Jeudi 2 juin 2005

Je viens de finir Le protocole compassionnel d’Hervé Guibert.

Je viens de penser à un titre pour le volume de ce journal, qui se termine : À la découverte de la vie normale. Depuis quelque temps, je me sens comme un explorateur qui commence à comprendre la vie. Je viens d’entrer dans ce monde que tout le monde connaissait déjà, et dont je m’étais exclu. Maintenant, je me comporte normalement, librement. Je suis (un peu seulement, mais c’est déjà beaucoup) désinhibé. J’ai l’impression qu’on peut me comprendre.

Cette nuit, un rêve à la con. C’était un voyage scolaire, en car. Toute la classe partait à Moscou pour la matinée (oui, pour la matinée seulement). On allait au théâtre Bolchoï voir un spectacle, qui ressemblait plutôt à une animation de train fantôme. Après la représentation (qui a duré moins d’une demi-heure : j’étais déçu, je trouvais que c’était cher pour ce que c’était), on est immédiatement remontés dans le car. Ensuite, je me vois dire à maman : « C’est dommage qu’on ne soit pas restés un peu sur place après le spectacle. Tant qu’à faire tout ce trajet, on aurait pu visiter la ville. Ou, au moins, passer en car sur la place Rouge. J’aurais aimé voir la place Rouge ! » Je lui ai dit que le théâtre était situé sur une place avec une statue de Lénine au centre, qui devait donc s’appeler la place Lénine, sans doute. Elle me répond : « Oh, tu sais, il y en a beaucoup, des places Lénine à Moscou. »

Aux Pays-Bas, la Constitution européenne a été rejetée à 62 %. Ils se sont lâchés ! Ça pour un « non »…

Plus tard

Au lycée, j’ai croisé M. A* à qui j’ai serré la pince, il allait faire un badminton avec Camille et d’autres. Et j’ai rencontré Alexandre, un mec qui était dans ma classe au collège et qui venait passer son oral d’anglais dans mon lycée.

J’ai reçu mon tout dernier numéro de Spirou. Ça fait bizarre. Vous savez quoi ? Je collectionne les étiquettes de mes Spirou : celle qui porte mon nom, collée sur le magazine. Je les ai quasiment toutes, du 3203 au 3504 (le numéro du magazine est écrit dessus), soit deux cents étiquettes (en gros) qui correspondent à quatre ans de Spirou. Quatre ans de Spirou, c’est presque un quart de ma vie. Et encore : je ne compte que l’abonnement, parce que j’ai déjà deux ans de Spirou avant, que j’achetais chaque semaine. Ça prend de la place, mais ça ne me déplaît pas.

J’ai lu le dernier Soda : j’attendais que tous les épisodes soient parus pour lire l’histoire en entier. J’aime l’ambiance de Soda : les cadrages, les dialogues, et les dessins magnifiques de Gazzotti. Plusieurs fois, j’ai passé de longues minutes à les observer, sans lire l’histoire. Il sait dessiner toutes les émotions, et puis Soda est très beau, ce qui ne gâche rien.

Je me suis amusé à répondre à un auto-interrogatoire à la fin de ce journal, pour me décrire le plus précisément possible. C’est un arrêt sur image : voici ce que je suis aujourd’hui ; à comparer avec ce que je serai plus tard.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no4 (À la découverte de la vie normale, 13 avril – 6 juin 2005), j’ai dix-sept ans.

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