Nous avançons sans flamme

Souvent, il vaut mieux être un peu vêtu que pas du tout. Par exemple, sur la plage : certaines personnes ne sont pas très désirables, toutes nues ou presque, alors qu’elles pourraient nous plaire, habillées. L’inverse est même plutôt rare. C’est cette histoire de dévoilement, de suggestion : la curiosité de glisser un œil dans un col …

Nous nous reverrons très vite

Une fête est donnée dans un parc, avec lampions, guirlandes, fanions. Une ambiance bon enfant, du genre guinguette. Ce n’est pas une foule, c’est un mouvement gai, les gens arrivent par grappes, ils ont l’air heureux. La fête a lieu malgré le confinement. Ou plutôt, elle nous est offerte parce que nous sommes confinés : il …

Le voyage (c’était doux)

C’était mon cadeau d’anniversaire : J.-E. m’a emmené voir la mer. On a pris le train à travers un brouillard opaque. Dans cette ville où nous arrivons, les avenues sont larges et longues, les immeubles hauts. On n’en voit pas le bout, ni le haut : perdus dans la blancheur épaisse de cette atmosphère bizarre. La mer …

Montauban, espace-temps

Le temps était gris, le temps était à la pluie. Puis le ciel s’est dégagé, enfin : cet après-midi, deux heures libres, pendant lesquelles il fait jour. Je voudrais découvrir la ville, un peu. Le temps est passé, mais pas trop vite : partout ces mêmes maisons de brique rose. Pas de construction moderne, le vingtième siècle …

Quand il se passera quelque chose

Ça se passait jeudi prochain, c’est-à-dire à cette soirée, à la bibliothèque Saint-Éloi. Il y avait du monde dans la salle : des gens assis sur des chaises. Je ne voyais pas les visages, ce n’était pas cela qui était important. Je m’intéressais plutôt à la femme devant moi, qui interprétait mes paroles en langue des …

L’exotisme, quand même

J’ai découvert plusieurs choses exotiques aujourd’hui. La première, c’est qu’on a déjeuné dans un shopping mall qui était, ma foi, agréable – et je sais combien cette remarque peut sembler étonnante, surtout quand on me connaît, mais franchement l’endroit était chouette. C’était en plein air : une rue bordée de magasins qui ressemblent à des maisons. …

C’était même balnéaire

Cela faisait, quoi, six semaines que je n’étais pas descendu sous terre, à cause des cinq passées en Vendée, puis de celle qui vient de s’écouler pendant laquelle je ne me suis déplacé qu’à pied et, une fois, en bus, c’est-à-dire au-dessus du niveau du sol ; mais hier soir, on a pris le métro, J.-E. …

Naissance d’un jardin

Rentrant à Paris après quatre semaines d’absence, j’ai été voir tout ce qui avait changé. Les modifications qui s’étaient opérées dans le cœur de la ville — parce que le cœur de la ville change plus vite, heureusement, que ma forme de mortel (à moins que ce ne soit l’inverse ?). Le jardin de la rue …

Le square

R. et S. sont des enfants, donc ils ne peuvent pas rester tout seuls pendant que leurs parents sont occupés à déménager — plus spécialement, à transférer tous les meubles et les cartons d’un côté à l’autre de la porte de Charenton : à leur nouvelle adresse, R. et S. auront chacun leur chambre. En attendant, …

En voix

Ce sont six extraits de L’épaisseur du trait, que je lis avec ma voix et que j’accompagne d’image. On peut les voir, au choix : comme des avant-goûts (on dit aussi « bande-annonce ») ou comme des souvenirs (après qu’on a déjà lu le livre). C’est vous qui voyez.