Jeudi 22 juin 2006

J’ai monté mon petit livre, que j’intitule Catalogue. Le résultat me plaît, c’est assez joli et élégant.

À 19h30, je retrouve J*-E* pour deux heures formidables. Finalement, pourquoi aller chez lui ? Il a le don pour proposer des petits endroits charmants, et toujours en me laissant le choix. Nous allons au Trésor, ou un nom comme ça, en tout cas c’est dans la rue du Trésor, une impasse dans le Marais. Dans le quartier gay, mais pas un resto gay — un peu comme la dernière fois, rue Quincampoix. On s’installe en terrasse parce qu’il fait beau.

Cette fois, on parle de nos « différence et sensibilité » et je suis content de voir qu’il est curieux de ma vie et, encore une fois, assez proche de moi — il a ressenti des trucs un peu comme moi.

Cette fois-ci, ses intentions ne me semblent plus aussi claires. Jusqu’ici, le champagne, le cadeau, c’était évident pour moi. Mais ce soir, j’ai l’impression que nous ne sommes plus dans le même jeu, c’est purement amical. Je ne le déplore pas forcément, c’est peut-être aussi bien ainsi. Vraiment, je sens qu’il se passe quelque chose de fort parce qu’il a su se rendre indispensable en si peu de temps, et j’ai vraiment envie qu’on soit amis. C’est complètement inédit pour moi, ce genre d’amitié, parce qu’il est quelqu’un de doublement comme moi, à la fois garçon et homosexuel, c’est formidable.

Il est étonnant, car il connaît tellement de choses ! J’avais déjà écrit, je crois, qu’il connaissait l’endroit où je vis, et Saint-Germain ; même la forêt de Marly, où je bosserai en juillet, ne lui est pas tout à fait étrangère.

C’est lui qui m’invite, cette fois aussi. Mais ça lui semble naturel. C’est vrai qu’il gagne sa vie.

Puis il m’emmène sur l’île Saint-Louis, manger une glace chez Berthillon, qu’il me présente comme l’un des meilleurs glaciers, et qui propose des tas de parfums fantaisistes. Je prends chocolat blanc, il prend pain d’épices (si si, ça existe).

Je lui ai montré Catalogue et il a trouvé ça « génial ». J’en étais sûr ! Il me dit qu’il aimerait le revoir, parce que « ce petit livre est peuplé d’indices sur ta vie ».

Nous prenons le métro à Saint-Michel et nous séparons à Châtelet. J’arrive à la maison pile-poil à l’heure convenue.


J’ai oublié d’écrire que j’ai eu droit à une heure d’Internet, par un miracle que je n’explique pas. J’ai discuté avec A*, vous savez, celui qui m’avait donné ce petit mot dans le RER en début d’année. Nous n’avions pas eu de contact depuis son mail, il y a quatre mois (avant la panne) et ça me fait plaisir de lui parler.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no8 (intitulé Croissance exponentielle, 19 mars – 23 juin 2006), j’ai dix-huit ans.

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