Quand les enfants me demandent « comment je suis devenu écrivain » et que je leur réponds que la question pourrait être, plus justement, « comment je le suis resté », je suis sincère : c’est vraiment ce que je ressens. Il n’y a pas de grande différence entre ce que je fais aujourd’hui et ce que je faisais il y a vingt-cinq ans, quand je dessinais des trucs compliqués que j’expliquais à mes parents, pour leur raconter l’histoire que j’avais en tête. Tous les enfants font pareil. Il y a une différence bien plus grande, par contre, entre moi et cette sorte d’adultes qui, un jour, cessent de dessiner, d’écrire, d’inventer, de créer, de s’exprimer. Avec des adolescents, parfois, on est déjà presque passé de l’autre côté, et il faut souffler sur la flamme pour la raviver. Il y a des gens qui font ça formidablement, entretenir la petite étincelle : des profs qui y croient — et leurs élèves ont de la chance. Je crois que c’est aussi pour ça que le courant est bien passé entre moi et les gosses de l’école de Rosnay (et je dis exprès « les gosses », parce qu’ils ont lu mon autre billet dans lequel je disais « les gosses » et qu’ils ont tiqué : « on est des gosses, nous ? » — eh bien oui, je persiste et je signe : vous êtes des gosses, et même de chouettes gosses !)
Continuer la lectureLes lieux et les faits (divers)
Heureux habitants de Saint-Michel-en-l’Herm et des environs : ils ne savent pas encore quels drames se déroulent dans leur petite commune — et, surtout, dans la tête et sur les cahiers des jeunes gens du collège des Colliberts et de la Maison familiale rurale.

Pour me faire plaisir
J’ai visité Beugné-l’Abbé avec J.-E. On arrive par la départementale — en réalité, on marche sur la piste cyclable, en imaginant comment j’emprunterai cette même voie lorsque j’habiterai dans ce coin, à partir du 21 avril. Je logerai alors à la limite de Luçon et de Beugné-l’Abbé et j’aurai un vélo.

La Faute à qui
J.-E. est venu me voir de Paris. Alors, à Luçon, on a fait comme des Parisiens : on a pris le bus. La différence c’est qu’au lieu de nous mener, par exemple, à Gambetta ou à la porte de Charenton, ce bus-là nous emmène à la mer.

Paysage surprise
Vous le saviez, vous, que Godzilla vivait caché dans un étang de Vendée ?

Ce matin, deuxième séance d’atelier d’écriture à l’école de Rosnay.
Je connais la Boucarde
Ce matin, je ne savais pas que ça existait, la Boucarde. Je suis arrivé en avance pour l’atelier d’écriture à Saint-Michel-en-l’Herm, alors j’ai fait un petit tour dans le bourg. Et, comme je suis passé devant le collège des Colliberts (c’est-à-dire : le collège d’où viennent les élèves qui se mêleront à ceux de la maison familiale rurale, tout à l’heure), je l’ai pris en photo pour la publier sur Facebook. Puis, j’ai vu l’église, le monument aux morts, la mairie. Je ne suis pas passé par la Boucarde. J’ai découvert Saint-Michel-en-l’Herm comme un touriste — cette petite ville du marais à quinze kilomètres de Luçon (c’est écrit sur le panneau Michelin, c’est pour ça que je le sais).

Tentative d’épuisement d’un lieu nellezais
Il y a beaucoup de choses sur la place de l’Île-d’Elle, par exemple : un arbre qui parle et qui craint d’être abattu, un jeune homme timide n’osant pas déclarer sa flamme, un spécialiste des monuments aux morts tombant nez-à-nez avec une vieille connaissance, un cantonnier qui déteste les mômes (et ceux-ci le lui rendant bien), un vieux Japonais se rappelant son enfance grâce au cerisier en fleurs, et bien d’autres choses encore.
La « place » est l’un des lieux nellezais (j’ai cherché : c’est ainsi qu’on nomme les habitants de l’Île-d’Elle) choisis par les élèves de l’école Jacques-Prévert et du collège du Golfe-des-Pictons.

L’arbre, la mairie, la bibliothèque
On s’attendait à voir des cars de touristes stationnés sur la placette : les gens venus du monde entier pour déambuler dans les rues de Saint-Juire-Champgillon, à la manière des fans d’Amélie Poulain posant devant les lieux-clés d’un Montmartre en carton. Eh bien, non : bizarrement, nous étions les seuls. Autour de l’église, des chats se disent : « chouette, enfin des touristes ! » mais, moi, je ne les photographie pas, au risque de les frustrer.
Saint-Juire ! Tout de même ! C’est ici que le maire, Pascal Greggory, voulait construire sa médiathèque, à la place du fameux arbre. L’arbre, le maire et la médiathèque : c’est mon film fétiche. Pas de panneau à l’entrée du village pour nous accueillir : « Bienvenue chez Éric Rohmer ». Étrange.
Continuer la lectureIl est fin, ce roman, discret et à la fois porteur d’un univers personnel en pleine expansion

Sur l’Instagram de Bookalicious, oh, cette photo. Et je lis ceci : « Il est fin, ce roman, discret et à la fois porteur d’un univers personnel en pleine expansion. Antonin Crenn raconte l’évolution d’Alexandre, qui se retrouve à vivre seul dans un petit espace qu’il doit réorganiser alors que des pliures traversent l’appartement d’un ami, et que l’impasse où habite un autre disparaît parfois. Au fil d’une écriture poétique et minutieuse, tendre et précise, c’est un véritable jeu de miroirs qui se met en place, reflétant une connaissance pointue de Paris, un goût certain pour l’architecture et un joli rapport au passage à l’âge adulte. À la fois roman d’apprentissage et roman urbain, l’Épaisseur du trait dessine un espace à géométrie variable, mais toujours positive. »
Le chemin qui bifurque
Les cartes topographiques IGN, ce n’est pas rien. La mienne est étalée sur la grande table de la salle à manger depuis le premier jour. Je m’y promène.
