Dimanche 14 mai 2006

J – 3.

Je travaille à fignoler mon dossier. Je fais une quinzaine de croquis dans mon gros carnet (qui en totalise maintenant cent-vingt-sept).

Vers 18h30, j’ose enfin appeler É*. Il est dans le métro, on s’entend mal, on ne parle que deux minutes. Mais je n’avais pas envie d’un long entretien. Je n’aime pas le téléphone. Quand je suis face à la personne, je sais que je peux être intéressant et spirituel (parfois), mais le téléphone m’intimide et je ne suis capable de rien.

Sa voix est agréable. Nous nous sommes dit que nous pourrions nous voir, un de ces jours… Un weekend, car il travaille à présent (il est en stage).

C’est étrange. J’ai peur qu’il se méprenne, qu’il m’imagine en amoureux transi qu’il faudrait ménager, et qu’il m’accorde une entrevue par charité. Je n’ai pourtant aucune raison de craindre cela. Je me suis mis dans une situation absurde et complètement artificielle. Il doit vraiment se demander qui est ce type, et ce qu’il lui veut.

Immédiatement après, j’appelle Camille et notre conversation commence comme suit :
« Salut ! Je ne te dérange pas ?
— Non, mais là, je suis dans le métro, alors on risque d’être coupés.
— Je viens de parler à quelqu’un qui m’a dit exactement les mêmes mots… »


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no8 (intitulé Croissance exponentielle, 19 mars – 23 juin 2006), j’ai dix-huit ans.

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