Mardi 6 décembre 2005

Ce matin, comme mardi dernier, il y avait « Vincent » sur le quai. C’est donc la troisième fois que je le vois. Je l’ai attendu, je l’ai vu arriver, j’aurais aimé le saluer, mais je n’ai pas osé.

Dans le train, je me suis mis à ma place habituelle (déjà la routine). J’avais Vincent devant moi, de dos. J’ai fait un rapide croquis, pour le redessiner ce soir.

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Lundi 5 décembre 2005

Tous les jours, dans la rue du Temple, au même endroit — un étroit renfoncement dans le mur, comme une niche — je voyais le même homme. Il dormait là, il vivait là.

Ce matin il n’était plus là. À sa place, il y avait quelques fleurs, un portrait dessiné et, sous le portrait, cette inscription : « Là où je suis je n’ai plus froid. »


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no7 (intitulé Vincent, Alexandre, Édouard et les autres, 29 novembre 2005 – 18 mars 2006), j’ai dix-sept et dix-huit ans.

Samedi 3 décembre 2005

Cinéma avec maman et Juline : Trois enterrements de Tommy Lee Jones. Quel film !

J’ai réalisé un deuxième film d’animation « image par image » avec mon appareil photo numérique. Il dure trente-trois secondes et s’intitule : M. Gris dans : La vie est cruelle. Le rôle de M. Gris est interprété par ma gomme « mie de pain ».


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no7 (intitulé Vincent, Alexandre, Édouard et les autres, 29 novembre 2005 – 18 mars 2006), j’ai dix-sept et dix-huit ans.

Vendredi 2 décembre 2005

J’ai de nouveau profité de la compagnie charmante de Camille J. ce matin, pour deux stations de RER. Nous prenons le même train tous les jours, et c’est seulement cette semaine que nous nous en sommes aperçus.

En fait, je me rends compte que je néglige mes amis du lycée. À part Camille ou Flore, grâce à des rencontres fortuites, je ne vois plus personne. Je ne demande même pas de nouvelles. Depuis combien de temps n’ai-je pas parlé à S*, qui est pourtant si importante pour moi ? Remarquez qu’elle fait comme moi : elle est encore plus absorbée que moi par son travail, alors elle me néglige aussi !

J’ai eu un SMS d’Adeline la semaine dernière, après deux mois sans nouvelles. J’y ai répondu, mais je n’ai pas pris la peine de l’appeler. Pourtant, j’ai très envie de lui parler, de savoir ce qu’elle devient, de lui dire ce que je deviens.

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Jeudi 1er décembre 2005

Puisque je commence un nouveau carnet, profitons-en pour mettre fin à cette supercherie : le texte écrit sous la date du 1er décembre n’est pas forcément écrit le 1er décembre même, mais par exemple le lendemain, voire plus tard. Mais je fais comme si. J’écris au présent quand même. C’est plus fluide que d’écrire « Hier j’ai fait ci » ou « Avant-hier j’ai fait ça. »

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Mercredi 30 novembre 2005

Le matin, quatre heures de MCR où l’on a bossé sur la rue Montorgueil, et l’après-midi rebelote pendant deux heures. Autant vous dire que je n’ai pas été au top de mon efficacité potentielle… En gros, j’ai rien foutu.

Cet après-midi, j’étais assis à côté de C*. On s’est fait une petite séance de psychanalyse collective : il paraît que c’est la déprime normale de novembre et décembre. Elle, elle aimerait voir plus souvent son copain, qui est toujours en province, à A*. Moi, j’aimerais bien qu’il m’arrive enfin quelque chose sur le plan sentimental. Je lui ai parlé de mon année de terminale, qui avait été loin d’être gaie pour moi, et je lui ai parlé de B*.

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Mardi 29 novembre 2005

Voilà, je commence un nouveau carnet. D’ailleurs, il est chouette ce carnet, ne trouvez-vous pas ?

Je rappelle les épisodes précédents. Antonin va bien, il est content de suivre les études qu’il a choisies, parce qu’elles sont intéressantes et rigolotes et épanouissantes ; et il s’est constitué un tas de chouettes copains dans sa classe. Des copains qui sont des copines, en l’occurrence (sauf Étienne).

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Vendredi 25 novembre 2005

Ce matin : style. A priori, mon travail n’est pas mauvais, mais j’ai du boulot en perspective.

Ce midi, j’ai eu l’occasion de croiser Efflam (alias : le blond, alias : M. le Président, alias : le mec du BDE) et on a causé du journal pendant trente secondes. Je ne sais pas si j’ai été à la hauteur de sa poignée de main énergique.

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