Jeudi 17 février 2005

Je ne me comprends pas. Soit je suis affreusement timide, soit je suis simplement con.

Je vous disais hier que j’avais envie de faire connaissance avec ce Florian. Le plus simple serait qu’il vienne vers moi, mais il n’a aucune raison de le faire. Je dois donc prendre sur moi, et aller lui parler. Ce ne sera pas difficile, car je sais qu’il est ouvert à l’idée de me connaître. Il n’y a aucune raison qu’il ne le veuille pas.

Ce midi, à la cantine, il était avec ***, à la table à côté de la nôtre. C’est marrant comme hasard, car je le cherchais justement des yeux. S* a été lui dire bonjour. Je me suis dit : « Il faut que j’aille le voir, après. Pas devant tout le monde, mais après, oui. » Mais, ensuite, on est sortis dans la cour. Je savais où il était : il devait être en perm. Mais je n’ai pas osé y aller, alors que j’en mourrais d’envie. Je suis rentré à la maison, en ruminant. Il fallait que j’ose, avant les vacances (après-demain) ! Je le voulais ! Et je ne l’ai pas fait.

L’après-midi, j’ai glandé. Puis je me suis rappelé un truc : mon dossier d’inscription ! Il faut que je le fasse remplir par la proviseur et une autre prof, avant les vacances ! C’est trop important. Je suis donc retourné au lycée à l’heure de la récré, pour voir cette prof. Mais elle n’a pas cours aujourd’hui : je devrai donc arriver en avance demain, pour ne pas la rater.

À ce moment, je me suis dit : « C’est la récré… Je vais peut-être croiser Florian ? » Et soudain, pan ! Qui vois-je ? Florian. Seul ! Qui a fini les cours. La situation idéale. Il faut que j’aille le voir… Et donc, que s’est-il passé ? Je me suis dégonflé. Le temps que j’hésite, il a trouvé un pote avec qui causer. Alors je me suis dit : « Je vais faire un tour dans le lycée pour reprendre mes esprits, puis revenir devant la grille et attendre que son pote se barre. Puisqu’il a fini les cours, ils sera libre. » Je me remets donc les idées en place, et je reviens. Il n’est plus là ! Merde ! Il est où ? Peut-être retenu dans la cour du lycée ? Bon. J’attends devant la grille. Si c’est ça, il finira bien par ressortir… Mais non. Je sais que non. Il est parti, tout simplement. Il est rentré chez lui.

Pour résumer : j’avais une occasion en or, et je l’ai laissée passer. Pourquoi ? Je n’avais rien à perdre, ce type ne me connaît pas ! Et je ne l’aurais pas dérangé, puisqu’il était seul. Et S* lui a parlé de moi… Et puis merde. Je m’en veux. Je suis vraiment con.

Demain, j’ai l’épreuve d’éco de 8 h 30 à 13 h 30, puis vacances. Je n’arriverai plus à le voir. Quel nul !

Je m’en veux, aussi, parce que cette petite histoire a pris une importance considérable dans ma tête, alors qu’elle ne devrait pas. Rentré à la maison, après ça, je ne pouvais plus penser à autre chose. Pourtant, si j’ai été au lycée cet après-midi, c’était pour une tout autre raison, très précise, et autrement plus importante ! J’ai ce dossier à faire remplir pour demain et je ne sais pas comment je vais m’y prendre. Mais ça me passe au-dessus.

Une autre chose qui me passe au-dessus : le bac blanc. Bon, pour l’instant j’ai tout réussi. Ce matin, c’était maths, c’était d’une simplicité terrible. Demain, c’est éco et je n’ai pas révisé, je pensais le faire cet après-midi. Je m’y suis mis à 15 h 30 et, cinq minutes plus tard, je suis reparti au lycée. Et au retour, je n’avais plus la tête à ça. Je m’y suis remis quand même : j’ai survolé six mois de cours en vingt minutes. Je ne sais pas si c’est le signe de mon grand génie, ou plutôt de ma flemme extrême. C’est pas sérieux, j’ai honte. Le pire, c’est que je m’en rends compte (puisque je l’écris), mais que je ne trouve pas la force de m’y mettre. Tant pis. Je ne peux tout de même pas foirer mes SES, ce n’est pas si compliqué, je saurai me démerder.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no3 (Finalement, c’est comme tout, on s’y habitue, 19 janvier – 15 mars 2005), j’ai dix-sept ans.

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