Mercredi 12 avril 2006

Encore une journée pour rien. Bon. Faut que je me prenne en main.

Je passe presque toute la journée à me casser la tête sur l’ordinateur pour faire le montage d’un film d’animation d’une minute seulement. Ce n’est pas rentable. Mais je m’amuse.

Coup de fil de Camille G*.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no8 (intitulé Croissance exponentielle, 19 mars – 23 juin 2006), j’ai dix-huit ans.

Mardi 11 avril 2006

Un mois pile-poil qu’Internet est en panne. Relou.

Je lave mes carreaux. Je dessine dans mon carnet de croquis. Je lis les nouvelles du recueil qu’on a écrit en cours de français. Je vernis mon Torink en argile. Je regarde Un chant d’amour de Genet. Je me branle.

Une journée pour pas grand-chose. Mais j’aime bien (comme dirait l’autre).


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no8 (intitulé Croissance exponentielle, 19 mars – 23 juin 2006), j’ai dix-huit ans.

Lundi 10 avril 2006

Je poste mes lettres pour Flore et B*. J’espère que B* aura la bonne idée de me faire signe quand il aura reçu la sienne.

Ce soir je regarde Billy Elliott et plusieurs fois je suis près de pleurer.


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Dimanche 9 avril 2006

Souvenez-vous : aux dernières vacances, Flore m’avait envoyé un Mr. Jekyll par la poste… Je me venge : à mon tour de lui envoyer un Torink. Je lui fais un Torink grandeur nature (sur une feuille au format raisin) que je plie en tout petit, comme une carte routière. J’y joins une photo dédicacée de Torink et je glisse le tout dans une enveloppe transparente. Je m’amuse comme un petit fou.

Juline revient de Londres. Elle y a passé deux jours avec Seb.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no8 (intitulé Croissance exponentielle, 19 mars – 23 juin 2006), j’ai dix-huit ans.

Samedi 8 avril 2006

Je vais en gravure pour la troisième fois. Je choisis le bois. Je suis satisfait du résultat. C’est pas mal du tout ! Il y a Étienne et Camille B*.

C’est les vacances.

L’après-midi, je me promène, je vais aux bibliothèques du Pecq, pour voir. En ce moment, je lis De Profundis.

J’écris à B*. Une lettre de quatre pages en BD. Je joindrai Bazart no2 et un tirage de ma gravure de ce matin.


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Vendredi 7 avril 2006

À 10h30 je viens trouver le prof de com’ M. Thibault pour lui montrer mon travail : je me pointe pendant son cours avec les première année de BTS… D’où : occasion de voir É*. D’échanger deux mots avec lui — mais pas les mots que je voudrais.

À 11h30 je m’impose à leur table, et j’ai assez bien calculé mon coup pour me trouver face à lui, comme la première fois. Et, comme la première fois, ce n’est pas forcément lui le plus bavard.

C’est agréable. Mais, au moment où je pourrais être seul avec lui, je renonce. C’est peut-être par manque de courage, comme d’habitude, mais je crois que c’est aussi par doute. Ai-je vraiment envie de le connaître, finalement ?

Il a payé 170 € une place pour un concert de Madonna.

J’ai peur.

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Jeudi 6 avril 2006

Conseil de classe. Il n’aurait pas pu se passer mieux. Sur mon bulletin, il est écrit : « En tous points remarquable. Correspond de manière exceptionnelle à la section demandée. » Pour tout le monde, y compris les profs, il paraît évident que je serai pris en BTS. Pourtant, je n’arrive pas à me sentir bon. Et soudain, je pense à S* au lycée, à son manque de confiance en elle, et à tous ceux qui l’accusaient d’être faussement modeste.

Cet après-midi, pendant une heure, j’ai Mmes Marot et Smadja rien que pour moi, qui examinent mon dossier, sélectionnent mes travaux, me conseillent. Quelle chance.

Après les cours, Judicaël nous invite au café : Flore, Camille, Lydia, Célie, Étienne et moi. J’aime de plus en plus cette femme. Très étrange, voire carrément givrée, mais très attachante. Elle me donne un exemplaire du livre qu’elle a sorti pour son expo à la Salpêtrière, il y a onze ans.


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Mercredi 5 avril 2006

Ce matin, on se pointe à 8h30 et on s’aperçoit que la prof est absente. Immédiatement, je l’interprète comme un signe du destin en suivant le cheminement suivant : pas cours = possibilité de déjeuner à 11h30 = voir É*.

Or, quand j’entre à la cantine à 11h30, il est déjà assis et, au lieu de me mettre avec lui, je vais seul. Jie et Yan se joignent ensuite à moi. Nous avons une conversation très intéressante.

É* sort de table, seul. C’est le moment de le voir, de lui dire cette phrase que je répète en moi depuis une semaine… Je reste assis.

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Mardi 4 avril 2006

L’école ferme à 12h30 à cause de la manif (qui commence à République, cette fois, et va vers Italie). Je mange un casse-croûte avec Célie au square du Temple. Il fait beau.

À 14 heures, on retrouve devant l’école des gens de chez nous, mais aussi d’Olivier-de-Serres, des Ateliers et des Beaux-Arts. On défile ensemble. Il y a donc Célie, Camille G*, Léo, Louise, Isabelle, et les mêmes trois de mànaa C que la semaine dernière (pas un seul élève de B ! « mànaa B, macchabées ! mànaa B, dégonflés ! ») Je porte momentanément la banderole, je suis couvert d’autocollants. Je prends des tracts, dont celui de la LCR qui m’est tendu par Olivier Besancenot (j’ai vu aussi Arlette Laguiller plus loin).

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Lundi 3 avril 2006

Pas cours. Travail.

Vendredi dernier, Chirac s’est ridiculisé en promulguant la loi du CPE tout en demandant qu’elle ne soit pas appliquée. Cette pseudo-concession ne suffit pas, évidemment : la manif de demain mardi est maintenue.

Cette nuit, j’ai rêvé que j’y étais (É* aussi y était). Nous manifestons, nous les Duperriens. Nous arrivons à un endroit où le pont du métro surplombe la rue ; là-haut, un flic devenu fou nous balance toutes sortes de projectiles, et des gros. On a peur. On opte pour la résistance passive. On s’assoit.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no8 (intitulé Croissance exponentielle, 19 mars – 23 juin 2006), j’ai dix-huit ans.