Jeudi 2 février 2006

J’ai raté mon train ce matin, alors j’ai pris le suivant et, pour la première fois, je suis arrivé un (tout petit) peu en retard en cours. À quelque chose malheur est bon : dans le RER de 7h56, il y avait Lara (une fille de ma classe en terminale). D’où causette et feuilletage de carnets de croquis.

En histoire de l’art, j’avais un coup de cafard, le même que tous ces derniers jours, qui parfois se fait oublier et, d’autres fois, joue des coudes pour occuper le plus de place possible dans ma tête.

Je regardais L*, à ma droite, à deux mètres de moi, et je trouvais très séduisants son corps mince, ses cheveux en désordre son look seventies et son air mi-je-m’en-foutiste, mi-rêveur. À ma gauche, près de moi, l’adorable Camille G*. Par sa manière faussement naïve et ses excessives marques d’affection, elle est très forte pour faire passer de gentils et subtils messages de soutien, ou d’estime. Je les interprète comme tels, en tout cas. Un moment où je restais tourné vers L*, j’ai cru comprendre qu’elle me disait : « Tu me fais de la peine », mais je n’en suis pas certain. Je n’ai pas répondu.

À midi, au BDE, j’ai dessiné dans mon carnet. Dont une fois L*.

En expression plastique, Mme Marot s’est longuement penchée sur mon travail et m’a donné des pistes pour travailler pendant les vacances. Pendant ce temps-là, une modèle (jeune et jolie, pour changer), posait.

Puis, réunion sur notre orientation.

Puis, jusqu’à 18h30, je suis avec Flore chez Camille G*. Nous « prenons le thé » en mangeant des biscottes bio. J’explique le cours de physique à Camille pendant que sa rate Patti se balade partout. Je n’ai pas dit à maman que j’étais chez Camille. Ce matin, je l’ai prévenue que je sortirais tard du cours de Mme Marot.

Le soir, je mets en couleurs quelques croquis. Je pense au « carnet de voyage » que je pourrais faire pendant les vacances, à propos des trois jours que je vais passer chez Coline dans la forêt, avec Étienne, Morgane et Flore.

Demain soir j’irai sur Rezo-G et je me forcerai à parler. Hier, je me suis connecté. Deux mecs m’ont abordé (l’un par un « hey », l’autre par un « salut ») et je les ai envoyés paître. C’est tout moi : je me connecte à un chat alors que je n’ai envie de parler à personne. Ce n’est pas comme ça que je comblerai le triple vide qui existe dans mon lit, dans mon cœur et dans ma tête.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no7 (intitulé Vincent, Alexandre, Édouard et les autres, 29 novembre 2005 – 18 mars 2006), j’ai dix-sept et dix-huit ans.

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