Mercredi 2 mars 2005

J’avais écrit « mercredi 30 février » : ma montre était mal réglée.

C’est dingue : je passe presque des vacances normales. Je vois des gens, je sors… Lundi, j’ai vu Benoît. Hier, j’ai vu S*. J’étais chez elle, cette fois. Ce que j’aime bien avec S* : on papote, on papote. Et pour la première fois de ma vie, j’ai fait ce que tout le monde fait depuis toujours : j’ai parlé librement des mecs, j’ai donné mon avis. S* a dit : « Florian, il est mignon, quel gâchis » (c’est idiot). Je lui ai répondu : « Hé, ho, c’est pas du gâchis pour tout le monde, pense un peu aux autres. Heureusement qu’il m’en reste… Imagine que, moi, je me dis ça pour 95 % des mecs. » Puis, je lui ai laissé entendre que B*…

Aujourd’hui, je suis allé à Beaubourg avec Juline. Pour nous, c’est gratuit : moi parce que j’ai moins de dix-huit ans, elle parce qu’elle étudie les arts plastiques. J’étais déjà venu il y a longtemps, avec ma classe de cinquième et notre prof d’arts plastiques, Mme A*. C’est… hum… spécial. Il y a des trucs que j’aime bien. Certaines œuvres, parce que je les trouve expressives. D’autres, parce que je me dis : « Quelle bonne idée, j’aurais aimé l’avoir. » C’est le cas des ready made de Duchamp : c’est limite du foutage de gueule, mais c’est génial. D’autres œuvres, par contre… J’y suis totalement hermétique. D’autres encore qui me mettent franchement mal à l’aise (j’imagine que c’est le but). Le body art de Gina Pane par exemple : elle se mutile, et c’est ça son œuvre.

Puis, on a été aux Halles, puisque c’est à côté. Juline voulait des fringues, encore. J’ai été patient. (J’exagère, parce qu’elle n’a pas pris tellement de temps.)

Et je continue… Demain… B* vient ! Chez moi ! C’est génial. Mais, comme je suis compliqué, je m’inquiète. J’ai toujours peur que les gens s’ennuient avec moi. Et surtout lui, qui est parfois si mutique – mais en général, avec moi, pas trop. Et puis là, c’est différent : c’est les vacances et il vient me voir. C’est moi qui le lui ai proposé. Je ne pensais qu’à ça depuis son retour de voyage. Je sais : je suis ridicule.

J’ai encore rêvé de lui. C’est con, mais maintenant, les rares fois où ça ne m’arrive pas, je suis déçu ! Ça me plaît, d’être dans cet état bizarre. Si c’est ça être amoureux, eh bien j’aime ça. Même si je sais que ça ne mènera à rien, je m’en fous. J’aime l’idée d’être amoureux. C’est agréable.

Mais il faut pas que je me prenne trop la tête, parce qu’il ne faudrait pas que ça se voit.

J’aurais préféré qu’on sorte, qu’on aille manger quelque part. Mais, avec ce temps pourri… Il caille vraiment. Et cette neige ! Au début, j’aimais bien, mais on s’en lasse. Ça dure.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no3 (Finalement, c’est comme tout, on s’y habitue, 19 janvier – 15 mars 2005), j’ai dix-sept ans.

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