Dimanche 17 avril 2005

C’est le matin, j’ai déjà un peu travaillé. J’ai fait, d’une traite, le plan de ma dissertation de philo pour jeudi, dont le sujet était : « Liberté, égalité, ces deux exigences sont-elles opposées ? » C’est intéressant, ma foi. Et ça ne m’incite pas à me torturer l’esprit, à me poser des questions sur moi-même : c’est une réflexion objective, théorique. Pas de contre-indication, donc : je peux y aller tranquillement.

Mercredi, j’ai été à la Maison pour tous pour trouver Yao : vous savez, mon ancien prof de dessin. Pour lui montrer ce que je dessine maintenant. Ça lui a fait plaisir, et à moi aussi. Il est super, toujours très enthousiaste, prêt à donner des conseils. Je pense que je retournerai le voir mercredi prochain, pour voir s’il peut m’aider à réfléchir sur les sujets du concours d’arts appliqués.

Je suis content de ma fin de semaine, socialement. J’ai passé les heures de déjeuner et de perm avec des gens sympas, vers qui je ne vais pas souvent. Je me socialise, c’est bien. Par exemple, jeudi midi. Souvent, le jeudi, à cause de contingences horaires, je galère pour savoir avec qui manger, car l’autre classe (celle de S* et B*) ne sort pas à la même heure. Parfois, je cède à une faiblesse qui me pousse à manger seul. Ça, ça va encore. Mais le pire, c’est après : quand je sors de la cantine et qu’il faut passer le restant de l’heure à ne savoir que faire, ni où aller… Je galère sérieusement et me laisse aller à la déprime. Eh bien, ce jeudi, j’ai osé m’incruster avec Camille et sa copine Bénédicte et on a causé une heure. De nos lectures, surtout. Elles sont toutes les deux de bonnes lectrices. Puis, l’après-midi, j’ai causé avec d’autres de ma classe, qui s’avèrent très sympathiques. Je sympathise aussi avec Arnaud, l’agitateur gauchiste de la classe.

En ce moment, il y a ce débat en France sur la Constitution européenne, à cause du futur référendum. On a eu droit, il y a quelques semaines, à une « conférence d’information » présentée par le député UMP local. Autrement dit, c’était plutôt une séance de propagande pro-oui. Moi, je serais plutôt pour le « non ». Alors, pendant cette conférence, Arnaud, moi et quelques autres, on a posé des questions à ce député, du genre qui dérangent. Mais on a été frustrés, parce que c’est un politicard bien rodé à la langue de bois, très habile pour détourner toutes nos questions. Enfin, non : pas si habile. C’était même assez grossier. Il répondait complètement à côté, sans état d’âme, sans se préoccuper de savoir si on avait saisi son petit jeu.

On a parlé de cette constitution hier, avec S*. Elle est pour le « oui ». On ne devrait pas causer politique tous les deux, parce qu’on n’est jamais d’accord. Hier, elle a été très contrariée que je la contredise comme ça. Je n’ai pas envie de refaire le débat ici, mais, en gros, je résume. Nous sommes tous les deux pour l’Europe. Elle est plutôt pour « aller de l’avant, continuer la construction européenne », et contre « l’immobilisme » qui me commanderait de voter « non ». Moi, je lui dis que je préfère ne pas avancer, plutôt qu’avancer dans le mauvais sens. Je préfère une construction européenne qui irait « lentement mais sûrement » à cette attitude qui consiste à dire : « Allons-y vite, on réparera les dégâts après coup. » Bon, de toute façon je ne voterai pas, je ne suis pas majeur.

Dans la nuit de vendredi à samedi, a débarqué C*, le Marseillais… Comme d’habitude, c’était improvisé et désordonné… Il est reparti dans l’après-midi, je l’ai à peine vu.

Hier, une lettre de R*, à laquelle il joint un conte qu’il a écrit et illustré : Le petit ver ridicule. J’ai aimé, c’est poétique sans être gnangnan du tout. Et les dessins sont rigolos. Comme j’ai fini, hier, de mettre en couleurs sur Photoshop la couverture d’Anatole et les trois ours, je vais lui en envoyer un exemplaire. Je lui envoie toujours toutes mes BD.

Je vais rebosser un peu : réviser mes textes d’espagnol. J’ai un bac blanc oral cette semaine.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no4 (À la découverte de la vie normale, 13 avril – 6 juin 2005), j’ai dix-sept ans.

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