Pour me faire plaisir

par Antonin Crenn

J’ai visité Beugné-l’Abbé avec J.-E. On arrive par la départementale — en réalité, on marche sur la piste cyclable, en imaginant comment j’emprunterai cette même voie lorsque j’habiterai dans ce coin, à partir du 21 avril. Je logerai alors à la limite de Luçon et de Beugné-l’Abbé et j’aurai un vélo.

Sur la route, on voit un café. Oh ! un café. Ça fait plaisir, cet indice de vie humaine dans un décor qui, je ne vous le cache pas, est relativement calme par ailleurs. En face, ce magasin de cycles, qui a vécu — puisqu’on parlait de vélo à l’instant.

Quelle drôle de chose : la chapelle est à vendre. Ni dieu ni maître, dit le graffiti à l’entrée. J’ai vérifié : dieu est parti il y a plusieurs années, effectivement, lorsque le lieu a été désacralisé. Quant au maître, il est encore là, mais il aimerait se débarrasser de son bien : cette bâtisse cherche un nouveau maître. Tout autour, je vous le dis comme je vous le pense : le village est charmant, absolument charmant.

Mais, le but de la balade, c’est le communal. Je caresse secrètement l’espoir de montrer une cigogne à J.-E. — et nous tombons pile sur celle de l’autre jour, qui me reconnaît.

Amis ornithologues, dites-moi que cette plume est une plume de cigogne. Peu importe si ce n’est pas vrai : dites-le-moi pour me faire plaisir, puisque je l’ai ramassée et que je la garderai précieusement.