Lundi 1er août 2005

Une émission passionnante ce matin sur France Inter (« Aller-retour », de 9 à 10 heures) consacrée aux poètes de la Beat Génération : Kerouac, Burroughs, Ginsberg. Ça m’a donné encore plus envie de lire Sur la route, que j’ai emprunté à la bibliothèque la semaine dernière. J’ai appris que Kerouac était d’origine québécoise (on l’a entendu parler français à la radio, avec son accent québécois).

« Je m’voyais déjà » : j’ai posé ma planche pour le BD-FIL. Je suis incapable de dire si elle est bonne ou mauvaise, on verra bien. Les résultats sont le 15 août, mais ma tendance naturelle à me faire des films s’est emballée et, ça y est, je me vois déjà parmi les lauréats. J’ai donné un titre à ma planche, au dernier moment. Maman pense que c’est mieux. Je suis d’accord. Le titre est donc : Comme tous les matins…

Dans la rue, en allant à la poste : deux visions très agréables, qui m’ont fait penser que je n’étais pas sorti de chez moi pour rien. Un beau mec, la trentaine, en short (probablement parce qu’il travaille : sa maison est en chantier). Mais surtout : un beau facteur de vingt-cinq ans (approximativement), un garçon exactement comme je les aime. Il exerce son noble métier dans le quartier de la poste, justement. Chez moi, en temps normal, c’est Robert (un moustachu de cinquante ans) et, cet été, il est remplacé par une petite jeunette, probablement jolie, mais qui n’en reste pas moins une fille. Pourquoi ne nous a-t-on pas mis le beau facteur ?

J’ai poursuivi la lecture du Journal 4. Page 130, Fabrice Neaud est interviewé par un journaliste de radio assez naze, à propos de son Journal 1 :
« Sinon, faut dire quand même que ton sujet principal, c’est l’homosexualité […]
— Je n’ai aucun message à faire passer ! […] Est-ce que Roméo et Juliette a pour sujet l’hétérosexualité ? Non ! »

C’est valable pour moi. B* n’a pas pour sujet l’homosexualité. Son sujet, c’est plutôt : un adolescent confronté à son premier émoi amoureux, et sa difficulté à accepter que cet amour est impossible. Le fait que cet amour soit impossible à cause de son homosexualité est accessoire. Ç’aurait pu être une toute autre raison : par exemple, la personne qu’il aime ne l’aime pas. Rien de plus banal ! Je n’ai pas de message à faire passer, moi non plus.

Les choses impudiques que j’ai écrites hier étaient une sorte de test. Je constate qu’il est réussi. J’ai franchi le cap : j’ose parler de ces choses aussi. Je suis un peu moins coincé, un peu désinhibé. Il faut dire que, avant, je n’osais même pas écrire certains mots dans mon journal. Autrement dit : je n’osais même pas les dire à moi-même !

Je pars en vacances demain. Il faut que je prépare mes affaires. Je vais apporter de quoi écrire et dessiner, et des bouquins. Pas de BD, car je les lis trop rapidement et ça prend de la place. Plutôt des romans. Je pense à : Kerouac, Sur la route ; Fante, Demande à la poussière (la suite de Bandini) ; Brautigan (on en a encore deux à la maison que je n’ai pas lus) ; Manchette, Le petit bleu de la côte ouest. Ce dernier est un Série Noire : on en a des tas. Si je veux lire celui-là, c’est parce que le prochain album de Tardi est l’adaptation de ce roman. Selon la même logique, j’avais lu 120, rue de la Gare de Léo Malet, puis Le der des ders de Didier Daeninckx, et je m’étais mis à Pennac.

Juline m’a demandé conseil pour choisir un bouquin. Elle ne lit que pendant les vacances. Je lui ai fait lire Les lois de l’attraction (Bret Easton Ellis) et je viens de lui conseiller Un privé à Babylone de Brautigan. Ce livre me fait penser à Mathieu. Il m’avait raconté que, souvent, il vivait des vies parallèles : il a des vies fantasmées et rêvées, minutieusement construites dans sa tête, dans lesquelles il se plaît à évoluer. Une vie de champion de golf, notamment. Dans ce roman, le « privé » vit une vie parallèle situé dans cette Babylone fantasmée.

Ce journal est terminé. Il m’aura duré deux mois.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no5 (intitulé B*, 8 juin – 1er août 2005), j’ai dix-sept ans.

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