Dimanche 20 février 2005

Vendredi soir, je me suis dit : C’est les vacances, je vais avoir le temps de me lancer dans un nouveau projet de BD. Un nouvel épisode d’Anatole Lebrun, par exemple. Alors j’ai cherché une idée, je l’ai trouvée, j’ai dormi, et je l’ai fignolée le matin avant de me lever.

Dans la forme, ce sera un peu différent des deux précédents : ce ne sera pas « une journée dans la vie d’Anatole Lebrun », mais quatre journées. Et j’hésite à garder mes pages en gaufrier de quatre fois trois cases… Ça, c’est bien quand on improvise, comme les deux précédents : quand les cases sont tracées d’avance, toutes égales, ça m’aide à savoir où je vais, ça donne un rythme. Mais là, ce ne sera pas nécessaire. Ça risquerait même de me contraindre. Parce que je n’improviserai pas : tout mon scénario est bouclé. Je l’ai même tapé à l’ordinateur hier, et ça fait six pages…

J’aimerais que la BD fasse seize planches, comme les précédentes. C’est le but de mon découpage, que je vais faire aujourd’hui. Comme le récit s’étale sur quatre jours, j’aimerais que chaque journée commence sur une nouvelle page. Cette fois, je dessinerai en grand, plutôt que directement au format A4 final. Ce sera mieux.

Ça devrait s’appeler Le mystérieux poisson rouge, ça parle de rêve et de psychanalyse. Ça paraît ambitieux. C’est mon problème. Je veux faire quelque chose de très léger. Si j’utilise un psy dans mon histoire, c’est juste pour rigoler. Il faudra que je rende ça marrant par le dessin…

Dans mon scénario, je me suis arrangé pour que les éléments qui transparaissent de la vie d’Anatole ne me bloquent pas, plus tard, si je veux en faire un personnage autobiographique. Je trouve qu’il a un peu mon caractère, non ? Par exemple, au départ, je le faisais téléphoner à ses parents ; j’ai corrigé et, maintenant, il appelle sa mère uniquement. Vous voyez ? Et puis, il est un peu pédé sur les bords, mon Anatole. En tout cas, on peut penser qu’il l’est (bien sûr, pour l’instant je ne le montre pas, il n’y a que moi qui le sais). Il est célibataire et il n’a pas l’air de s’intéresser aux filles.

Vendredi soir, j’ai lu quelque chose de vraiment super : je me suis avalé d’un coup les deux cents pages de Un Américain en balade. C’est magnifique. Ce Craig Thompson, je l’adore. Les dessins sont à tomber par terre : quand je pense que c’est dessiné sur le vif… Des paysages, des portraits dans la rue… Et le texte est très beau aussi, il parle de lui avec sensibilité, j’étais tout retourné quand j’ai fini de le lire.

Il y a quelques jours, je parlais ici de la main d’Uderzo. Je disais : « Le pauvre, il s’est flingué la main à trop dessiner, il n’est presque plus capable. » J’ai découvert pire dans Un Américain en balade : Craig Thompson aussi a la main en compote, mais il n’a que trente ans ! À force de dessiner tout le temps, vraiment tout le temps, il s’est bousillé la main : il a de l’arthrite et il souffre comme c’est pas permis. Heureusement que je ne dessine pas autant…

Hier, j’ai acheté Il faut tuer José Bové, une BD de Jul, dessinateur dans Charlie. Et puis, j’ai trouvé Le voyage à motocyclette. Sur la jaquette, c’est l’affiche de Carnets de voyage, ce film magnifique. Même l’affiche est superbe. J’en ai une petite reproduction scotchée sur mon mur – en plus, c’est le beau Gael García Bernal. J’hésite : est-ce que je lis d’abord ce livre, ou celui que m’a offert S* ? Chronologiquement, Otra Vez vient après, mais je l’ai reçu avant.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no3 (Finalement, c’est comme tout, on s’y habitue, 19 janvier – 15 mars 2005), j’ai dix-sept ans.

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1 commentaire

  1. Mettre un peu, beaucoup de soi dans les personnages qu’on crée… quelques années après, c’est quelque chose qui ne t’a pas quitté… 😉

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