Lundi 27 juin 2005

Matin : découpage de trois planches de ma BD sur B* (que j’intitule B*) : j’en suis à neuf.

Après-midi : suis allé à La Défense avec Juline pour les soldes. Ai acheté : deux t-shirts sympas avec des motifs, coupe ajustée, pour changer des trucs informes que j’ai déjà ; un maillot de bain rouge, car le mien était triste (trop long et kaki) ; un pantalon rouge, le genre de truc que je n’aurais jamais choisi si Juline ne me forçait pas ; des chaussettes ; une pochette à porter en bandoulière.

N’empêche… Dans les boutiques, certaines fringues me faisaient penser à B*. Ce n’était pas exactement ce qu’il porte, mais ça y ressemblait.

N’empêche… Quand le RER passe à la station Rueil-Malmaison, je pense à lui.

N’empêche… Il est toujours dans ma tête.

Pourquoi c’est bien d’en faire une BD : parce que B* n’est plus mon amour impossible, mais un personnage intéressant ; parce que cette histoire n’est plus un moment triste de ma vie sentimentale, mais un bon scénario. Je dénature peut-être la pureté de cette histoire en l’exploitant, mais je prends du recul.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no5 (intitulé B*, 8 juin – 1er août 2005), j’ai dix-sept ans.

Dimanche 26 juin 2005

Aujourd’hui, j’ai terminé B (« Bestiole ») et j’ai fait O (« Ourler », que je me suis permis de transformer en « Ourlet »). Ce matin, j’ai eu plein d’idées : des nouveaux scénarios, mais aussi de nouvelles versions de ceux que j’ai déjà écrits. J’ai refait « Désobéissance » et « Yen ».

Un petit rêve avec B*. J’allais à Saint-Germain avec S*. J’avais peur de rencontrer B* sur le trajet. On arrive en haut d’une colline. Il est là. Entretemps, une ou deux autres personnes s’étaient mêlées à nous. S* et ces personnes s’arrêtent pour discuter avec B*. Moi, je ne supporte pas de le voir. Ça me fait trop de mal. Je m’éclipse discrètement. Et je tombe sur Florian ! Je pars avec lui et je lui raconte mon problème.

Deux explications. La première, pour comprendre le rêve : quand j’étais à la terrasse du Soubise avec B*, jeudi, qui a débarqué ? Florian. Il vient vers nous. Il me fait la bise (!) et il serre la main de B*. Il s’assoit. J’aurais été ravi de le voir à n’importe quel moment, mais là, clairement, il était indésirable. Je lui ai dit qu’il dérangeait. Il a compris (il se rappelait, je suppose, qui est B* pour moi…) et il est parti. J’ai vu que B* n’était pas à l’aise. Vu le sujet de notre conversation, ça faisait beaucoup de pédés d’un coup !

Continuer la lecture

Samedi 25 juin 2005

Ce matin j’ai fini de dessiner « C ».

Suis allé à Saint-Germain. Ils n’avaient toujours pas le Journal 2 et 3 de Neaud.

J’écris et je découpe mon projet de BD sur B*. Je crois que c’est une bonne chose à faire : pendant la durée de ce projet, j’aurai vraiment le nez dedans, ça m’obsédera, mais aussitôt que ce sera fini j’en serai débarrassé. Je l’espère. Ça m’a fait ça avec Depuis que je sais, etc. Ça m’a obsédé. Depuis que j’ai terminé cette BD, je crois que ces obsessions sont dépassées.

Juline est à la Gay Pride avec ses copains-copines. J’étais surpris qu’elle ait envie d’y aller. Elle voit le côté festif, mais je ne sais pas si elle voit le côté militant.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no5 (intitulé B*, 8 juin – 1er août 2005), j’ai dix-sept ans.

Vendredi 24 juin 2005

Je n’ai pas envie d’écrire ce qui s’est passé hier. Je résume donc.

Moi. — La dernière fois, c’est moi qui avais quelque chose à te dire. Toi, tu ne m’as rien dit. J’aurais voulu que tu me dises une chose que tu n’as pas pris la peine de me dire, tellement ça te semblait évident. Je voudrais que tu le dises quand même, c’est important pour moi.
Lui. — Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?
Moi. — Que je n’ai rien à espérer.
Lui. — Alors voilà : tu n’as rien à espérer. C’est tout ?
Moi. — C’est tout.

Continuer la lecture

Jeudi 23 juin 2005

13h47. Je tourne en rond. Je me prépare physiquement et mentalement. Je me suis changé. J’ai passé pas mal de temps dans la salle de bains, pire qu’une fille !

Après le déjeuner avec S*, on s’est séparés en se souhaitant mutuellement bonne chance : nous avons chacun notre rendez-vous.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no5 (intitulé B*, 8 juin – 1er août 2005), j’ai dix-sept ans.

Mercredi 22 juin 2005

Hier, c’était la Fête de la musique. Juline est allée à Paris avec sa bande. Maman et moi sommes allés à Saint-Germain, comme on l’a déjà fait quelquefois. On a mangé à la pizzeria, puis on a traîné dans les rues. On s’est attardés devant plusieurs groupes.

J’ai croisé pas mal de têtes connues : des gens du lycée. Adeline avec son copain (qui s’appelle Kevin). Elle nous as présentés. Moi, je le connaissais déjà, tellement elle m’a parlé de lui ! et je l’avais aperçu une fois. Et j’ai aperçu mon beau blond ! C’est dingue. Je sais qu’il est un peu musicien ; une fois, au lycée, il a joué de la guitare. Je me disais : tiens, peut-être le verrai-je… et je l’ai vu. Je lui ai décoché mon plus beau sourire. À part lui, il y avait une foule de beaux gars, partout. Plein de jeunes mecs, tous vachement bien foutus. Je ne savais plus où regarder, j’ai dû en louper plein.

Continuer la lecture

Mardi 21 juin 2005

Je me suis collé devant l’ordinateur. J’ai imprimé le Riri le Clown de vendredi : je le mets page suivante. J’ai tapé les scénarios de G (« Gratis ») et de T (« Tatouer ») et fait une quatrième version de A (« Arcade ») qui me posait problème. Et je me suis promené sur Internet. Je suis retourné sur le forum Doctissimo sur l’homosexualité, où je n’avais plus mis les pieds depuis des mois. Je me suis attardé sur un sujet en particulier, où le mec racontait que son meilleur ami essayait, non sans mal, de lui faire son coming out… et avait l’air amoureux de lui. Or, le mec disait qu’il se sentait attiré par son ami, lui aussi… Ce mec écrivait bien, je me suis laissé prendre par son histoire et par les conseils des autres. Ces deux garçons qui se cherchent l’un l’autre et qui, pourtant, sont visiblement amoureux : quelle belle histoire ! Je suis sentimental et je ne peux pas m’empêcher de rêver à B*.

Plus le temps passe, plus mon espoir grandit. J’ai l’impression désormais que quelque chose est possible, même si, rationnellement, tout me prouve que non. Il faut que je le revoie et, cette fois-ci, que je lui rentre dedans franchement. Que je le secoue. Que je lui pose les bonnes questions. Sinon, je ne m’en sortirai jamais. Je suis affreusement timide, mais il est pire.

Continuer la lecture