Dimanche 14 mai 2006

J – 3.

Je travaille à fignoler mon dossier. Je fais une quinzaine de croquis dans mon gros carnet (qui en totalise maintenant cent-vingt-sept).

Vers 18h30, j’ose enfin appeler É*. Il est dans le métro, on s’entend mal, on ne parle que deux minutes. Mais je n’avais pas envie d’un long entretien. Je n’aime pas le téléphone. Quand je suis face à la personne, je sais que je peux être intéressant et spirituel (parfois), mais le téléphone m’intimide et je ne suis capable de rien.

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Samedi 13 mai 2006

En gravure, je tire ma carte pour B* ; Delphine a fait des cookies ; Flore a apporté à boire : du calpis, alias « cale-porte », alias « jus de yaourt ».

Toute la journée, je me cherche des excuses pour ne pas appeler É*, et j’en trouve. J’ai peur de déranger et je ne sais pas quelle serait l’heure idéale.

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Vendredi 12 mai 2006

Une bonne journée. Je vais à Beaubourg parce qu’il n’y a que dans la librairie du Centre Pompidou que je pourrai trouver les bouquins qui m’aideront à me faire un rapide bagage culturel dans le domaine du graphisme… J’achète trois livres : sur Étienne Robial, sur Alain Le Quernec, sur Massin. Et un livre sur Cocteau, pour le plaisir.

Pour rentrer vers l’école, je choisis mon itinéraire favori — encore plus agréable quand il fait beau comme aujourd’hui — : la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. D’ailleurs, je suis passé aussi par la rue Quincampoix. La totale. (À ce propos, savez-vous que, d’après Judicaël, la porte du 14, rue Quincampoix est la plus belle porte de Paris ?)

Rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, j’ai acheté un sandwich dans une boulangerie gay (si, si, ça existe !). Il a le même goût qu’un sandwich hétéro. La seule différence, c’est qu’on est servi par un beau mec gay.

Je suis décidé à faire mon entrée (modeste, certes) dans le grand monde. J’entre donc dans la librairie Les Mots à la bouche. Une librairie très agréable (contrairement à Blue Book, qui ne m’inspire pas : depuis l’extérieur, elle fait plus ghetto, même la vitrine est intimidante). Je n’achète rien, mais je parle avec l’un des libraires (très agréable lui aussi). Je lui demande s’il existe une suite immédiate à La tendresse sur la peau (que j’ai fini hier). Il me dit que oui : c’est La symphonie des adieux. Tant mieux, car c’est celui que j’ai ! Je peux donc le lire. Je craignais qu’il y en ait un autre, avant. Je dis au type que je reviendrai acheter le quatrième, après…

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Jeudi 11 mai 2006

Une journée à attendre et rien d’autre. Attendre mon tour pour passer une simulation d’entretien avec Mme Marot. Pour tuer le temps, le midi, je vais successivement aux Enfants d’Icare et à Univers BD. Je ne réussis même pas à passer un oral. Je pars à 17h30 avec la désagréable impression d’avoir raté ma journée.

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Mercredi 10 mai 2006

Je ne sais pas sur quoi bosser, pour mon dossier. Je me sens désœuvré et je ne devrais pas.

Ce matin, je vais voir Judicaël pour lui donner un boulot qu’elle m’avait confié, rapport à sa future exposition pour laquelle nous l’aidons comme nous pouvons.

Cet après-midi, Mme Smadja fait passer des oraux ; je m’ennuie ; je me barre. J’accompagne Camille à Passage clouté, un magasin de beaux-arts.

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Mardi 9 mai 2006

Devant l’école, je cause avec Célie et Camille. É* sort. Il passe. Il s’en va. C’est incompréhensible. Et moi, je n’ose pas. Ça me rend si triste…

« Cours » avec Judicaël. Léo nous montre des extraits de Kurosawa.

Je passe beaucoup de temps à errer, en ce moment. À attendre. Attendre les profs pour leur montrer mon dossier. Attendre É*.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no8 (intitulé Croissance exponentielle, 19 mars – 23 juin 2006), j’ai dix-huit ans.

Lundi 8 mai 2006

Je vais chez Benoît. Nous papotons. Lui me parle surtout de ses nouvelles activités syndicales à l’Unef. C’est étrange, avec Benoît, à chaque fois, j’ai cette impression d’une distance entre nous, alors qu’il est pourtant quelqu’un d’important pour moi.

Je profite un peu de son accès à Internet. Je constate, au bout de deux mois de panne, que ma boîte mail est restée vide. J’avoue : je jette un coup d’œil à Rezo-G.

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Samedi 6 mai 2006

Je propose à B* qu’on se voie, mais il est bien trop occupé.

Ce weekend de trois jours s’annonce long et chiant. Ce matin, je vais donc en gravure, où je retrouve Kim, Flore et Delphine. C’est toujours comme ça, la gravure : une moitié de l’atelier c’est des gens de ma classe, l’autre moitié des CV2. Et c’est tout.

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