Samedi 30 juillet 2005

Ce matin, je fais du tri dans mes cours de terminale. Sur un coin d’une copie d’éco, je trouve ces croquis : des portraits de M. A* qui, ma foi, ne sont pas mauvais. Je les colle ici.

À Saint-Germain, j’ai : acheté une enveloppe A3 ; fait photocopier ma planche ; acheté un carnet pour la suite de ce journal.

J’ai fermé mon compte Jeune à la Caisse d’épargne et versé cinq cents euros sur celui de la Poste, de l’autre côté de la même rue. Je n’avais jamais eu autant de billets entre les mains.

J’aime bien comment je suis habillé aujourd’hui. Cette chemise noire a toute une histoire : c’est la première pièce de ma collection de vêtements b*. Je m’explique. L’achat de cette chemise remonte à juin 2004. À cette époque, B* exerçait déjà sur moi une forme de fascination, encore légère et en grande partie inconsciente. Il portait très souvent une chemise noire à manches courtes, qui lui allait terriblement bien. C’est pour cette raison que je m’en étais procuré une semblable. La première fois que je l’ai portée, S* m’a dit : « Tu me fais penser à B*. » J’étais ravi. Un plaisir dont l’origine était encore insoupçonnée.

Autres vêtements b* :

  • Le pull à col zippé. Depuis longtemps, maman aurait aimé que j’en porte, mais j’avais horreur de ça. Et puis, un jour, ça m’a plu. Parce que je l’ai vu, lui, en porter un ; et ça lui allait bien.
  • Ces chaussures. Avant, j’aurais refusé d’en porter : je trouvais que ça ressemblait trop à des baskets. Or, B* en porte des comme ça (noires). Ça lui va bien.
  • Ce polo avec un col sans boutons. Il en a un marron que j’aime bien. Et le 23 juin, il en portait un blanc : il était très beau avec. Je m’en suis acheté un récemment (rayé).

Dans ma BD, tous ces vêtements apparaissent. Le pull, on le voit d’abord sur lui, puis sur moi dans le chapitre suivant.

Mais, bien sûr, ses fringues à lui sont plus belles que les miennes. Deux raisons : lui, il porte un t-shirt et un manteau Hugo Boss et des caleçons Calvin Klein, alors que moi c’est Celio (question de moyens…) ; et même si nous portions les mêmes fringues exactement, elles seront toujours plus belles sur un beau corps (lui, tout lui va : question d’élégance naturelle).

J’ai deux exemplaires montés de B*. Un pour moi, un pour lui. Je viens de relier l’un des deux. Cousu (trop épais pour être agrafé). Couverture bleue avec, sur la tranche, une bande foncée de je-ne-sais-pas-quelle-matière, j’aime beaucoup. Je ferai les deux exemplaires à l’identique. Jumeaux. Je lui donnerai le plus réussi. C’est compliqué à faire, mais il le mérite. C’est fait avec amour, comme on dit.

Ce soir viennent M* et R*. Je raconterai.


Cette rubrique « Carnets » reprend le journal que j’ai commencé à tenir en 2003. Dans ce carnet no5 (intitulé B*, 8 juin – 1er août 2005), j’ai dix-sept ans.

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