Le paradoxe de Saint-Céré

par Antonin Crenn

La « vue générale » de Saint-Céré la plus connue, c’est celle-ci : la ville étalée au pied de la colline, d’où s’élèvent les ruines du château de Saint-Laurent. Autrement dit, ce qui tient lieu de monument, de symbole, de silhouette immédiatement identifiable, d’icône incarnant l’idée même de Saint-Céré (autrement dit, ce qui tient lieu de tour Eiffel) est une chose qui ne fait pas partie de Saint-Céré, mais qui la surplombe — l’encadre — l’enlumine — c’est cela, le paradoxe de Saint-Céré. Car les tours de Saint-Laurent sont situées à Saint-Laurent-les-Tours (une autre commune, bien distincte, à laquelle il a été facile de trouver un nom).

C’est Laurent (Laurent-tout-court, pas Laurent-les-Tours) qui a dégoté cette carte postale et qui me l’a offerte. Elle date de 1933. Quatre-vingt-cinq ans plus tard, on fait volontiers la même photo : au premier plan, il y a quelques maisons de plus. Le lycée n’a pas changé, et le reste non plus. Sur mon blog de photos, il y en a quelques-unes avec un cadre presque identique.

Dans Le Héros et les autres, je parle essentiellement de ce qui n’a pas changé. Samedi prochain, j’en parlerai avec vous à la librairie Parenthèse (boulevard Gambetta), où je présente (et dédicace) mon livre à partir de 14 heures.