De la mécanique (et du plaisir de lire, et du plaisir d’écrire)

Pourquoi ça me plaît tellement, ces ateliers d’écriture avec les enfants : parce qu’ils m’étonnent. Parce qu’ils m’apprennent plein de trucs.

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Qui es-tu, homme de Luçon ?

À quoi ressemble-t-il, l’homme de Luçon ? Est-il comme nous ? Est-il différent ? Et s’il est différent, jusqu’à quel point l’est-il ? On ne sait pas exactement ce qu’il mange, comment il se déplace. Il paraît, seulement, qu’il est un peu plus petit que nous.

À Luçon, on a trouvé dans une grotte des bouts d’os : des doigts de pieds et des dents. Ces morceaux d’homme ne ressemblaient à rien de connu. Alors, de deux choses l’une : soit ces fragments anatomiques appartiennent à un individu de notre espèce, mais bizarrement fichu ; soit ils sont les restes d’un représentant d’une autre espèce. Les scientifiques qui ont planché sur la question ont opté pour la seconde hypothèse. Et cet homme nouveau, ils l’ont appelé : l’homme de Luçon.

C’est G. qui m’en a parlé le premier. Il m’a dit : « ne me dis pas que tu n’es pas au courant : à Luçon, on a découvert une espèce humaine distincte de la nôtre : ce n’est ni homo sapiens, ni homo erectus, c’est entre les deux ». Je ne le savais pas ; ça m’en a bouché un coin.

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Quand on arrive dans les villages

Les villages, c’est assez différent des villes. Par exemple, il n’y a pas d’immeubles, mais des maisons : la plupart des gens n’ont pas de voisins du dessus ou du dessous. Les maisons sont alignées le long d’une rue, qu’on appelle parfois simplement la rue, s’il n’en existe pas d’autre. Entre les maisons s’intercalent d’autres bâtiments : des granges ; ou des espaces non bâtis : des prés. Enfin, la plupart des gens des villages ne vivent pas, en fait, au village, mais dans des écarts, des hameaux, des lieux-dits.

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Les ibis et les autochtones

Il n’est pas du coin. Il est arrivé là un beau jour ; au début, il s’est étonné : « drôle de terroir, tout de même : on a les pieds dans l’eau, et pour seul horizon un clocher de temps en temps ». Il découvrait le marais. Et puis, il s’est aperçu que le paysage était plus varié que ce qu’on croit d’abord. Et il a fait connaissance avec des autochtones : « ils sont sympas, ces petits machins avec de grandes pattes rouges, et ces grosses bêtes emmanchées d’un long cou ». Il s’y est plu. Il s’est installé.

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Dans la tête du personnage

« Elle est bien, ton histoire, j’y retrouve tous les détails dont tu m’as parlé, les actions qui s’enchaînent, c’est logique, ça tient la route. Mais ça ne me suffit pas (je suis pénible). Je me demande, maintenant, pourquoi il fait ça, ton personnage. Et à quoi il pense. Ce qu’il ressent quand il se trouve ici, quand il agit comme ça. Qu’est-ce que tu crois, toi ? À ton avis ? Il éprouve quoi, le personnage ?
— Ben, chais pas.
— Alors, on n’a qu’à dire que c’est toi, le personnage. Imagine. Tu te trouves exactement dans cet endroit, et tu fais ce qu’il est en train de faire : ça a quel effet sur toi ? Mets-toi dans la tête du personnage. »

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La campagne, la nuit

Me revoilà à Luçon. J’ai l’impression que je viens de la quitter — ce qui n’est pas très éloigné de la vérité : je suis parti il y a quinze jours, seulement.

À la gare (un trajet sans encombre, merci — car on ne peut tout de même pas appeler « encombre » cette petite fille qui braillait devant moi tandis que je me concentrais pour lire les dernières pages, si belles, de David par André Dhôtel), à la gare, j’ai été accueilli par A., qui me dit aussitôt que C. m’a préparé de quoi me faire un petit déjeuner demain et que, ce soir, nous dînons ensemble chez Oncle Sam avec d’autres collègues. Un accueil digne de ce nom, quoi !

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Le Héros des boîtes aux lettres

Soudain, dans tous les foyers lotois, Le héros et les autres fait son apparition : il s’est faufilé dans les boîtes aux lettres, caché entre les pages de Contact lotois, le magazine du Conseil départemental.

Merci à la librairie Parenthèse à Saint-Céré pour la photo !

Il possédait quelque chose en commun avec un être

Chaque phrase de ce livre, je voudrais la reprendre à mon compte. Je voudrais l’avoir écrite. Contre-ordre : c’est exactement le livre que j’écrirais, si j’en étais capable. Que c’est beau ! Et quand j’aurai lu tous les livres de Pierre Herbart, je les relirai.