Lundi 30 mai 2005

Le « non » l’a emporté à 55 % : victoire incontestable. Je ne sais pas si j’ai raison de l’être, mais je suis content. Maintenant, on attend de voir ce qui se passera… Bon. Je file au lycée.

Plus tard

Aujourd’hui, S* a fait la gueule. Vraiment. Elle tirait une tronche de trois kilomètres de long. Elle en voulait à tout le monde. Elle était triste et déçue. Elle a même pleuré (sur l’épaule consolatrice de Florian). Elle n’a pas supporté la victoire du « non ». C’est bête de se mettre dans cet état pour ça. Je comprends qu’elle soit déçue, puisque ça lui tenait très à cœur, mais une déception électorale mérite-t-elle qu’on fasse la gueule au monde entier, et en particulier à ses amis ? Pendant le déjeuner, elle n’a pas dit un mot. Tant pis : on a discuté et rigolé sans elle (Lisa, Amandine, M* et B*). À 17 heures, on est rentrés ensemble du lycée, et on a pu avoir un échange normal (sans parler d’hier soir, donc).

Raffarin va être viré. Ça fait déjà un an qu’il devrait être parti (après les régionales), mais là, ça y est, il est plus que grillé : il doit dégager. Je comprends qu’on n’exige pas la démission de Chirac (même si ça ne serait pas une mauvaise chose) ; mais celle du gouvernement, c’est vraiment le minimum.

À part ça : trois heures de perm dans la journée. La première, le matin, je suis rentré à la maison. Mathieu n’était pas là ; S* faisait la gueule chez elle ; je ne voulais pas voir B*. À la maison, j’ai écouté des CD de maman, sur la chaîne de Juline. J’ai écouté la chanson Petit pédé de Renaud et je l’ai apprise par cœur. J’ai passé les deux autres heures de perm avec Mathieu, Jérôme, M*, Adeline. J’ai pris le numéro de téléphone de Mathieu. Quelle audace !

Plus qu’un jour de cours. Plus que quatre jours avant le bac d’espagnol. La vie est assez agréable en ce moment.

Plus tard

J’ai passé un petit moment à relire des passages de mon journal. J’aime faire ça. Souvent, je me surprends. Je me dis : « Comment ai-je pu écrire ça ? » Soit parce que je me trouve excessif (quand je déprime), soit parce que j’avais oublié mes états d’esprit précédents.

J’ai envie de parler de B*. Ça a évolué un peu. Je suis moins obnubilé. Il me trouble toujours autant, quand il est face à moi, mais j’arrive à prendre du recul. J’arrive à voir ses défauts, ses failles. Je comprends qu’il n’est pas parfait. Avant, je me disais : c’est normal que je sois amoureux, puisqu’il est le mec idéal. Aujourd’hui, je me dis : je suis toujours amoureux, mais je ne comprends pas ce que je lui trouve.

Oui : qu’est-ce que je lui trouve ? Certes, il y a son physique. Là-dessus, je n’ai pas changé d’avis. Il a un corps magnifique, un sourire terrible, etc. Vous connaissez la chanson. Mais ça ne peut quand même pas se limiter au physique ! Je ne suis pas un garçon si futile ! Il y a forcément autre chose… mais quoi ? L’objectivité n’est pas possible.

Plus tard

Vous voulez une anecdote ridicule ? L’an dernier, quand B* m’a présenté Adeline, eh bien cette fille m’a plu immédiatement. J’ai aussitôt aimé les choses qui font que nous sommes amis aujourd’hui. Le truc marrant (voilà, j’y viens), c’est que je m’étais mis en tête qu’il fallait que je tombe amoureux d’elle. C’était l’époque où je me désespérais d’être inexpérimenté en amour, un étranger à ces choses, mais que je ne pensais pas encore être pédé. J’ai voulu que cette fille me plaise. Je me suis fait des films. Bien sûr, ça n’a pas marché. Ridicule, isn’t it ?


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no4 (À la découverte de la vie normale, 13 avril – 6 juin 2005), j’ai dix-sept ans.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.