Vendredi 27 mai 2005

Canicule. Vraiment. Insupportable. J’ai horreur de la chaleur. Et pas question que je me ramène au lycée en short ! Alors j’endure, stoïque.

J’ai déjeuné seul avec Adeline. Cette fille est super. D’un côté, elle me parle beaucoup d’elle, de ses problèmes, etc., mais d’un autre côté elle est très réceptive à ce que je lui dis. Par exemple, après m’avoir parlé de problèmes avec son copain, elle m’a demandé : « Et toi, ça va ? » C’est rare. C’est un vrai « ça va », qui attend une réponse. Pas un « ça va » machinal. J’ai l’impression d’être compris. C’est rare. Tous les autres, malgré leur bonne volonté, j’ai l’impression qu’ils ne me comprennent pas. Avec elle, quelque chose de plus se produit. Je ne sais pas pourquoi, ça ne s’explique pas.

Si, tout de même : il y a un détail qui n’est pas anodin. Concernant B*, elle me comprend. Elle a vécu un peu la même chose. Il y a deux-trois ans, quand elle vivait encore à ***, elle est tombée amoureuse de sa meilleure amie. Elle le lui a dit ; l’autre l’a envoyée balader. Depuis, Adeline est venue ici. Elles ne se voient donc plus très souvent, mais elles sont restées amies tout de même, malgré le petit malaise que ça a causé.

Quand je dis « amoureuse de sa meilleure amie », elle me dit que non ; ce n’était pas de l’amour comme celui qu’elle ressent pour son copain, ou pour d’autres garçons. C’était un sentiment bizarre, ambigu. Elle ne se sent pas homosexuelle pour autant.

Moi, bien sûr, je ne ferai pas comme elle : je ne le dirai jamais à B* !

En ce moment, je pense moins à lui. Même : je n’y pense plus. Je ne rêve plus de lui depuis des lustres. Je me désintoxique. Mais c’est parce que j’évite de le fréquenter… car, dès que je me retrouve face à lui, c’est toujours pareil : il me rend dingue. C’est pour ça que je m’éloigne. J’évite les tête-à-tête qui me mettent mal à l’aise. En groupe, c’est tenable.

Ça me rend un peu triste, parce que j’ai peur de perdre un ami… S’il n’y avait pas ce fichu problème, je suis sûr qu’on pourrait être de super potes. C’est dommage, mais je suis obligé de m’éloigner.

Plus tard

Je viens de terminer À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie. J’ai dévoré les trois cents pages en trois jours. Impossible de m’arracher de ce bouquin. Il me faut absolument la suite. Il faut que j’aille demain à la bibliothèque (je crois que la suite, c’est Le protocole compassionnel).


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no4 (À la découverte de la vie normale, 13 avril – 6 juin 2005), j’ai dix-sept ans.

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