. Tout ce qu’on fait habituellement pour tuer le temps agréablement.

Le soir, je vais chez Morgane (à Montrouge). J’apporte des éclairs au chocolat, on mange une salade, puis on sort au Piano Vache. Il y a Camille et Flore ; Étienne et son copain de Carcassonne, A*. Mais A* n’a pas l’habitude de boire et il abuse un peu. Il a l’alcool triste.

On se couche vers 3 heures.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no8 (intitulé Croissance exponentielle, 19 mars – 23 juin 2006), j’ai dix-huit ans.

Samedi 3 juin 2006

On se lève un peu tard, mais pas trop. Je paie les croissants et on se fait un gentil petit déjeuner.

Après, je retourne traîner à Saint-Michel, parce que c’est sur mon chemin pour rentrer à la maison. Je visite Gibert. Je vais aussi là où j’ai acheté le bouquin sur Brigitte Smadja, hier. Je veux plein de trucs. Puis je me raisonne, en pensant à tout ce que j’ai dépensé hier. Et je rentre à la maison.

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Vendredi 2 juin 2006

Une putain de bonne journée. Avec maman et Juline, nous allons nous promener à Paris. On visite le Petit Palais qu’on ne connaissait pas. Et c’est très chouette. On ne s’attarde pas des heures dans le musée, non plus, parce que bon, mais l’endroit est vraiment agréable et le jardin a-do-rable.

On rencontre des vaches un peu partout dans la rue.

On va à Saint-Michel, on mange dans un petit resto de la rue de la Harpe. Juline et moi invitons maman (fête des mères dimanche dernier). Puis on se balade dans le quartier. On passe devant les Gibert et autres libraires qui vendent des livres au kilo, qui me font baver, mais on n’est pas là pour ça. Je mange une grosse glace à l’italienne, ma première depuis l’été dernier. Puis on rentre.

Quand on arrive à la maison, ô joie, ô bonheur, jouez hautbois, résonnez musettes, Internet fonctionne ! D’où : grand contentement de ma part. Je m’aperçois que ce gros malin de B* m’a envoyé un mail le 20 mai, en réponse à ma carte d’anniversaire. Ouf ! Et moi qui croyais qu’il était un mufle et qu’il m’avait snobé ! Enfin, bon, un texto aurait été plus simple.

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Jeudi 1er juin 2006

Rangement. Je bazarde plein de trucs. Je déplace, je trie, je jette, j’aime bien ça. Surtout, j’attribue de nouvelles places à mes livres, ce qui est toujours une aventure.

Dans la rue, je rencontre Aurélie, avec qui je papote presque une heure… Qui l’eût cru ? Nous nous connaissons depuis la maternelle, nous nous entendions bien en primaire, mais nous n’avons jamais échangé une parole au collège, ni au lycée. Il y a quelques mois, nous nous sommes revus par hasard et nous avons discuté, rigolé, parlé de tout et de rien. Comme aujourd’hui donc. Copains comme cochons. La vie est parfois surprenante.

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Mercredi 31 mai 2006

Seul à la maison, à ne pas foutre grand-chose. J’écris deux-trois pages de scénario.

Je vais voir Yao à la fin de son cours. Oh, pas longtemps, juste pour lui dire que j’ai réussi mes examens et que je vais à Estienne.

Soirée glandouille lamentable à regarder la Nouvelle Star.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no8 (intitulé Croissance exponentielle, 19 mars – 23 juin 2006), j’ai dix-huit ans.

Mardi 30 mai 2006

Je n’aime pas la manière dont je suis habillé. Certes, c’est plutôt cool, mais très classique et affreusement dénué de personnalité. J’aimerais savoir oser d’autres choses. Il me faut plus de couleurs, de vraies couleurs (je pense à É* et compagnie). Un peu de fantaisie (je pense aux Duperriens en général). Une personnalité (je pense à Léo qui est resté bloqué dans les années 60). Ce matin, je vais faire du shopping, allez zou. Aux Halles.

Un t-shirt — le même que celui que j’ai déjà, mais en orange. Une chemise blanche en lin, sans col (ça s’appelle « col Mao »), vous voyez le genre ? La même que le personnage de Zac à la fin de C.R.A.Z.Y. hier. Un pantalon clair léger, parce qu’il faut être courageux pour porter un jean quand il fait chaud — et les shorts, vous le savez, très peu pour moi. Et une ceinture blanche, du type « que portent les jeunes » : ce sera pour les fois où je porterai ce nouveau pantalon, qu’il serait une hérésie de porter avec ma ceinture cuir noire. N’est-ce pas.

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Lundi 29 mai 2006

Je dessine Différent ? et commence la mise en couleurs sur Photoshop, qui est indispensable (car c’est le jeu de couleurs qui donne le sens de cette BD).

Je vais au cinoche avec Morgane, voir C.R.A.Z.Y.

C.R.A.Z.Y. est tout simplement génial. C’est exactement le film que je voulais voir. Il y a dedans tout ce qu’il faut pour un bon film, c’est-à-dire tout ce qu’il y a dans la vie. C’est drôle, mais pas toujours, c’est léger et profond. L’acteur est très bon — et très mignon. J’y crois à 100 % et je m’identifie à fond.

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Samedi 27 mai 2006

Je suis admis à Estienne ! Dans ma boîte aux lettres, une grande enveloppe kraft et cette lettre : « Monsieur, j’ai le plaisir de vous annoncer, etc. » Je suis heu-reux !


À 16 heures devant l’Hôtel de Ville, je retrouve É*. Je ne sais pas comment le saluer : lui serrer la main, c’est trop formel, mais lui faire la bise, c’est peut-être un peu trop pédé ? On ne se connaît pas assez. Il est comme d’habitude : tout sourire. Il porte un t-shirt à manches longues rose et une pochette en bandoulière — je n’ai donc pas à rougir de mon look : je porte aussi des manches longues et une pochette en bandoulière. Ouf.

Il me dit en riant que « ma réputation est grillée à Duperré » à cause de mon petit mot, mais que c’était mignon — il a fait la même chose à quinze ans. Je lui réponds que, dans ce domaine, j’ai quinze ans, pas plus.

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Vendredi 26 mai 2006

Comme je suis lâche, je fais exprès d’appeler É* quand je sais qu’il est au boulot, pour tomber sur son répondeur. Je laisse un message, répété cent fois mentalement. Puis je coupe mon portable.

Je vais au cinéma avec Morgane et Coline, voir Marie-Antoinette de Sofia Coppola.

En sortant, je vois qu’É*, à son tour, a laissé un message sur mon répondeur. Un message très gentil qui dit que oui, il est libre demain, et qu’il m’emmènera dans « un endroit sympa et pas trop bizarre ».

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