Mardi 22 février 2005

Ce matin, il neige. Je suis sorti (pour acheter du pain et prendre rendez-vous chez le coiffeur). J’étais comme un gamin ! C’est tellement rare, qu’il neige. Mon manteau noir était couvert de petits flocons… Sur les rebords des bacs à fleurs, dans la rue, il y avait une couche de neige de plusieurs centimètres. C’était tentant. J’ai fait une petite boule que j’ai gardée, le temps de quelques pas, puis je l’ai éclatée dans mes mains. Ce que je préfère, c’est quand il neige les jours où je vais au lycée. Parce que je traverse une grande pelouse, et j’aime cette impression, lorsque j’arrive sur cette grande étendue blanche à 8 heures du matin, d’être le premier à fouler cette neige. Je vous l’avais dit : je suis comme un gamin.

Hier soir, à la télé, j’ai vu l’adaptation du Père Goriot. Je n’ai pas lu le roman, mais j’ai aimé ce téléfilm. C’est par le même réalisateur que Les Thibault, que j’avais adoré. Et Rastignac, c’est Malik Zidi : il était Jacques Thibault. J’adore ce type. Je l’ai rarement vu, mais il me plaît. J’aime son sourire. Pas étonnant que Vautrin en tombe amoureux.

J’ai imprimé la couverture en couleurs du Dernier chocolat de la boîte. Je vais en envoyer un exemplaire à R*.

S* vient à la maison cet après-midi.

Plus tard

J’ai dessiné. Quand S* est arrivée, j’avais crayonné toute la première planche. Maintenant, elle est encrée, et j’ai quasiment fait les deux premières bandes de la seconde. Cette fois, j’ai utilisé un feutre. D’habitude, c’est mon stylo plume. Je suis content de moi, je trouve que le dessin de la première planche est bon. J’ai un peu galéré pour le portrait de Freud, mais ça va, c’est convenable. Je vais le dessiner encore trois fois, dans l’histoire. Demain, il faut que je trouve des photos de poisson rouge et de chat, pour continuer.

J’ai dessiné en écoutant la radio. À un moment, ils ont passé Comme ils disent d’Aznavour. Je ne l’avais jamais entendue. Mais j’avais lu les paroles. C’est une belle chanson. Le personnage est pathétique, mais émouvant. Cette chanson m’a ému, mais si ça se trouve, je suis seulement ému parce que j’avais décidé par avance de l’être ? Toujours est-il que, quand le personnage rentre chez lui, seul, et ne dort pas, pensant à ce garçon si beau qui ne s’intéresse qu’aux filles, eh bien, c’est bien dit. Je ne me suis pas identifié au personnage pour autant, hein : me travestir, c’est pas au programme.

J’ai papoté quelques heures avec S*. Elle a vu Rois et Reine et n’a pas du tout aimé. Comment est-ce possible ? J’ai tellement aimé ce film… ! Mais oui, S* est S*… On ne fonctionne pas vraiment pareil.

On a parlé de M*, de B*, etc. J’ai pas mal déblatéré sur M*. J’ai dit que je ne voyais vraiment pas ce qu’il pouvait lui trouver. Elle, la jolie fille qui n’a rien dans la tête, qui se jette sur tous les mecs venus. Lui, intelligent sensible, introverti, qui est si beau qu’il pourrait avoir qui il veut, mais qui ne fait rien pour ça.

Je ne sais pas si je vous l’ai dit mais, en ce moment, B* est en République dominicaine. Le pauvre ! Une semaine sous les palmiers : qu’est qu’il doit se faire chier… Avec sa mère et son beau-père.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no3 (Finalement, c’est comme tout, on s’y habitue, 19 janvier – 15 mars 2005), j’ai dix-sept ans.

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